Face à l’aggravation de l’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo, les autorités ougandaises ont décidé, mercredi 27 mai 2026, de fermer immédiatement leur frontière avec le pays voisin. Cette mesure exceptionnelle intervient alors que les cas suspects liés à la souche Bundibugyo — une variante rare du virus contre laquelle aucun vaccin ni traitement validé n’est disponible — se multiplient dans la région.
Selon les chiffres communiqués par Kinshasa, près de 1 000 cas suspects ont déjà été recensés, tandis qu’au moins 220 décès potentiellement liés à la maladie sont signalés. Le ministère congolais de la Santé a confirmé plus d’une centaine de contaminations et poursuit actuellement le suivi de milliers de personnes ayant été en contact avec des malades.
Kampala a expliqué sa décision de fermeture des frontières par l’augmentation du nombre de soignants ougandais ayant été exposés au virus après l’arrivée de patients en provenance de RDC avant l’annonce officielle de l’épidémie, survenue le 15 mai.
Les autorités sanitaires ougandaises ont précisé que seuls certains déplacements jugés indispensables resteraient autorisés, notamment pour les opérations humanitaires, le transport de marchandises ou des raisons sécuritaires. Toute personne entrant depuis la RDC dans ce cadre devra néanmoins se soumettre à une période d’isolement obligatoire de 21 jours.
Cette décision s’écarte toutefois des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, qui estime que la fermeture des frontières peut favoriser les traversées illégales et compliquer davantage le contrôle sanitaire. L’OMS considère néanmoins les pays voisins de la RDC comme particulièrement exposés au risque de propagation.
La frontière entre les deux pays, très étendue et difficilement contrôlable, est empruntée chaque jour par des milliers de personnes pour des activités commerciales ou familiales, souvent via des pistes informelles échappant à toute surveillance.
Sur le terrain, les autorités congolaises rencontrent d’importantes difficultés pour maîtriser la flambée épidémique, selon l’agence AP. Le retard dans l’identification de cette souche rare d’Ebola, les violences armées persistantes dans l’est du pays, les déplacements de populations ainsi que la faiblesse des infrastructures médicales compliquent fortement les efforts de riposte.
Dans plusieurs localités touchées, les équipes sanitaires disent manquer de moyens et font face à une forte défiance d’une partie de la population, traumatisée par des années de conflit. Des centres médicaux ont récemment été pris pour cible, tandis que des volontaires chargés de sensibiliser les habitants auraient subi des agressions et des actes d’intimidation.
N.J










