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Le tabagisme débute dès sept ans et progresse chez les adolescents en Tunisie

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Par Nadya Jennene

    Le tabagisme en Tunisie prend des proportions alarmantes et s’installe de plus en plus tôt, parfois dès l’enfance. C’est le constat préoccupant dressé par le Dr Sami Kammoun, qui alerte sur une progression continue de cette addiction, devenue un véritable enjeu de santé publique.

    Selon les données évoquées par le spécialiste sur les ondes de Mosaïque FM lundi 1er juin 2026, la première cigarette peut être consommée dès l’âge de sept à huit ans dans certains cas, un phénomène de plus en plus observé dans les milieux scolaires et familiaux. Une précocité particulièrement inquiétante, car elle augmente fortement le risque de dépendance durable et de complications médicales à long terme.

    Une banalisation du tabac chez les jeunes et les adultes

    Chez les adolescents, la tendance reste tout aussi préoccupante. Le médecin estime qu’entre treize et quatorze ans, environ un garçon sur cinq fume déjà, tandis que la prévalence chez les filles est estimée à une sur dix. Une banalisation progressive du tabac, souvent associée à une recherche d’identité ou d’intégration sociale.

    Au niveau de la population adulte, la situation n’est pas moins alarmante : près de 40% des hommes sont fumeurs en Tunisie, selon les estimations avancées lors de l’interview. Un chiffre qui place le pays parmi les plus touchés de la région.

    Dr Kammoun insiste également sur la montée en puissance de nouveaux produits addictifs, en particulier la cigarette électronique, très présente chez les jeunes. Il souligne qu’environ un adolescent sur six y aurait déjà recours. Un phénomène préoccupant, d’autant que ces dispositifs sont souvent perçus à tort comme moins dangereux, alors qu’ils contiennent des substances potentiellement toxiques et fortement addictives.

    Autre pratique en expansion : la chicha. Très répandue dans les cafés et les espaces sociaux, elle fait l’objet de nombreuses idées reçues. Contrairement à une croyance populaire, une seule session de chicha peut, selon le spécialiste, équivaloir à l’inhalation de quarante à soixante cigarettes. Une exposition massive à la nicotine et aux substances cancérigènes, souvent sous-estimée par les consommateurs.

    Des conséquences sanitaires lourdes et une dépendance installée tôt

    Sur le plan médical, les conséquences sont lourdes. Le tabac augmente significativement les risques de cancers, notamment du poumon, mais aussi de la gorge, de la vessie et des maladies cardiovasculaires. Le pneumologue rappelle qu’environ un fumeur sur dix développe un cancer du poumon au cours de sa vie, un risque qui reste élevé même après l’arrêt du tabac, bien qu’il diminue progressivement avec le temps.

    Le tabagisme passif constitue également une menace importante. Les enfants exposés à la fumée sont plus sujets aux infections respiratoires, tandis que les conjoints de fumeurs présentent un risque accru de cancer du poumon estimé à près de 30%.

    Pour le spécialiste, la dépendance au tabac est également comportementale et biologique : dès les premières minutes sans nicotine, certains fumeurs ressentent déjà un besoin impérieux de consommer, signe d’une addiction installée.

    Face à cette situation, les professionnels de santé appellent à renforcer les politiques de prévention, à intensifier les campagnes de sensibilisation et à mieux encadrer la vente et la consommation de produits du tabac et dérivés, notamment chez les jeunes.

    N.J

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