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Les orphelins de l’Aïd

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Par Maya Bouallégui

    Épisode 1 – Aïd mabrouk, Monsieur le Président

    Cher Monsieur le Président,
    Permettez-moi de vous souhaiter Aïd mabrouk.
    Je sais, c’est un peu tard. L’Aïd était mercredi. Mais je me suis dit que vous ne m’en voudriez pas. Après tout, vous-même n’avez souhaité l’Aïd à personne.
    Ni au peuple tunisien.
    Ni à vos partisans.
    Ni même à ces milliers de citoyens qui passent leurs journées à partager vos discours, à commenter vos sorties et à défendre chacune de vos décisions sur Facebook.
    J’avoue que cela m’a inquiétée.
    Je vous vois tellement souvent que votre absence finit par paraître étrange.
    Toute l’année, vous êtes là.
    Dans les réunions.
    Dans les visites.
    Dans les communiqués.
    Dans les journaux télévisés.
    Vous êtes partout.
    De jour comme de nuit.
    Surtout la nuit.
    Et puis soudain, le jour de l’Aïd, plus rien.
    Comme si vous aviez décidé de sécher la seule réunion où personne n’allait vous contredire.
    J’ai alors pensé à vos partisans.
    Les fameux Zakafouna.
    Les pauvres, j’ai pensé à eux avec une certaine tendresse.
    Cette année, beaucoup ont déjà dû renoncer au mouton.
    Quand certains prix s’approchent dangereusement des deux mille dinars dans un pays où le salaire minimum dépasse à peine les quatre cents dinars, la tradition finit parfois par coûter plus cher que l’affection familiale.
    Je me suis dit qu’au moins ils auraient droit à quelques mots du président.
    Un petit message.
    Une pensée.
    Un vœu.
    Quelque chose.
    Mais non.
    Pas de mouton.
    Pas de message.
    J’avoue avoir trouvé cela un peu sévère de votre part.
    Surtout pour les plus fidèles.
    Ceux qui applaudissent avant même la fin des phrases.
    Ceux qui comprennent immédiatement ce que les autres mettront trois jours à déchiffrer.
    Ceux qui voient de profondes stratégies là où les simples mortels ne voient qu’un communiqué de verbiage.
    Ceux-là méritaient peut-être un petit cadeau de l’Aïd.
    Ne serait-ce que deux mots : Aïd mabrouk.
    Et puis, puisque je suis une fille curieuse, je suis allée voir du côté de l’étranger.
    Je me suis dit que les chefs d’État du monde entier avaient peut-être compensé ce silence.
    Là encore, j’ai été un peu surprise.
    Les messages de félicitations n’étaient pas particulièrement nombreux.
    L’Algérie.
    L’Égypte.
    Le président de la République arabe sahraouie démocratique.
    Et puis le silence.
    En vous ajoutant à la liste, cela faisait quatre personnes.
    Juste ce qu’il faut pour une partie de belote.
    Pour un sommet diplomatique, en revanche, c’était un peu plus compliqué.
    J’avoue que cela m’a rendue un peu mélancolique.
    L’Aïd est pourtant la fête des retrouvailles.
    On oublie les petites disputes.
    On échange des vœux, même quand on n’a rien d’autre à se dire.
    Cette année, le silence semblait partout.
    À Carthage comme ailleurs.
    Alors permettez-moi de réparer cette étrange absence.
    Aïd mabrouk, Monsieur le Président.
    Parce qu’au fond, ce qui m’a le plus surprise cette semaine, ce n’est ni le prix du mouton, ni le faible nombre de messages reçus de l’étranger.
    C’est qu’un président qui parle toute l’année ait choisi de se taire précisément le jour où les Tunisiens n’attendaient de lui ni promesse, ni explication, ni théorie.
    Juste deux mots : Aïd mabrouk.

