Le député Dhafer Sghiri a publié, jeudi 28 mai 2026, un long texte dans lequel il livre une lecture critique de l’évolution du pouvoir et des réseaux d’influence en Tunisie, estimant que la crise du pays dépasse largement les changements de régimes, de partis ou de figures politiques.
Dans son message, le parlementaire considère que la Tunisie reste confrontée à un système profondément enraciné, qu’il assimile à ce que certains qualifient de « makhzen », un système ayant réussi, selon lui, à préserver ses mécanismes d’influence malgré les bouleversements politiques successifs.
Dhafer Sghiri retrace les origines de cette structure de pouvoir depuis l’époque des beys, estimant qu’elle s’est consolidée après l’indépendance, renforcée après le 7 novembre, puis rapidement adaptée aux transformations ayant suivi la révolution du 14 janvier.
Selon lui, cette « structure profonde » ne gouverne pas forcément de manière visible, mais demeure présente dans les centres de décision, les réseaux d’intérêts et les privilèges transmis parfois de génération en génération. Il affirme qu’elle possède une forte capacité d’adaptation, lui permettant de changer de discours, d’alliances ou de positionnement tout en conservant son influence.
Le député estime également que le processus engagé après le 25-Juillet n’a pas constitué une rupture réelle avec cette logique. Il considère que l’État reste encore éloigné des principes d’efficacité, de justice et d’égalité des chances.
Dans son texte, Dhafer Sghiri évoque un sentiment persistant chez les citoyens, affirmant que « les intitulés ont changé », mais que les mécanismes profonds de pouvoir continuent, selon lui, à se maintenir et à se reconfigurer.
Le parlementaire appelle enfin à une « véritable bataille » contre ce qu’il décrit comme un système de reproduction de l’influence et des privilèges, « quelle que soit sa forme, sa couleur ou son discours ».

M.B.Z











8 commentaires
Sael
Histoire des familles Mabrouk et Ben Romdhane : une dynastie tunisienne entre pouvoir économique, alliances politiques et héritage colonial:
Sur près de deux siècles, ces deux lignées du Sahel tunisien ont traversé les régimes en tissant des alliances stratégiques qui les ont hissées au sommet de l’économie, de la politique et de la société tunisienne. Leur trajectoire offre une clé de lecture unique pour comprendre la formation, la persistance et la transformation des élites tunisiennes de l’époque précoloniale à nos jours.
I. Aux origines : Amor Mabrouk et les Ben Romdhane, deux familles du Sahel au XIXe siècle
A. Amor Mabrouk (1795-?), khalifa de Monastir
La figure fondatrice la plus ancienne documentée de la famille Mabrouk est Amor Mabrouk, né en 1795 dans la région de Monastir. Il exerça la fonction de khalifa (gouverneur) de Monastir, ce qui l’inscrivait dans la classe administrative et foncière du Sahel tunisien, région traditionnelle de recrutement des élites du pays. Sa position lui permit d’accumuler un patrimoine foncier considérable, notamment des oliveraies qui constitueront le socle de la fortune familiale pour les générations suivantes. La carrière d’Amor Mabrouk fut toutefois marquée par la tourmente politique qui secoua la Tunisie au milieu du XIXe siècle. En 1864, la grande révolte de la Mejba — soulèvement fiscal contre le doublement de l’impôt de capitation décrété par le bey Sadok — ébranla le régime husseinite. Amor Mabrouk, en sa qualité de représentant de l’autorité beylicale, fut destitué de ses fonctions en 1865, illustration de la fragilité des élites administratives face aux soubresauts populaires et à la crise financière croissante de la Régence de Tunis.
B. La famille Ben Romdhane : marchands et notables de Mahdia
Les origines précises de la famille Ben Romdhane font l’objet de traditions divergentes : une hypothèse évoque une ascendance turque, plus précisément une origine « laziste » (de la région caucasienne du Lazistan, sur la mer Noire), ce qui n’aurait rien d’exceptionnel dans la Tunisie husseinite. Le premier Ben Romdhane clairement documenté est Mohamed Ben Romdhane (1835-1899). Commerçant et propriétaire terrien, il posa les bases de la prospérité familiale en investissant dans la culture de l’olivier et le négoce de l’huile d’olive, alors en plein essor grâce à la demande européenne croissante, faisant d’eux l’une des familles les plus puissantes de la région de Mahdia.
