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L’OMS classe l’épidémie d’Ebola en urgence sanitaire internationale et alerte sur une situation évolutive

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Par Nadya Jennene

    L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a officiellement classé, dans sa mise à jour du 17 mai 2026, l’épidémie de maladie à virus Ebola liée à la souche Bundibugyo comme une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda. Cette décision marque un niveau d’alerte élevé face à une situation jugée préoccupante, bien que l’organisation ait précisé que les critères d’une urgence pandémique, tels que définis par le Règlement sanitaire international (2005), ne sont pas remplis.

    Dès cette première évaluation, l’OMS a souligné de fortes incertitudes quant à l’ampleur réelle de la circulation virale. Le taux de positivité particulièrement élevé observé sur les premiers échantillons — huit tests positifs sur treize — combiné à l’augmentation continue des cas suspects et à la dispersion géographique des signalements, suggère une sous-estimation probable de l’épidémie. Les experts de l’organisation évoquent ainsi un risque non négligeable d’expansion régionale.

    Cette inquiétude est renforcée par la dynamique observée sur le terrain, où plusieurs clusters de cas suspects et de décès communautaires ont été identifiés dans différentes zones sanitaires. L’OMS a rappelé à ce titre que des schémas similaires avaient déjà été constatés lors de la grande épidémie d’Ebola de 2018-2019 dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, marquées par une forte mobilité des populations et des difficultés d’accès humanitaire.

    Toutefois, la situation actuelle présente une particularité majeure par rapport aux précédentes flambées dues aux souches du virus Ebola-Zaïre : l’absence de vaccins et de traitements spécifiques approuvés contre le virus Bundibugyo. Cette limite thérapeutique constitue un facteur aggravant dans la capacité de riposte rapide des systèmes de santé concernés.

    Sur le plan international, l’OMS a confirmé que la transmission transfrontalière était déjà avérée. Deux cas ont été détectés en Ouganda chez des personnes ayant récemment voyagé depuis la RDC. Pris en charge en soins intensifs à Kampala, ces patients illustrent le risque immédiat de diffusion au-delà des frontières nationales. Les États voisins sont dès lors considérés comme particulièrement vulnérables, en raison de l’intensité des flux migratoires, commerciaux et sanitaires dans la région.

    L’organisation a insisté par ailleurs sur le caractère évolutif de la situation et a indiqué que ses recommandations pourraient être ajustées à tout moment, en fonction des travaux du comité d’urgence et de l’évolution des données scientifiques et épidémiologiques.

    Lors d’une conférence de presse tenue à Genève le mercredi 20 mai 2026, le directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a apporté de nouvelles précisions sur l’ampleur de la flambée. 

    Il a indiqué que l’organisation avait recensé 600 cas suspects de maladie à virus Ebola et 139 décès suspects. Ces chiffres, a-t-il averti, devraient augmenter, les délais de détection et de confirmation laissant présager une progression encore sous-évaluée de l’épidémie.

    Dans le même temps, 51 cas ont été confirmés en République démocratique du Congo, épicentre initial de la flambée, auxquels s’ajoutent deux cas confirmés en Ouganda voisin. Le Dr Tedros a également estimé que la circulation du virus Bundibugyo aurait probablement débuté « il y a plusieurs mois », laissant entendre une transmission silencieuse prolongée avant la détection officielle des premiers foyers.

    N.J

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