Alors que l’épidémie d’Ebola signalée en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda suscite une vigilance accrue à l’échelle internationale, la Tunisie a activé ses protocoles de prévention et de surveillance, tout en écartant, à ce stade, un risque immédiat pour le territoire national.
Intervenant vendredi 22 mai 2026 sur la Radio nationale, le directeur général du Centre national de pharmacovigilance, Riadh Daghfous, a assuré que la situation demeurait sous contrôle, tout en appelant à maintenir un haut niveau de vigilance sanitaire.
Il a rappelé que le virus Ebola est une maladie ancienne, identifiée pour la première fois en 1976 en ex-Zaïre, et historiquement concentrée dans certaines régions d’Afrique centrale et de l’Ouest.
Une transmission difficile, loin d’un scénario Covid
Riadh Daghfous a insisté sur le fait qu’Ebola ne se transmet pas par voie respiratoire, contrairement au Covid-19. La contamination survient principalement après un contact direct avec les fluides biologiques d’une personne infectée — sang, sueur, urine, salive, vomissements ou sperme — ou à travers certains animaux porteurs du virus, notamment des chauves-souris frugivores considérées comme réservoirs naturels.
Le responsable a tenu à rassurer sur ce point : la maladie ne se propage pas facilement et nécessite généralement un contact étroit ou prolongé. Il a aussi souligné que le virus ne survit pas longtemps en dehors du corps humain.
Dans son intervention, il a également précisé que les personnes asymptomatiques transmettaient rarement la maladie et que l’apparition relativement rapide des symptômes facilitait l’identification et l’isolement des cas suspects.
La Tunisie renforce ses contrôles
Si aucun cas d’Ebola n’a jamais été enregistré en Tunisie, les autorités sanitaires ont néanmoins activé des procédures de veille renforcée.
Riadh Daghfous a indiqué que des dispositifs spécifiques étaient en place dans les aéroports et aux points de contrôle, notamment pour la surveillance des voyageurs en provenance des zones touchées. Toute personne présentant des symptômes suspects, comme la fièvre ou des signes cliniques compatibles avec la maladie, fait l’objet d’un suivi immédiat et des analyses nécessaires.
Il a aussi annoncé une réunion au ministère de la Santé afin de réévaluer les protocoles existants et renforcer, si nécessaire, les dispositifs de réponse sanitaire. Il a rappelé que l’expérience du Covid-19 avait considérablement amélioré la réactivité des systèmes de veille et de gestion de crise.
Le responsable a aussi souligné que les autorités sanitaires internationales travaillaient en coordination étroite avec les pays concernés afin de limiter tout risque de propagation transfrontalière, relevant que les personnes symptomatiques ne sont généralement pas autorisées à quitter les zones affectées.
Une alerte mondiale, mais pas de pandémie
Le 17 mai 2026, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé l’épidémie d’Ebola liée à la souche Bundibugyo en RDC et en Ouganda comme une urgence de santé publique de portée internationale.
L’OMS a toutefois précisé que les critères d’une pandémie mondiale n’étaient pas réunis. L’organisation a néanmoins exprimé des inquiétudes face à une possible sous-estimation de la situation, en raison d’un taux élevé de tests positifs, de la hausse des cas suspects et de la dispersion géographique des foyers.
Selon les derniers bilans communiqués, près de 600 cas suspects et 139 décès suspects ont été recensés, tandis que 51 cas ont été confirmés en RDC et deux en Ouganda.
L’absence de vaccins ou de traitements spécifiques contre la souche Bundibugyo, contrairement à d’autres variantes du virus Ebola, alimente également les inquiétudes des autorités sanitaires, alors que les mouvements transfrontaliers dans la région des Grands Lacs pourraient favoriser une propagation régionale.
Malgré cette alerte, Riadh Daghfous a insisté sur un point : la Tunisie n’est pas directement concernée à ce stade. Il a appelé à éviter toute panique, tout en rappelant que la vigilance sanitaire devait rester permanente face à des crises épidémiques désormais suivies en temps réel à l’échelle mondiale.
M.B.Z