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Pour le chapitre 2/5, laissez « DTC » en commentaire.
Sael
II. Sous le protectorat français (1881-1956) : l’apogée des Ben Romdhane et l’ascension des Mabrouk
A. Le pacte colonial et les monopoles Ben Romdhane
L’établissement du protectorat français en 1881 ouvrit une période de transformation radicale de l’économie tunisienne. La France, puissance coloniale, mit en place un système de gouvernement indirect : le bey demeurait officiellement souverain, mais le résident général français exerçait le pouvoir réel, notamment en matière de politique étrangère, de défense et d’économie. Pour administrer le pays et exploiter ses ressources, l’administration coloniale s’appuya sur certaines familles de l’élite tunisienne, leur accordant des privilèges économiques en échange de leur loyauté ou de leur neutralité. C’est dans ce contexte que la famille Ben Romdhane atteignit son apogée. Selon des sources concordantes, elle était alors considérée comme « la famille la plus riche de Tunisie ». Leur fortune reposait sur trois piliers. Les Ben Romdhane possédaient de vastes domaines agricoles dans le Sahel, principalement des oliveraies, source traditionnelle de richesse des élites tunisiennes. Romdhane Ben Romdhane (?-1913), le fils de Mohamed Ben Romdhane, développa une activité d’exportation d’huile d’olive de grande envergure, acheminant sa production par caravanes chamelières depuis la Libye. Il fonda une huilerie industrielle pour le traitement du grignon (résidu d’olive), et obtint trois médailles d’or pour la qualité de ses produits — reconnaissance internationale qui témoigne de son intégration dans les circuits commerciaux mondialisés de l’époque. La famille détenait des concessions pour la distribution d’électricité, secteur stratégique en pleine expansion avec l’électrification des villes tunisiennes au début du XXe siècle. Elle contrôlait aussi des services de transport (probablement des services de transport de marchandises), autre secteur clé de l’économie coloniale. Romdhane Ben Romdhane ne fut pas seulement un magnat de l’économie ; il exerça également des responsabilités politiques qui le plaçaient au sommet de la notabilité tunisienne. Il fut « président du grand conseil des notables de Tunisie », institution consultative qui, sous le protectorat, permettait à la France de s’assurer du soutien ou de la neutralité des élites tunisiennes traditionnelles. Sa mort en 1913, dans des circonstances dramatiques — un patricide à Paris —, mit fin à une carrière exceptionnelle mais n’entama pas la puissance de la famille, qui se perpétua à travers sa fille et ses alliances matrimoniales.
B. L’alliance stratégique : le mariage de Mohamed Ben Mabrouk et Sitel El Kol (Setelkol) Ben Romdhane
La date charnière dans l’histoire des deux familles est 1918. Cette année-là, Mohamed Ben Mabrouk, né en 1883, petit-fils d’Amor Mabrouk par son père Hadj Ali (1835-?), épousa sa deuxième femme Sitel El Kol Ben Romdhane, née en 1900 à Mahdia, fille de Romdhane Ben Romdhane et petite-fille de Mohamed Ben Romdhane. Elle avait alors 18 ans. Ce mariage ne fut pas une simple union conjugale, il s’agissait d’une alliance stratégique délibérée. Comme le rapporte une source familiale, « les Mabrouk ont fait épouser l’un des leurs à Sitel El Kol Ben-Romdhane qui fut une légende du côté du Sahel ». Autrement dit, les Mabrouk, famille de notables provinciaux solidement établie mais de moindre envergure économique, cherchèrent activement à s’allier à la première fortune du pays. Cette union leur ouvrait l’accès à des réseaux d’affaires, à des capitaux et à une surface sociale considérablement élargie. Pour les Ben Romdhane, cette alliance avec une famille enracinée dans la notabilité administrative du Sahel renforçait leur ancrage local et leur légitimité face à une administration coloniale dont ils étaient à la fois les partenaires et les obligés.
