À l’approche de la saison estivale, la Protection civile tunisienne s’est dit pleinement mobilisée pour faire face à l’augmentation attendue des interventions liées aux incendies, aux accidents de la circulation et aux noyades. Invité de la Radio nationale, le chef de la sous-direction des opérations et du suivi à la Direction des opérations de l’Office national de la protection civile, le commandant Khalil Mechri, a présenté, lundi 1er juin 2026, les principaux axes du dispositif mis en place pour l’été 2026.
Déjà 27 incendies dans les cultures céréalières
Dressant un premier bilan depuis l’Aïd el-Kebir, le responsable a indiqué que les équipes de la Protection civile étaient intervenues sur 27 incendies ayant touché des champs de blé et d’orge, détruisant environ 52 hectares de cultures.
Selon lui, ces chiffres demeurent dans la moyenne observée lors des saisons précédentes. Si le nombre d’incendies reste relativement élevé, la superficie touchée demeure limitée, ce qui témoigne, à son sens, de l’efficacité des interventions réalisées sur le terrain.
Les principales causes identifiées sont les mégots de cigarette jetés dans la nature ainsi que les étincelles provoquées par les moissonneuses-batteuses. À cet effet, la Protection civile a intensifié ses campagnes de sensibilisation auprès des agriculteurs afin de promouvoir l’entretien des machines agricoles et l’installation d’équipements de sécurité, notamment des extincteurs.
Le commandant Mechri a également insisté sur l’importance de mesures préventives telles que le labour des bordures des parcelles, particulièrement lorsqu’elles sont situées à proximité des routes ou des voies ferrées, ainsi que le fractionnement des grandes exploitations afin de limiter la propagation des flammes.
Afin de réduire les délais d’intervention, quatorze centres saisonniers spécialisés dans la protection des récoltes et des espaces forestiers ont été déployés dans plusieurs gouvernorats agricoles, notamment à Jendouba, Le Kef et Siliana, en complément des 126 unités permanentes réparties sur l’ensemble du territoire.
Une vigilance renforcée sur les plages
Concernant les préparatifs pour la saison estivale, Khalil Mechri a révélé que la Protection civile a déjà enregistré, depuis l’Aïd, un décès par noyade et huit opérations de secours sur les plages.
Depuis le début de l’année, le bilan national fait état de onze décès par noyade. Un chiffre certes inférieur à celui enregistré à la même période de l’année précédente, mais qui demeure préoccupant à l’approche des mois de juin, juillet et août.
Pour renforcer la sécurité sur les plages, le nombre de postes de surveillance sera porté cette année à 350, contre 280 en 2025. Une attention particulière a été accordée aux gouvernorats de Nabeul et de Bizerte, qui ont enregistré le plus grand nombre de noyades l’année dernière.
Khalil Mechri a avancé, dans ce sens, qu’il faudrait près de 2300 nageurs-sauveteurs pour assurer une couverture optimale des plages tunisiennes. Les municipalités ont déjà lancé les campagnes de recrutement, tandis que les formations assurées par la Protection civile ont débuté.
Le responsable a insisté sur la nécessité pour les parents de surveiller étroitement les enfants sur les plages. « Les interventions impliquant des enfants en bas âge sont parmi les plus douloureuses pour nos équipes », a-t-il affirmé, appelant les familles à redoubler de vigilance, particulièrement dans les plages très fréquentées.
Il a également rappelé l’importance du respect des drapeaux et a fortement déconseillé la fréquentation des plages isolées et non surveillées, où les secours sont plus difficiles à mobiliser en raison de l’absence de couverture téléphonique ou de voies d’accès adaptées.
Des accidents de la route toujours meurtriers
Sur le front de la sécurité routière, le bilan était également préoccupant. Depuis l’Aïd el-Kebir, la Protection civile a recensé 698 accidents de la circulation ayant fait 941 blessés et 18 morts.
Si le nombre d’accidents reste proche de la moyenne habituelle, leur gravité a fortement augmenté. Selon Khalil Mechri, les principales causes demeurent l’excès de vitesse et les dépassements dangereux.
Pour faire face à l’intensification du trafic estival, dix points avancés de secours ont été installés le long des autoroutes A1 et A3 ainsi que sur plusieurs axes routiers nationaux à forte fréquentation.
Des moyens modernisés et une réponse en dix minutes
Le responsable a également mis en avant les efforts de modernisation engagés par la Protection civile. L’institution dispose aujourd’hui de véhicules d’ambulance, de camions d’incendie ainsi que d’unités spécialisées dans les risques technologiques, le soutien tactique et la gestion des catastrophes.
Selon lui, la couverture opérationnelle s’est considérablement améliorée ces dernières années. L’objectif fixé est d’assurer une intervention en moins de dix minutes pour les opérations de secours. Actuellement, environ 69% de la population tunisienne bénéficie de ce niveau de couverture.
N.J










