Portées par la variété Deglet Ennour et une progression des recettes à l’export, les exportations tunisiennes de dattes poursuivent leur hausse durant la campagne 2025/2026. Malgré une quasi-stagnation des prix moyens, les marchés européens demeurent les principaux débouchés du produit tunisien.
Les exportations tunisiennes de dattes ont atteint 113.900 tonnes durant les sept premiers mois de la campagne 2025/2026, contre 107.900 tonnes à la même période de la campagne précédente, soit une hausse de 5,6%. C’est ce qui ressort du suivi publié vendredi 29 mai 2026 par l’Observatoire national de l’agriculture (Onagri).
En valeur, les recettes des exportations se sont élevées à 725,6 millions de dinars, contre 687,1 millions de dinars un an auparavant, enregistrant également une progression de 5,6%.
La variété « Deglet Ennour » continue de dominer largement les exportations tunisiennes, représentant à elle seule 83,9% du volume total exporté.
L’Europe reste le premier marché
L’Union européenne demeure la principale destination des dattes tunisiennes, absorbant 47,5% des exportations. Elle est suivie par l’Asie avec 21,4% et l’Afrique avec 19,9%.
Par pays, le Maroc conserve sa place de premier importateur des dattes tunisiennes avec 14,6% des quantités exportées, devant l’Italie (12,1%) et l’Allemagne (10,4%).
Le prix moyen observé durant les sept premiers mois de la campagne s’est établi à 6,37 dinars le kilogramme, contre un niveau quasiment stable par rapport à la même période de la campagne précédente (-0,04%).
Pour la seule variété Deglet Ennour, le prix moyen a atteint 7,12 dinars/kg.
Les dattes biologiques gagnent du terrain
Le rapport de l’Onagri fait également état d’une progression notable des exportations de dattes biologiques. Leur volume a atteint 6.284 tonnes à fin avril 2026, pour une valeur avoisinant 64,9 millions de dinars.
Par rapport à la même période de la campagne précédente, les quantités exportées ont augmenté de 16%, tandis que les recettes ont progressé de 32,7%.
Le prix moyen des dattes biologiques s’est établi à 10,33 dinars/kg. L’Allemagne demeure le premier débouché de ce segment, concentrant 34% des exportations, devant les Pays-Bas et la Belgique.
À travers ces performances, la filière dattière tunisienne confirme une nouvelle fois son poids stratégique dans les exportations agricoles du pays, avec une montée en valeur qui continue de soutenir les recettes en devises, malgré un contexte international marqué par une forte concurrence et une pression persistante sur les prix.
I.N.











Commentaire
jamel.tazarki
A) je voudrais vous donner un exemple de la vente de nos dattes en Allemagne.
a1) Le kilo de dattes tunisiennes, en paquet de 1 kg (avec une petite fenêtre en papier transparent sur le paquet permettant de voir les dattes), se vendait mal à 5,99 €. La chaîne de supermarchés Lidl a donc baissé le prix à 3,99 €.
a2) Puis, sont arrivées les dattes marocaines en Black Box de 1 Kg (c’est-à-dire sans petite fenêtre en papier transparent sur le paquet permettant de voir les dattes). Elles se vendaient très mal ou pas, à 11,90 € le paquet d’un kilo.
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Le Maroc partique ce que l’on appelle « acheter le chat dans un sac » (plus couramment formulée « acheter chat en poche ») ce qui signifie conclure un marché ou faire un achat sans avoir vu l’objet de la transaction ni s’être assuré de sa qualité. Elle s’utilise pour désigner un risque financier ou un manque de précaution.
a3) Puis sont arrivées les dattes israéliennes, vendues à 1,19 € les 100 g, dans de petites caisses en bois avec des sépations en diagonale est un couvercle transparent à charnière et avec une pincette permettant d’en acheter autant que l’on désire, de 0 g à 5 kg. Moi-même, j’en ai acheté 3 dattes à 0,7 €.
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a4) Les dattes d’Israël se vendent et se vendaient beaucoup mieux que celles de la Tunisie et du Maroc, car Israël a adapté son marketing à la mentalité et aux désirs du client allemand. En effet, en Allemagne, il est beaucoup plus facile de vendre des pommes de terre en sac de 1 kg et plus, mais non pas des dattes. La Tunisie perd des milliards d’euros, car elle veut imposer sa mentalité de consommation et d’achat aux clients/consommateurs allemands.
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cet exemple est une illustration parfaite de la faillite du marketing territorial et du manque de vision stratégique des décideurs tunisiens.
a5) La Tunisie, elle, reste bloquée dans une reproduction mécanique : On a des dattes, on les met dans un carton, on les envoie. Elle n’observe pas, elle ne s’adapte pas. Elle attend que le monde s’adapte à son produit, ce qui est une erreur fatale dans un marché globalisé.
a6) En vendant par 1 kg avec une fenêtre en plastique, la Tunisie positionne la datte comme un produit de base, presque une conserve. Elle entre en compétition sur les prix, et finit par devoir brader à 3,99 € pour écouler les stocks.
a7) Ceux qui gèrent l’exportation en Tunisie (Groupements Interprofessionnels, administrations) sont souvent des fonctionnaires déconnectés des tendances de consommation de Berlin, Paris ou Tokyo. Ils gèrent des volumes, pas des clients.
Bonne journée
PS : j’ai acheté trois paquets de dattes tunisiennes chez Lidl en Allemagne. En rentrant chez moi, j’ai pesé les trois paquets, car j’avais l’impression qu’ils pesaient plus de trois kilos.
Voici les résultats :
– un paquet a pesé 1 120 g.