III. Une famille, deux branches : la descendance de Mohamed Ben Mabrouk
Mohamed Ben Mabrouk eut une descendance issue de ses deux unions distinctes, ce qui donna naissance à deux branches familiales aux destins complémentaires mais différenciés.
A. La première union : la branche politique et diplomatique (Hédi et Mongi)
D’une première union avec une femme issue de la famille Ben Osman — union sur laquelle les sources restent extrêmement discrètes — Mohamed Ben Mabrouk eut deux fils : Hédi Mabrouk (1921-2000) et Mongi Mabrouk (?-2005). Né la même année que son demi-frère Ridha (issu de Sitel El Kol), Hédi illustre une configuration familiale polygame possible sous le régime juridique tunisien d’avant 1956.
Hédi Mabrouk (7 avril 1921, Monastir — 15 juin 2000, Sidi Bou Saïd) : le diplomate de l’ombre
Hédi Mabrouk incarna la branche du service de l’État. Sa carrière fut intimement liée à celle d’Habib Bourguiba, le père de l’indépendance tunisienne, dont il était originaire de la même ville, Monastir — ce qui n’est probablement pas un hasard dans la Tunisie bourguibienne où les solidarités régionales jouaient un rôle déterminant dans le recrutement des élites. Avant de se tourner vers la diplomatie, il occupa des postes de haute responsabilité dans l’administration territoriale, étant successivement gouverneur de Scheitla, de Gafsa et du Kef. Cette experience de l’administration provinciale lui donna une connaissance intime du pays et de ses equilibres regionaux. Sa carrière diplomatique fut exceptionnelle par sa longévité et son influence. Il fut nommé ambassadeur de Tunisie en France en novembre 1973 et occupa ce poste stratégique pendant plus de treize ans, jusqu’en septembre 1986 — un record de longévité à ce poste. L’ambassade de Tunisie à Paris était alors le poste diplomatique le plus important pour Tunis, compte tenu des liens historiques, économiques et culturels entre les deux pays. Le 15 septembre 1986, Bourguiba le nomma ministre des Affaires étrangères, en remplacement de Béji Caïd Essebsi. Il fut le dernier à occuper cette fonction sous la présidence du « Combattant suprême », jusqu’au coup d’État du 7 novembre 1987 qui porta Zine el-Abidine Ben Ali au pouvoir. Il se retira alors de la vie publique et mourut le 15 juin 2000 à Sidi Bou Saïd, à l’âge de 79 ans. Il est l’auteur de mémoires posthumes intitulés « Awraq al-Kharif » (Les feuilles d’automne), témoignage précieux sur la politique étrangère tunisienne de l’ère bourguibienne.
Mongi Mabrouk (?-2005) : le ministre du Commerce
Mongi Mabrouk servit également l’État bourguibien mais sur le front de l’économie. Il fut nommé ministre du Commerce, poste éminemment stratégique dans la Tunisie des années 1960-1970, marquée par une politique économique dirigiste inspirée du socialisme destourien puis par une ouverture libérale progressive. À ce titre, il supervisa les échanges commerciaux du pays, la politique d’importation et le développement du secteur privé tunisien naissant. Mongi Mabrouk épousa Azza Agha, issue d’une famille de la bourgeoisie tunisoise. De cette union naquirent quatre enfants :
Ghazi Mabrouk (1947 — 12 mai 2024, Tunis), docteur en sciences politiques de l’Université de Paris, pionnier de la « diplomatie promotionnelle » tunisienne. Il fut l’un des lobbyistes les plus influents de Tunisie, spécialisé dans les affaires publiques depuis 1996, et le premier président de la Convention de Versailles Euro-Maghreb. Il fut inhumé au cimetière de Monastir, dans le caveau familial.
Skander Mabrouk (né en septembre 1950), chef d’entreprise. Il épousa Soraya Boujmil, décédée le 14 octobre 2022. Leur fille, Sonia Mabrouk, naquit le 17 décembre 1976 (ou 1977) à Tunis. Journaliste franco-tunisienne, elle mena une carrière médiatique de premier plan en France, devenant une figure emblématique de la chaîne d’information CNews et de la radio Europe 1. Elle quitta les médias du très pro-sioniste Vincent Bolloré suite au maintien du présentateur Jean-Marc Morandini alors condamné pour corruption de mineurs et harcèlement sexuel.
Ramzi Mabrouk (?-), père de deux enfants, Cyril et Inès Mabrouk, est plutôt discret. Sa première femme et mère de Cyril et Inès est Belge. Ramzi s’est remarié par la suite. Cyril, fasciné par la forme des vinyles, a fait une carrière de DJ.
Reya Mabrouk (?-?), la seule fille de la fratrie, est d’autant plus discrète.
B. La seconde union : la branche industrielle et financière (Ali, Boubaker, Ridha)
De son mariage avec Sitel El Kol Ben Romdhane, Mohamed Ben Mabrouk eut trois fils.
Ali Mabrouk (?-1999) : le fondateur de l’empire
Ali Mabrouk fut le véritable architecte de la puissance économique contemporaine de la famille. Avocat de formation, il eut pour camarade et ami intime Habib Bourguiba Jr., le fils unique du président — relation qui illustre la continuité des réseaux familiaux entre l’ère coloniale et la Tunisie indépendante. Dans les années 1950, Ali Mabrouk racheta une conserverie de sardines à Mahdia et fonda ainsi le Groupe Mabrouk, qui allait devenir l’un des plus puissants conglomérats privés de Tunisie. Partant de l’agroalimentaire (biscuiterie, chocolaterie), il diversifia progressivement ses activités dans l’immobilier, la grande distribution, l’automobile et la banque. Ali Mabrouk épousa une femme issue d’une « grande famille de grands propriétaires terriens du nord-ouest » (la région du Kef). Le couple eut trois fils, qui reprirent la direction du groupe après la mort de leur père en 1999 :
Mohamed Ali Mabrouk (né en 1965), en charge du pôle Grande Distribution. C’est sous sa direction que le groupe racheta l’enseigne Monoprix en 1999, opération qui allait transformer le paysage de la distribution en Tunisie.
Ismaïl Mabrouk (né en 1966), en charge des pôles Agroalimentaire et Bancaire. Il préside le conseil d’administration de la BIAT (Banque Internationale Arabe de Tunisie), première banque privée tunisienne, dont le groupe Mabrouk est actionnaire de référence. Il renforça les alliances maghrébines de la famille en épousant la fille du propriétaire du Groupe Hamiani, figure majeure du patronat algérien.
Marouane Mabrouk (né en 1972), en charge du pôle Automobile et Télécommunications (Orange Tunisie). Son mariage en 1996 avec Cyrine Ben Ali, la plus jeune fille du président Zine el-Abidine Ben Ali, allait avoir des conséquences considérables sur la destinée de la famille.
Boubaker Mabrouk (?-1986) : le financier
Boubaker Mabrouk mena une brillante carrière dans la finance. Pendant plus de trois décennies, il fut président-directeur général de la Banque de Tunisie, l’un des principaux établissements bancaires du pays. Il incarna la respectabilité financière de la famille et contribua à ancrer son influence dans le secteur bancaire. Homme de culture, il institua en 1984 le prestigieux Prix Aboulkacem Chebbi, destiné à récompenser les œuvres littéraires et poétiques tunisiennes — geste philanthropique qui renforçait le capital symbolique de la famille. Il épousa Alia Béji Mabrouk, romancière et essayiste tunisienne de renom, tante par alliance de Wassila Ben Ammar (l’épouse de Bourguiba). Alia Mabrouk publia plusieurs romans historiques sur la Tunisie, dont « Le soupir des vaincus », qui retrace la banqueroute de la Régence de Tunis au XIXe siècle et l’établissement du protectorat français.
