Il suffit parfois de quelques secondes de vidéo et de deux mots en portugais pour enflammer les réseaux sociaux tunisiens.
L’ancien footballeur brésilien naturalisé tunisien Clayton a ainsi créé un petit buzz en publiant, lundi 1er juin 2026, sur son compte Instagram une courte séquence le montrant aux côtés du président de la République Kaïs Saïed. La rencontre a manifestement eu lieu lors de la récente descente du chef de l’État dans les rues de l’Ariana, exercice devenu presque rituel politique.
Jusque-là, rien d’extraordinaire dans un pays où les « apparitions imprévues » du président sont devenues un genre médiatique à part entière. Mais c’est la légende accompagnant la publication qui a retenu l’attention : « Meu presidente » (Mon président, ndlr). Deux mots simples, mais suffisamment chargés pour transformer une vidéo anodine en objet de débat national.
Très vite, la séquence quitte le registre du simple cliché souvenir pour entrer dans celui de l’interprétation politique. Pour certains, il s’agit d’un geste spontané d’un joueur connu du public tunisien, une forme de reconnaissance envers un chef d’État qu’il croise fortuitement dans la rue. Une sorte de poignée de main numérique, sans calcul ni arrière-pensée.
Mais sur les réseaux sociaux tunisiens, la spontanéité est rarement acceptée comme telle.
D’un côté, les soutiens saluent une marque d’estime jugée naturelle. Ils y voient une scène de proximité, à l’image d’un président qui revendique justement ce contact direct avec les citoyens. De l’autre, les critiques se montrent beaucoup plus acides. Certains internautes n’hésitent pas à qualifier le joueur de « lèche-botte », estimant que la publication relève davantage de l’opportunisme médiatique que d’un simple hommage spontané.
Au final, Clayton n’a probablement fait qu’un passage furtif dans le flux présidentiel. Mais son « Meu presidente » a suffi à lui offrir une visibilité inattendue, et à rappeler qu’à l’ère des réseaux sociaux, un mot bien ou mal placé peut parfois peser autant qu’un discours officiel.
N.J