    Épisode 2 – Merci quand même

    Cette semaine, Ahmed Saïdani m’a donné une leçon de savoir-vivre.
    À mon âge, je pensais pourtant avoir compris les bases de la politesse.
    On dit merci quand quelqu’un vous aide.
    On dit merci quand quelqu’un vous rend service.
    On dit merci quand quelqu’un vous offre quelque chose.
    Manifestement, j’avais encore beaucoup à apprendre.
    Ahmed Saïdani a été condamné à de la prison ferme à cause d’une publication Facebook.
    Il a toujours affirmé être victime d’une injustice.
    Le mot est important. Il est de lui, pas de moi.
    Je ne dis pas qu’il est innocent.
    Je ne dis pas qu’il est coupable.
    Je dis simplement que lui-même parle d’injustice.
    Puis arrive l’Aïd.
    Le président de la République lui accorde une grâce présidentielle avant même qu’il n’ait accompli la moitié de sa peine.
    Et là, Ahmed Saïdani publie une longue lettre de remerciement.
    J’avoue avoir relu le texte plusieurs fois.
    Je cherchais la colère.
    Je cherchais l’amertume.
    Je cherchais au moins une petite question.
    Je n’ai trouvé que de la gratitude.
    C’est là que j’ai compris que je n’avais pas affaire à un simple partisan.
    Le partisan soutient.
    Le militant défend.
    Le sympathisant applaudit.
    Ahmed Saïdani appartient à une catégorie plus rare.
    Une catégorie qui survit même à la prison.
    Pendant des années, les soutiens du président ont repoussé avec indignation le mot « larbin » utilisé par leurs adversaires.
    Je les comprends.
    Le mot est brutal.
    Il paraît excessif.
    Il semble même injuste.
    Mais Ahmed Saïdani vient de leur rendre un très mauvais service.
    Car enfin, imaginons un instant qu’un voleur me dérobe mon portefeuille.
    Quelques semaines plus tard, il revient et me rend la moitié de l’argent.
    Mon premier réflexe serait probablement de lui demander où est passé le reste.
    Je doute sincèrement que ma première réaction soit de lui adresser une lettre de remerciement.
    Imaginons maintenant qu’un restaurateur me serve un couscous froid.
    Lorsqu’il accepte finalement de le réchauffer, je suis soulagée.
    Je ne lui décerne pas une médaille.
    Ahmed Saïdani, lui, remercie.
    Il remercie alors même qu’il continue à considérer sa condamnation comme injuste.
    Et c’est précisément ce qui rend cette histoire fascinante.
    On n’est plus vraiment dans la politique.
    On est dans une relation familiale.
    Une relation où le père peut gronder, punir, priver de sortie et même envoyer au coin.
    L’essentiel est qu’il finisse par pardonner.
    Alors on oublie tout le reste.
    On embrasse le père.
    On le remercie.
    Et on promet d’être encore plus sage.
    C’est peut-être cela qui m’a le plus étonnée dans cette affaire.
    La grâce présidentielle a rendu sa liberté à Ahmed Saïdani.
    Mais sa lettre a offert à ses adversaires un cadeau encore plus précieux.
    Une définition du mot « larbin » qu’ils n’auraient jamais osé écrire eux-mêmes.
    À chacun sa conception de la gratitude.
    Ahmed Saïdani vient de nous offrir la sienne.

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    14 commentaires

    1. Le Grinch...

      Répondre
      1 juin 2026 | 9h43

      Le Kringe.
      Skrooge.
      VeKna même.
      Par bien des aspects…

      Ô Armée et société civile restante à compétences.
      Vite.
      Le pays finit de se noyer définitivement dans très peu de temps.

      Stop au Krime.
      Stop à l’asphyKSie.

      Gouvernement d’union nationale, saisissement martial des institutions étatiques et fermeture des frontières, transition de deux ans à temps plein avec gestion démocratique civile exclusivement le temps de réinjecter stabilité et confiance écosociale puis rétablir réputation à l’international pour armée et société tunisienne.

      Puis moins de 5 ans pour PLEIN EMPLOI, SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE ET ENERGETIQUE.

      Oui, vous avez bien lu.

      Les outils adéquates, les compétences et opportunités sectorielles sont à portée.

      « Ini AghraaaaKS… » souffle la Noyée eKSténuée.

      https://m.youtube.com/watch?v=EMvP6eu6Bjs&list=RDEMvP6eu6Bjs&start_radio=1&pp=ygUl2LrYsdmC2Kog2LnYqNivINin2YTYrdmE2YrZhSDYrdin2YHYuKAHAQ%3D%3D

      DEGAGER REGIME PARJURANT.
      PACIFIQUEMENT.
      RAPIDEMENT.
      SANS HAINE VENGERESSE NI VIOLENCE MILICIENNE.
      NI PARDON NI CLEMENCE NI OUBLI.

      AVENIR.
      RENAISSANCE.
      ESPERANCE.

    2. hamza benamor

      Répondre
      1 juin 2026 | 8h00

      le Grinch

    3. Malgré tout ça...

      Répondre
      31 mai 2026 | 20h14

      Aidkom Mabrouk encore une fois aux concerné.e.s.

      Pensées aux millions d’orphelin.e.s de l’Aid de tout ordre en ce pays commun comme par le monde.

      Pensées et Méditations sur le sens profond de cette Fête: religieuse, spirituelle, antroplogique, politique protodémocratique, concrète comme symbolique…

      Par ce biais, le billet retour rapproché en Concience, Esprit comme Lettre, au pays en contribution méliorative et élevatrice pour son peuple, la région élargie et voire même au Monde à terme.

      Insha’ Allah 😉

    4. Vladirmirliton poutinolâtre and other BlacK PonKS in your area, Miss Maya...

      Répondre
      31 mai 2026 | 15h55

      Vladiloquass et les Rub à dumb and dumber.

      Tri.better, blacKS PonKS.

      https://m.youtube.com/watch?v=zTSWX8vsEz8&list=RDzTSWX8vsEz8&start_radio=1&pp=ygUVdHJpYmUgcnViIGEgZHVtIGF1ZGlvoAcB

    5. Vladimir Guez

      Répondre
      31 mai 2026 | 15h38

      Il y a plus de contenu dans ta play list que dans dans le florilège de ses chroniques réunis.