Ridha Mabrouk (13 mai 1921, Tunis — 10 mai 2021) : le savant
Le Dr Ridha Mabrouk fut l’un des ophtalmologues les plus éminents de Tunisie et d’Afrique. Après des études de médecine à Paris, il obtint son doctorat en 1948 et consacra sa vie à la lutte contre la cécité en Afrique subsaharienne. Il forma des générations de médecins tunisiens et africains et reçut de nombreuses distinctions internationales pour son action humanitaire. Il est également l’auteur d’un récit autobiographique « Au service d’autrui : récit d’un centenaire tunisien d’exception », publié en 2019, qui constitue une source précieuse pour la généalogie familiale. C’est lui qui confirma la filiation : « Mon père Mohamed, né en 1883, est fils de Hadj Ali (1835), fils de Amor (1795) ». Sa fille, Selma Mabrouk (née en 1964), est une femme politique tunisienne. Elle fut membre de l’Assemblée nationale constituante (ANC) élue en 2011, représentant la circonscription de Ben Arous pour le compte du parti Al Massar (centre-gauche). Ophtalmologue de formation, elle incarne la continuité de l’engagement familial dans la médecine et, désormais, dans la politique post-révolutionnaire.
IV. L’ère Ben Ali : expansion économique et compromission politique
L’arrivée au pouvoir de Zine el-Abidine Ben Ali le 7 novembre 1987 marqua un tournant pour la branche industrielle de la famille. Le mariage de Marouane Mabrouk avec Cyrine Ben Ali en 1996 fit entrer la famille dans le premier cercle du pouvoir benaliste. Cette alliance eut un effet démultiplicateur sur la puissance économique du Groupe Mabrouk. Sous le règne de Ben Ali (1987-2011), le groupe connut une expansion spectaculaire. Dans la grande distribution, rachat de Monoprix en 1999 et multiplication des points de vente à travers tout le pays, y compris après la révolution de 2011. À l’international, implantation en Algérie (malgré la guerre civile), en Libye (malgré l’instabilité chronique) et au Ghana dans les années 2010. L’implantation algérienne fut facilitée par le mariage d’Ismaïl Mabrouk avec la fille du patron du Groupe Hamiani. Dans la banque, renforcement de la participation dans la BIAT, qui devint la première banque privée tunisienne. Dans les télécommunications avec l’acquisition d’une participation dans Orange Tunisie. Cette expansion fulgurante, si elle témoigne du talent entrepreneurial de la fratrie, fut aussi perçue par une partie de l’opinion tunisienne comme le fruit d’un accès privilégié aux autorisations administratives, aux marchés publics et aux financements bancaires — en un mot, comme l’expression du capitalisme de connivence caractéristique de l’ère Ben Ali.
V. La rupture de 2011
Suite à la chute du président dictateur Zine el-Abidine Ben Ali en janvier 2011, les frères Mabrouk — Mohamed Ali, Ismaïl et Marouane — ont été impliqués dans des procédures judiciaires principalement centrées sur la restitution des biens mal acquis de l’entourage familial de l’ancien régime, avec des développements distincts selon les frères et les pays concernés. Immédiatement après le 14 janvier 2011, les comptes bancaires des trois frères en Suisse ont été mis sous séquestre par le Ministère public de la Confédération helvétique dans le cadre de l’enquête sur la confiscation des biens des proches de Ben Ali, Marouane Mabrouk ayant été particulièrement ciblé car il avait été le gendre de Ben Ali. Dès 2014, le séquestre a été levé sur les fonds de Mohamed Ali et Ismaïl Mabrouk, tandis que Marouane est resté plus longtemps dans le collimateur de la justice suisse jusqu’en décembre 2017. Par décision du 11 décembre 2017, le MPC a classé la procédure ouverte contre les trois frères faute « d’éléments suffisants », et le Tribunal pénal fédéral a confirmé le 17 novembre 2017 que « malgré le temps écoulé et les investigations menées depuis 2011, les soupçons à l’égard des trois frères Mabrouk ne s’étaient pas renforcés mais plutôt amenuisés». Le 29 octobre 2019, la Cour pénale de Bellinzone a définitivement clos le dossier classant la procédure sans suites pour « preuves insuffisantes », rejetant par la même occasion un appel soumis par les autorités tunisiennes visant à prolonger le gel des avoirs. À l’issue de cette décision, Marouane Mabrouk a retrouvé la pleine disposition de ses biens, les interdictions de voyager prononcées à son encontre ont été annulées et son nom a été retiré de la liste noire de l’Union européenne, tandis que ses deux frères Mohamed Ali et Ismaïl n’ont jamais été entendus par la justice tunisienne dans cette affaire.
