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Ennahdha condamne des peines « scandaleuses » dans l’affaire de l’appareil secret

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    Le mouvement islamiste Ennahdha a réagi mardi 2 juin 2026 aux verdicts prononcés par la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme du tribunal de première instance de Tunis dans l’affaire dite de « l’appareil secret ». 

    Parmi les condamnés figure Rached Ghannouchi, chef du mouvement, qui a écopé d’une peine de prison à vie, ainsi que plusieurs autres dirigeants.

    Dans un communiqué publié le jour même, le mouvement qualifie ces jugements de « choquants » et d’« inédits dans l’histoire de la justice tunisienne », et avance ses arguments pour contester leur légitimité.

    Une affaire politique, selon Ennahdha

    Le mouvement rappelle que la plainte à l’origine de cette procédure n’émanait pas de services sécuritaires ou judiciaires, mais de représentants d’un parti politique adverse. Il souligne également que le principal accusé, Mustapha Khedher, avait déjà été jugé et emprisonné huit ans pour les mêmes faits en 2013, époque où Ennahdha était au pouvoir, et que la justice avait alors conclu à l’absence de lien entre cette affaire et le mouvement.

    Le parti affirme par ailleurs que Rached Ghannouchi n’a été ajouté à la liste des inculpés qu’en 2022, non pas dans le cadre d’une instruction judiciaire autonome, mais sur demande directe du ministère de la Justice, ce qu’il présente comme une preuve du caractère politique du dossier.

    Des garanties procédurales absentes

    Ennahdha dénonce le refus de la cour d’organiser des audiences publiques en présence des médias, malgré les demandes répétées de la défense. Le mouvement conteste également la crédibilité des témoignages retenus à charge, attribuant certains d’entre eux à des membres d’Ansar al-Charia, « organisation hostile à Ennahdha », qui auraient témoigné en échange d’une remise de peine. Il affirme enfin que la défense a produit des documents officiels prouvant qu’aucune « chambre noire » n’existait et que tout le matériel saisi avait été remis au ministère de l’Intérieur en 2013.

    En conclusion, le mouvement formule trois exigences : l’annulation des jugements, la libération de tous les prisonniers politiques, et un appel au pouvoir à cesser ce qu’il décrit comme des « mises en scène judiciaires » destinées à masquer l’échec économique et social du pays.

    R.B.H

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