La vice-présidente de Organisation tunisienne de défense du consommateur (ODC), Thouraya Tabassi, a vivement dénoncé, lors de son intervention sur Diwan FM lundi 25 mai 2026, l’envolée des prix des viandes, légumes et produits de grande consommation à l’approche de l’Aïd el Kebir, évoquant une situation « douloureuse » pour de nombreuses familles tunisiennes.
Elle a affirmé que les consommateurs étaient confrontés à des augmentations « injustifiées » et « spéculatives », particulièrement sur la viande d’agneau. Selon elle, le prix du kilogramme, qui oscillait autour de 64 dinars quelques jours auparavant, a atteint jusqu’à 82 dinars dans certains points de vente, avec la crainte d’une nouvelle hausse à la veille de l’Aïd.
La responsable associative a également évoqué l’augmentation spectaculaire des prix des légumes. Elle a cité l’exemple de la tomate, vendue autour de 2,8 dinars le kilogramme quelques jours plus tôt et affichée ensuite à plus de 5 dinars dans certaines régions.
Elle a aussi dénoncé l’explosion du prix des abats, notamment la « daouara », autrefois accessible aux ménages modestes, mais désormais proposée à des tarifs pouvant atteindre 150 dinars.
Selon elle, de nombreux consommateurs parcourent désormais les marchés et points de vente sans parvenir à acheter les produits nécessaires pour célébrer l’Aïd dans des conditions normales. Elle a décrit des familles « choquées » par les prix et incapables de faire face au coût des dépenses alimentaires.
Elle a regretté que les fêtes religieuses soient progressivement devenues, selon ses termes, des « occasions d’extorsion et de spéculation », notant que certains intermédiaires et vendeurs profitent de la pression sociale liée à l’Aïd pour imposer des prix excessifs à des consommateurs déjà fragilisés par la crise économique.
Elle a particulièrement insisté sur la situation des familles qui ne peuvent plus acheter de mouton pour l’Aïd et tentent au moins d’offrir quelques kilogrammes de viande à leurs enfants afin de préserver l’esprit de la fête.
La vice-présidente de l’organisation a également pointé du doigt les circuits parallèles et certains revendeurs informels opérant autour des points de vente « du producteur au consommateur ». Selon elle, des intermédiaires achètent des moutons ou des produits subventionnés dans ces espaces destinés aux citoyens avant de les revendre à des prix beaucoup plus élevés en dehors des circuits officiels. Elle a affirmé que ces pratiques contribuaient fortement à la flambée des prix et à la désorganisation du marché.
Face à cette situation, l’organisation a appelé les autorités de tutelle, notamment le ministère du Commerce à intensifier les opérations de contrôle économique et sanitaire, estimant que les interventions actuelles demeurent insuffisantes au regard de l’ampleur des dépassements constatés sur le terrain.
Elle a même plaidé pour des sanctions plus sévères et une publication des noms des contrevenants afin de dissuader les pratiques spéculatives.
Elle a par ailleurs exhorté les familles tunisiennes à éviter le recours aux crédits ou à l’endettement pour financer les dépenses de l’Aïd et a invité les consommateurs à adapter leurs dépenses à leur pouvoir d’achat réel et à privilégier, autant que possible, l’esprit de solidarité et de rassemblement familial plutôt que la surconsommation.
N.J