La situation judiciaire a évolué de manière significative pour Marouane en Tunisie à partir de novembre 2023, où il a été placé sous mandat de dépôt de cinq jours renouvelable dans le cadre d’enquêtes distinctes pour corruption en tant que proche de l’ex-dictateur Ben Ali. Suite à une rencontre au Palais de Carthage en février 2024, la BIAT a accepté de financer des projets d’intérêt national sous la présidence de Kaïs Saïed. Parmi ces projets figurent la restauration de la piscine du parc du Belvédère à Tunis et la rénovation du centre culturel Ibn Khaldoun, « deux initiatives visant à redynamiser le patrimoine foncier et culturel du pays ». En décembre 2024, le Tribunal de première instance de Tunis a condamné Marouane à quatre ans de prison ferme et à une amende de 400,000 dinars pour exploitation d’influence et acquisition d’un bien immobilier à un prix très inférieur à sa valeur réelle. Cette affaire implique également plusieurs anciens ministres dont Youssef Chahed et Mabrouk Korchid, poursuivis pour des soupçons de corruption liés au dégel d’avoirs à l’étranger. En novembre 2025, la justice tunisienne a exigé une caution exceptionnelle pour sa mise en liberté, d’abord fixée à 1 milliard de dinars tunisiens par le ministère public lors de l’audience du 24 novembre 2025 devant la Chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière du Tribunal de première instance de Tunis. Ce montant historique sans précédent dans les annales judiciaires tunisiennes a été ultérieurement réduit à 800 millions de dinars par la Chambre criminelle spécialisée en réponse à la demande de libération conditionnelle déposée par les avocats de l’homme d’affaires. Malgré cette caution réduite, Marouane est resté incarcéré car il n’a pas pu fournir cette somme. En Mars 2026, il a été condamné à 14 ans de prison ferme et 100 millions de dinars pour blanchiment d’argent et détournement de fonds publics. Le 16 avril 2026, la Cour a confirmé le jugement de première instance concernant l’affaire d’exploitation d’influence et d’acquisition d’un bien immobilier très inférieur à sa valeur réelle en maintenant la peine de quatre ans de prison ferme et 400,000 dinars d’amande contre Marouane Mabrouk, amenant le total des années d’emprisonnement ferme à 18 ans de prison et le total de ses amendes à 100 millions 400 milles dinars tunisien.
"Je suis tombé par terre, c'est la faute à Voltaire. Le nez dans le ruisseau, c'est la faute à Rousseau..."
Variantes tunisiennes (miam;) :
Le double QuinKhannat double Klopinettes, c’est la faute au « Dipstète »…
Le cas K. « balbazha », c’est la faute à « dawla amiqa » !
GallelQôm « Dawla amika » tawa !
« Deep state » qu’elle sov(Kipeut)Kause maintenant, la députaillerie de l’Assemblée Représentante du Parjure…
Ben voyons.
Qômparhazar.
« Dipstète » maintenant que ça veut Tchatcher !
« There is not such thing as Deep state in Tunisia. »
Au sens moderne et séculier (discrétionnaire, illégitime et occulte) comme au sens traditionnel façon « Ahl el Hal wal Akd » (ouverte, normative et plus limité).
« La thama deep wala thama state, ya baba. »
Ni Etat ni Profondeur.
