Heure de Tunis :
Light
Dark

Galère portugaise en Tunisie : qu’est-ce que ce mystérieux organisme marin et représente-t-il un danger ?

Article réservé aux abonnés

Écouter cet article

0:00 0:00

    Des images et vidéos montrant l’apparition du « Régent portugais », également connu sous le nom de « galère portugaise » ou Physalia physalis, ont largement circulé sur les réseaux sociaux ces derniers jours, provoquant une vive polémique et de nombreuses inquiétudes, particulièrement à l’approche de la saison estivale, période durant laquelle des milliers de Tunisiens commencent à se préparer pour les vacances et les sorties à la plage. Plusieurs publications alarmistes ont laissé entendre qu’une invasion dangereuse menaçait les côtes tunisiennes, poussant certains internautes à diffuser des informations exagérées ou trompeuses concernant ce phénomène marin.

    À l’origine de cette polémique figure une alerte publiée par l’Association tunisienne des sciences participatives « TunSea », qui a signalé l’apparition de cet organisme marin au large de Tabarka, dans le nord-ouest de la Tunisie, après qu’un citoyen l’a observé sur les côtes. L’association a toutefois insisté sur la nécessité de sensibiliser le public sans provoquer de panique, rappelant que la bonne réaction consiste à rester vigilant tout en évitant la diffusion de rumeurs alarmistes.

    Dans son communiqué, TunSea explique que la présence du « Régent portugais » ainsi que de certaines espèces de méduses constitue un phénomène naturel observé dans de nombreuses mers à travers le monde. Selon l’association, les changements climatiques, les variations des températures marines ainsi que les courants et vents marins favorisent périodiquement l’apparition de ces organismes dans certaines zones côtières, y compris en Méditerranée. L’organisation précise ainsi qu’il ne s’agit ni d’un phénomène inédit ni d’une catastrophe exceptionnelle.

    L’association a néanmoins appelé à la prudence durant cette période, en raison de l’augmentation des signalements sur les côtes tunisiennes. Elle recommande d’éviter tout contact avec ce organisme marin, même lorsqu’il semble mort ou échoué sur la plage, car sa toxicité peut rester active plusieurs heures après sa disparition. TunSea conseille également aux citoyens de se contenter de le photographier à distance lorsqu’ils l’aperçoivent, sans tenter de le manipuler.

    Contrairement à certaines affirmations largement relayées en ligne, le « Régent portugais » n’est pas une méduse classique. Il s’agit d’un organisme marin colonial originaire de l’océan Atlantique, reconnaissable à ses couleurs bleuâtres, violettes ou rosées ainsi qu’à sa poche remplie de gaz flottant à la surface de l’eau. Ses filaments urticants peuvent atteindre plusieurs dizaines de mètres et servent principalement à capturer ses proies. Ce sont précisément ces filaments qui représentent un danger pour l’être humain, car ils peuvent provoquer des douleurs importantes, des brûlures cutanées et des réactions parfois sévères chez certaines personnes sensibles.

    TunSea rappelle également qu’un nombre limité de spécimens, ne dépassant pas une dizaine, avait déjà été observé le 29 mars 2026 sur la plage de Sidi Mechreg dans le gouvernorat de Bizerte. L’association souligne surtout que cette espèce n’apparaît pas pour la première fois en Tunisie : sa présence avait déjà été officiellement enregistrée dans le pays en 1992. Elle ajoute que des observations du « Régent portugais » en Méditerranée sont documentées depuis plus d’un siècle et que son apparition dépend principalement des conditions météorologiques et des courants marins.

    Les spécialistes interrogés rappellent par ailleurs que, malgré la dangerosité relative de ses piqûres, les cas mortels restent extrêmement rares. La majorité des personnes touchées souffrent surtout de douleurs intenses, de brûlures ou d’irritations cutanées nécessitant parfois une prise en charge médicale. En cas de contact, il est recommandé de consulter rapidement un professionnel de santé ou de demander les premiers secours.

    Le « Régent portugais », appelé scientifiquement Physalia physalis et surnommé aussi « galère portugaise », est un organisme marin ressemblant à une méduse, mais qui n’en est pas réellement une. Il s’agit d’une colonie de petits organismes vivant ensemble et fonctionnant comme un seul être vivant. On le reconnaît grâce à sa poche gonflée flottant à la surface de l’eau, souvent bleue, violette ou rosée, ainsi qu’à ses très longs filaments qui peuvent atteindre plusieurs mètres sous l’eau.

    Cet organisme vit principalement dans l’océan Atlantique, mais il peut être transporté vers la Méditerranée par les vents et les courants marins. Son apparition sur certaines plages tunisiennes reste donc un phénomène naturel déjà observé auparavant.

    Oui, il peut être dangereux pour l’être humain, surtout à cause de ses tentacules urticants. Lorsqu’une personne les touche, cela peut provoquer une douleur très intense, des brûlures sur la peau, des rougeurs et parfois des réactions allergiques importantes. Chez certaines personnes sensibles, la douleur peut être forte et nécessiter une prise en charge médicale. Même lorsqu’il est mort ou échoué sur la plage, ses filaments peuvent encore piquer pendant plusieurs heures.

    Cependant, les cas graves ou mortels restent très rares. Les spécialistes expliquent qu’il faut surtout éviter le contact direct avec l’animal, ne pas le toucher, ne pas jouer avec sur la plage et prévenir les secours ou les autorités en cas d’observation importante.

    En cas de piqûre, il est conseillé de sortir rapidement de l’eau, éviter de frotter la zone touchée, retirer délicatement les filaments avec un objet ou des gants, puis consulter un médecin ou les secours si la douleur est importante ou si des difficultés respiratoires apparaissent.

    Ainsi, la vérification des informations disponibles montre que les images et vidéos diffusées ces derniers jours correspondent bien à l’apparition réelle du « Régent portugais » sur certaines côtes tunisiennes.

    R.A.

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *