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Non vérifié : une vidéo TikTok alimente une rumeur sur les migrants subsahariens

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    Une vidéo massivement relayée sur TikTok par la page « Tribune des Tunisiens libres » affirme qu’une affaire criminelle récente constituerait le « deuxième cas de meurtre d’une Tunisienne par un ressortissant africain ». La publication a rapidement suscité de nombreuses réactions et a été largement partagée par des internautes dénonçant la présence des migrants subsahariens en Tunisie. Cependant, l’examen des faits montre que cette affirmation est diffusée sans preuves permettant d’établir les conclusions avancées dans la vidéo.

    Ce type de contenu n’est pas nouveau. Depuis plusieurs années, les réseaux sociaux tunisiens voient circuler de manière récurrente des publications associant des faits divers à des migrants originaires d’Afrique subsaharienne. Ces contenus apparaissent généralement dans un contexte de tensions autour de la question migratoire et reposent souvent sur des informations incomplètes, sorties de leur contexte ou non vérifiées. Leur objectif est fréquemment de présenter les migrants comme une menace pour la sécurité publique, alimentant ainsi les préjugés et les discours hostiles à leur égard.

    Dans la vidéo en question, les auteurs de la publication affirment qu’une Tunisienne aurait été tuée par un ressortissant africain et présentent cette affaire comme le « deuxième cas » de ce type. Pourtant, aucun élément concret ne vient étayer cette affirmation. La publication ne cite aucune source officielle, aucun communiqué des autorités, aucune déclaration judiciaire ni aucun document d’enquête permettant de confirmer l’identité ou la nationalité de l’auteur présumé des faits. L’origine supposée du suspect est présentée comme une certitude alors qu’aucune preuve vérifiable n’est fournie au public.

    Cette manière de traiter l’information est caractéristique de nombreux contenus viraux diffusés sur les réseaux sociaux. En mettant l’accent sur l’origine réelle ou supposée d’un individu avant même que les faits ne soient établis, ces publications cherchent souvent à susciter l’émotion et l’indignation plutôt qu’à informer. Elles contribuent également à créer un amalgame entre les actes présumés d’une personne et l’ensemble d’une communauté.

    Plusieurs campagnes de désinformation ont déjà utilisé ce procédé en Tunisie. Des images anciennes ont parfois été présentées comme des événements récents, tandis que certains faits divers ont été attribués à des migrants sans qu’aucune enquête ne le confirme. Dans d’autres cas, des statistiques non sourcées ou trompeuses ont été utilisées pour tenter d’établir un lien entre migration et criminalité. Ces récits circulent souvent dans les mêmes réseaux numériques et participent à la diffusion d’un discours de rejet visant les populations subsahariennes.

    En l’absence d’éléments officiels permettant de confirmer les affirmations relayées dans la vidéo, rien ne permet d’établir qu’il s’agirait d’un « deuxième cas de meurtre d’une Tunisienne par un ressortissant africain ». La publication repose sur des affirmations non étayées et s’inscrit dans une dynamique déjà observée à plusieurs reprises, où des faits divers sont exploités pour alimenter l’hostilité envers les migrants subsahariens.

    L’affirmation selon laquelle cette affaire constituerait un « deuxième cas de meurtre d’une Tunisienne par un ressortissant africain » n’est étayée par aucun élément vérifiable. La publication diffuse une information non démontrée et contribue à renforcer des récits stigmatisants.

    R.A.

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