En tout cas dignes de nom, au regard des paramètres essentiels assez connus de tous désormais et trop exhaustifs pour être déroulés… au risque des business de hire BaNanante et autres Komplaintes Hanibalbala ou 2040 sagouins ouins ouins 😉
Juste ceci alors, à toute la bande ARPégétiK des SaaliKS ZoKafioniKS aussi deep dyesthétes ahuris qu’ahurissants dipsy insolents :
La Tunisie n’est ni USA ni Angleterre, ni France ni Algérie ni Egypte ni Iran ni Chine ni Pakistan ni encore moins la Turquie.
« Dipsy statoutounet » plutôt.
Un Etat profond ne laisse pas les premières Dames pestilentielles faire toute à leur guise dé-nominations gouvernementales Bounkibiques ou autres partages du goutu gâteau patrimonial public (ce bien commun préservé, défendu, libéré, fructifié, transmis becs et ongles, sueur et sang, fer et chrome, zinc et titane des Hauts de Zaghouan comme Titans de Tataouine !) par voracité d’intérêts délinquants au truchement du juteux jeu des 7 proches familles zabazinzinzolines de sinistre mémoire ( RENDEZ LES 33 MILLIARDS, INFAMANTE PROGENITURE DE CASTE PILLARDE CRIMINELLE : RENDEZ LES AU PLUS VITE !)
Un « État profond » ne laisse pas s ‘imposer les velayités mollahrdeuses astroturfeuses étrangères contre-révolutionnaires et autres intérets néocoloniaux antidémocratiques françalgériatriques.
Un État profond ne laisserait pas l’illégitime sonnante Qômme trébuchante Kaptation vampirisante Qômtinuer.
A travers le globe, c’est de la T-pop qu’on braillerait à tue tête , du T-drama addictif dont on se gaverait à s’en crever les mirettes, « Kaaba Tunsung » mobile dans chaque poche et écran dans chaque foyer ou autres T-Drones, T-3assla et super T-tankers à travers ciel, mer et terres !
Dawla amiKa…
Deep state…
Yaatiqoum « Deep staKa » et « Deep saKhta » ala moKheq wa moKhou insh’Allah oui !
BANDE D’INKOMPETENTS NEOQARAMITA KALAMITEUX MYTHOS QÔMME MYTHIKS HISTORIQUES POUR CE PAUVRE PAYS DECHIKETÉ QUOTIDIENNEMENT DU LONG DE VOTRE FOUTU DOUBLE QUINKHANNAT INFAMANT QÔMME AFFAMEUR !
RENDEZ LES QÔMPTES !
PUIS DEGAGEZ LE PLANCHER !
SANS FAÇON ET DU SOL AU ZAGAFOND !
le financier
Beaucoup de vrai dans ce que vous dites malgres que ca soit brouillon dans votre tete .
Sghiri sghiro est un incapable comme KS , s ils ne savent pas qu ils degagent et laisse ceux mettre de l ordre .
Il n y a aucun etat profond en Tunisie , juste de l individualisme et de la corruption aucune valeur religieuse et aucun patriotisme .
Juste de la Faim ,
Cela existait dans d autres pays et des dirigeants fort et integres ont reussi a mettre au pas tout le monde mais pour cela il faut avoir une vision une strategie et des connaissances profondes.
Cet incapable cherche des excuses a son incapable de chef
riadh e.
Moi je suis d’accord avec lui.
On a construit un system dans les année 60 et 70 qui reposait sur quelques familles qui ont eu les terrains et les crédits pour construire une industrie textile, une industrie hôtelière, une industrie manufacturière, et des banques. ce system à marché jusque ce qu’il ne marche plus en raison de la hausse de l a population active et du fait que ces monopoles, par définitions inovent peu et deviennent de moins en moins rentable avec le temps (sauf les mises à niveau financé par l’Europe dans les années 90).
Tout ce system se base sur 1/ stabilité sécuritaire et politique grâce à la police et aux services de sécurité et 2/ sur une main d’oeuvre très bon marché que l’Etat compense avec des suventions aux pris (l’UTT a raison, on ne peux pas être le pas le pays le plus productif d’afrique (avant 2011) et celui ou les salaires sont les plus bas sans cette explication. SI on supprime les subventions, il est juste que les salaires s’alignent sur la valeur ajoutée et ils doubleraient au minimum).