– un paquet a pesé 1 090 g.
– un paquet a pesé 1 080 g.
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La Tunisie offre ainsi 10% de ses exportations de dattes gratuitement à la clientèle de Lidl!
D’après un article de Business News TN, les recettes de l’exportation de nos dattes s’élevaient à 900 millions (d’euros ou de dinars, je ne me rappelle plus). Or, elles devraient être de :
(900 * 3) + (900 * 3):10 = 2700 + 270 = 2970 Millions.
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Le manque à gagner est colossal : la Tunisie passe à côté de près de 2 milliards de dinars (environ 600 millions d’euros) par pure déconnexion marketing. La richesse de la Tunisie ne dépend pas seulement de ce qu’3ll3 produit, mais de sa capacité à comprendre la psychologie de l’acheteur. Tant que la Tunisie exportera ses dattes comme on exporte du ciment ou du phosphate (au volume brut), elle restera prisonnière des prix bas imposés par la grande distribution.
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les dattes tunisiennes sont déjà sèches et dures, entre-temps. Celui qui achète des dattes tunisiennes cette année ne le fera pas l’année prochaine ! Ce sont des dattes de haute qualité, sans sirop de conservation, qui devraient être vendues et consommées avant l’arrivée de l’été ! Mais le manque de stratégie marketing a tout gâché La destruction de valeur d’un produit d’exception par ignorance logistique et marketing.
La Deglet Nour de Tunisie est naturellement fruitée et translucide. En la laissant sécher et durcir dans les rayons jusqu’à l’année suivante, la Tunisie sabote sa propre réputation: un client déçu n’achète plus.
Un client allemand achète d’abord 100 g de dattes au maximum. Il est préférable de goûter avant d’en acheter trop ! Pour vendre des paquets d’un kilo, il faudrait proposer des dattes à la dégustation gratuitement dans les magasins Lidl ou REWE. Hier, dans un supermarché REWE, j’ai acheté un fromage de chèvre que je n’aurais jamais acheté si je ne l’avais pas goûté ! En effet, il y avait un petit stand qui proposait des dégustations. « Pour vendre, il faut faire goûter » (en allemand : Probieren geht über Studieren).
En Allemagne, on consomme des dattes, en particulier à Noël et à la fin de l’année. Mais savez-vous pourquoi ? Réponse: Pour des raisons théologiques. En revanche, il est absurde de vendre des dattes en été. Les dattes ne peuvent pas rivaliser avec les fruits d’été. Manger des dattes au bord d’un lac, par 35 °C, n’est pas très attractif en été ; cela assèche plutôt la bouche !
C’est la mise en valeur optique qui compte le plus, c’est l’atmosphère qu’envoie les dattes qui devrait toucher la sensibilité du consommateur. Je cite Gerd Böhme (1995): Si l’on dit qu’une tasse est bleue, on pense à une chose déterminée par sa couleur bleue, qui la distingue d’autres choses situées à côté d’elle. La tasse « possède » cette couleur. Outre sa bleuité, on peut se demander si une telle tasse existe. Son existence est alors déterminée par une localisation dans l’espace et le temps. Mais on peut concevoir la bleuité de la tasse en d’autres termes, à savoir comme la manière – ou, mieux, une des manières possibles – pour la tasse d’être présente dans l’espace et de rendre sa propre présence perceptible. On tient dans ce cas la bleuité de la tasse pour ce qui, au lieu de restreindre la tasse et d’adhérer à celle-ci, s’en dégage au contraire vers l’environnement immédiat de la tasse, colorant ou « teintant » son environnement, comme le dirait Jakob Böhme. L’existence de la tasse est déjà comprise dans cette conception de la qualité « bleue », puisque la « bleuité » est une façon pour la tasse d’exister, une articulation de sa présence, une voie de sa présence. Ainsi, la chose est pensée non pas en termes de sa différence avec d’autres choses, de sa séparation et de son unité, mais plutôt à partir de la manière dont elle émane ou sort d’elle-même [heraustritt]. Nous proposons, pour décrire comment les choses sortent d’elles-mêmes, l’expression « extases des choses.
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la théorie des atmosphères et l’extase des choses de Gernot Böhme. C’est une critique d’une justesse implacable.Le supermarché allemand REWE n’est pas un marché oriental où l’on harangue le client avec des mots. Le consommateur allemand y cherche une expérience visuelle et sensorielle silencieuse. Ce n’est pas le discours qui vend, c’est l’émanation esthétique de l’objet.
Quand la Tunisie met ses dattes dans une boîte en carton standard de 1 kg fermée par un plastique sous les néons agressifs de Lidl ou REWE :
– Elle réduit la datte à sa simple fonction de « chose » ou de « conserve ».Le packaging étouffe le produit. – La datte ne sort pas d’elle-même, elle est enfermée. L’atmosphère qui s’en dégage est celle de la banalité, de l’indifférence et de la pauvreté visuelle. Il n’y a aucune « teinte » projetée dans l’environnement du magasin.
Le client allemand qui entre chez REWE en décembre est sensible à cette poétique de l’espace. Si le rayon des dattes projette une atmosphère de « fête », de « tradition précieuse » et de « pureté esthétique » par sa seule présence physique, le prix devient secondaire. L’acheteur ne rationnalise plus, il est enveloppé par l’atmosphère du produit. La Tunisie possède le produit parfait pour cette théorie (un fruit lumineux, noble et chargé d’histoire), mais en l’enfermant de manière industrielle, elle annule son pouvoir d’attraction esthétique. Elle vend un poids, là où elle devrait vendre une présence.
Bonne soirée