L’ancien bâtonnier et ex-président de l’Instance nationale de lutte contre la corruption (Inlucc), Chawki Tabib, comparaît de nouveau jeudi 21 mai 2026 devant le juge dans le cadre de l’affaire liée au dossier Vivan.
À l’occasion de cette troisième audience, une délégation d’avocats issus de plusieurs barreaux étrangers a assisté à l’audience en signe de solidarité avec leur confrère. Depuis son arrestation, la profession, tant au niveau national qu’international, s’est mobilisée et a multiplié les prises de position pour dénoncer les poursuites engagées à son encontre et réclamer qu’un procès équitable lui soit garanti.
Une affaire liée au dossier Vivan
Cette audience s’inscrit dans le cadre d’une affaire remontant à 2020, liée à une plainte déposée par la société Vivan, dans laquelle l’ancien chef du gouvernement Elyes Fakhfakh détenait une participation. Cette plainte faisait suite aux investigations menées par l’Inlucc sur des soupçons de conflit d’intérêts impliquant.
Selon les éléments du dossier, la plainte accuse Chawki Tabib d’avoir fabriqué un document présenté comme non authentique dans le cadre de cette affaire. L’ancien président de l’Inlucc est poursuivi notamment pour faux et usage de faux, divulgation de secrets d’instruction et contrefaçon de documents.
Sa défense dénonce des poursuites qu’elle qualifie de « malveillantes », évoquant plusieurs irrégularités procédurales. Les avocats de l’ancien bâtonnier invoquent également les dispositions de l’article 26 du décret-loi n°120 de 2011 relatif à la protection des responsables de l’instance dans l’exercice de leurs fonctions.
La gestion de l’Inlucc au cœur d’autres poursuites
Bien qu’il soit poursuivi dans ce dossier en liberté, Chawki Tabib demeure actuellement en détention dans le cadre d’une autre affaire. Le 14 avril dernier, le juge d’instruction près du pôle judiciaire économique et financier avait émis un mandat de dépôt à son encontre. Dans la foulée, la justice avait également ordonné le gel de ses biens et de ses avoirs financiers.
Une information judiciaire avait été ouverte pour plusieurs chefs d’accusation, parmi lesquels abus de fonction, gestion illégale de fonds publics, détournement et blanchiment d’argent.
Au centre du dossier figure la gestion de l’Instance nationale de lutte contre la corruption durant les années où Chawki Tabib en assurait la présidence. Des missions de contrôle menées par la Cour des comptes auraient relevé plusieurs irrégularités présumées.
Les investigations portent notamment sur l’octroi d’avantages en nature sans fondement légal, le paiement de primes et d’heures supplémentaires en dehors du cadre réglementaire, des rémunérations dépassant certains plafonds contractuels, ainsi que des missions à l’étranger accordées à des personnes extérieures à l’instance.
Les enquêteurs s’intéressent également à des actes qui auraient été accomplis après la fin de son mandat, ainsi qu’au règlement de pénalités et de charges fiscales susceptibles d’avoir causé un préjudice financier à l’institution.
R.B.H