Suivait donc l’argent, et vous les avez vos « lobbys »: qui veux la stabilité pour faire du business? qui veux de l’ordre pour protéger ses acquis contre les pauvres?
Mohamed Mabrouk
Bonjour monsieur Riadh. Il faut bien qu’il y ait des familles pour realiser l’effort industriel dont vous parlez. On ne peut pas faire d’industrie sans gens, avec des fantomes. Ces familles ont epargné et investit, contrairement a d’autres qui se sont contentées de consommer le salaire. On peut contester la part du revenu qu’elles ont accaparé. Mais il n’est pas productif, dans l’interet meme des couches fragiles que vous defendez, d’aller jusqu’a la criminalisation de l’effort d’investissement et de la construction de lien et de reseaux de confiance au sein de l’economie et du pouvoir politique. Sinon on ne construit pas d’activité capitalistique et on degringole au niveau economique primaire: vendre nos ressources naturelles et notre main d’oeuvre bon marché.
Quant a l’Europe a qui vous accordez le merite de la « mise a niveau » de l’industrie, sachez que cette initiative, avec le traité d’echange inegal de 1995, a ete le coup d’arret a la construction industrielle dont vous parlez, plutot que sa consolidation. L’UE est une institution qui n’a pas du tout pour objectif le développement de la Tunisie, mais plutot la garantie de l’acces des pays membres a des ressources naturelles et ouvrieres bon marché et l’ouverture de debouchés pour eux. C’est aussi l’objectif de la politique de subvention qu’ils nous dictent pour profiter d’une main d’oeuvre bon marché et pour imposer un Dinar sous evalué leur permettant l’acces aux ressources naturelles (tourisme compris) pas cheres.
Les familles dont vous parlez ne font que naviguer dans cet environnement fruit d’un suivisme politique, irreflechi depuis 1987, de cette institution etrangere qui a d’autres objectifs que notre développement.
Entre temps, alors que les revolutionnaires tunisiens s’acharnent sur les quelques familles qui arrivent a sortir leur epingle de ce jeu de dupes, des pays comme la Turquie ou le Maroc, a peu pres au meme niveau capitalistique et industriel que nous vers les années 60, avancent, se capitalisent et progressent dans la chaine de valeur vers des meilleurs niveaux de valeur ajoutée.
Le Maroc, qui nous enviait les années 70 et 80, est aujourd’hui la première puissance industrielle d’Afrique. Il faut qd meme finir par ouvrir les yeux et arreter de rabacher cette musique de « familles » et « lobbies » qui nous a conduit a cette degringolade.
saelog84
Certaines familles ont fait toutes sortes de courbettes devant le pouvoir beylical, les Français, Bourguiba et Ben Ali, ce que vous appelez « construction de liens avec des réseaux de confiance au sein de l’économie et du pouvoir politique ». Au-delà de ça, il y a les alliances familiales, les Sitel Elkol Ben Romdhane et Cyrine Ben Ali, pour ne citer qu’eux. Bien évidemment, il ne faut pas généraliser.
Sinon, je dois dire que pour le coup je l’ai un peu sur le cul: est-ce que vous êtes donc contre la promotion du libéralisme et donc contre l’ouverture du marché tunisien aux investisseurs étrangers ? Vous recommandez de fermer le marché tunisien ? Je me demande ce que Romdhane ben Romdhane, ancien président du grand conseil des notables de Tunisie du temps de la coloniation, et Mongi Mabrouk, Ministre du Commerce sous Bourguiba, en penseraient ? Et puis, quid de Monoprix et Orange ?
Mohamed Mabrouk
Si seulement c’etait vrai, la Tunisie serait au niveau industriel de la Turquie ou mieux.
Malheureusement, ce sont ces revolutionnaires du dimanche qui mettent à plat les structures capitalistiques chaque 20 ans et nous ramenent a la case depart avec des responsables 0 capital 0 experience et 20 sur 20 en baratin rebelle mediocre amassé par ci par là