    6. LOL

      Répondre
      31 mai 2026 | 15h32

      Très bel article, pour une fois j’ai bien aimé.
      Surtout le style de prose.
      Y a pas à dire, tu sais écrire !
      Pertinent, pointu et poétique.
      Bravo.

    7. The BlacK Keys of Qômprehension

      Répondre
      31 mai 2026 | 13h34

      https://m.youtube.com/playlist?list=OLAK5uy_nmEXRQ4KQiAqn9UByVX4gdnFNMWFeYvBw&playnext=1&index=1

      « Maille à repartir »

      Episode 1, Title traKS : « Lonely boy speaKing on TunisieTéléQôm » ?
      Episode 2, Title TraKS : « Mind Eraser of Kol maou Sidi Sidi Saidanung ? »

      Stop Stop, yezina Little Redflag Green Submollahrins.

      Hell of a season.

      Run right baKS to Qôm !

      (Keep on, Miss Maya. RoKS ’em all and roll on more and more accurate…)

    8. Vladimir Guez

      Répondre
      31 mai 2026 | 13h34

      Waoww elle est en roue libre Maya.
      Episode 1 : l’ére du vide .
      Episode 2 : redite de la chronique de sa consoeure.

      Il y a vraiment un responsable éditorial dans ce journal ?

    9. Réponse sans hasbaratin à question faussement inGgénue des GguiGgolos hasbaratineur.s éternels devant l'Eternel...

      Répondre
      31 mai 2026 | 10h06

      « C’est quoi ? » Un outil au service d un collectif d’ex-états colonisateurs à perpetuelle appétance neocolonisatrice.

      « C’est où ? « Quelque part engoncée entre territoires francalgériatrique et de régime (franç)Alabéniouioui de la progénitarture Hassassan 2…

      Un vassal outil opportun à objectif affaiblisseur de puissance et d’unité de la région élargie marghrébine entre autres.

      Objectif peu ou prou comparable à celui d’une certaine entité maximaliste chère aux hasbaratineurs toujours au Ggarde à vous…

      « C’est quoi « aussi ?
      Une Entité Usraelienne maximaliste suprématiste racialiste sectaire expansioniste génocidaire et outil de colonisation collective, génocidaire de peuplement et exploitatrice pillarde depuis près d’un siecle.

      « C’est où  » aussi ?
      Quelque part fichée à dessein comme épine dans le pied de la région Moyenne orientale Levantine.

      La première entité citée est reconnue notamment par le polytitré President Roi-Mollah NéoQaramite dit Zaifoun Dernier : Double Bawass LeKtaf et LemKetef, « Sous-verrin » consentant françalgériatrique, Mare Nostrum Ekremator, Larbinator Koncentrator Subsaharianus et Peuplicidus Patriam Terminatore.

      Et pour la seconde entité ? C est tout Qômme…

      Comment en finir par le haut de tout ce démonde et du KloaK nauséaux du Zaifounomutin ou autre Kol Miaou Larbin SidiSidi Saidanung perKolant à travers Episode 1 et 2 de cet article maille à repartir ?

      Solution inchngée « for sure » :

      FROM RIBAT TO ALGER
      FROM GAZA TO CISJORDANIA
      FROM ALL RIVERS TO ALL SEAS

      TRULY FREE DEMOCRACIES NOW !

      • Hannibal

        Répondre
        31 mai 2026 | 11h49

        C’est toujours pas ça !
        Encore plus d’efforts de clarté et de cohérence svp.

        • Toujours là, Hanibalbala ?

          Répondre
          31 mai 2026 | 12h56

          C’est toujours sans style, ni lunettes ni Klé de Qômpréhension ?

          Hanibalbala, barKa. Safi.

          C est transparent et clair comme réponse.

          Anyway. And last time.

          Go truly to Hannibal and Okba shops first.

          Puis à meilleur opticien et serrurie que ceux du Koin Koin.

          Arrete ton char, Hanibalbala à bahlawaniyates en barKette.

    10. Hannibal

      Répondre
      30 mai 2026 | 23h44

      Concernant Ep. 1, j’ai un prédit cette absence car une sortie longue et théâtrale avec plusieurs pseudo-colère permet d’occuper les esprits afin qu’on ne remarque pas un congé plus long que d’habitude. Mais au fond, merci Mr le Président de ne vous être donné la peine de nous dire Aid Mabrouk parce que vos discours comportent toujours une partie de diatribe sur la guerre de libération nationale et cela vous aurait encore une fois éloigné du rasermbleur d’un président de la république.
      Concernant Ep. 2, j’ai déjà commenté deux fois cette anecdote qui a détruit la réputation des deux protagonistes. On en a vu et on en verra d’autres.

      • Hannibal

        Répondre
        31 mai 2026 | 11h46

        J’aurais dû me relire pour éviter les fautes et omissions :
        … un peu prédit …
        … pseudo-colères …
        … éloigné du rôle rassembleur …

    11. Gg

      Répondre
      30 mai 2026 | 21h47

      Bonsoir!

      C’est quoi c’est où « la République arabe sahraouie démocratique »?

    Répondre

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