Le secrétaire général de la Fédération générale des banques, des établissements financiers et des compagnies d’assurance, Sami Salhi, a confirmé, jeudi 4 juin 2026, sur les ondes de Jawhara FM la tenue d’une grève de trois jours, les 23, 24 et 25 juin. À l’origine de ce mouvement social : la détérioration des salaires dans le secteur, les effets du projet de loi de finances 2025 et la rupture du dialogue social avec les autorités de tutelle.
Selon lui, ce mouvement constitue « une réponse contrainte » face à une situation devenue, dit-il, intenable pour les salariés du secteur. Au cœur des revendications figure l’impact du projet de loi de finances 2025, accusé par le responsable syndical d’avoir entraîné une baisse effective des revenus dans le secteur bancaire et assurantiel.
Il a affirmé que les employés concernés auraient subi une diminution de leurs salaires, estimée à près d’une centaine de dinars pour certains, en raison de modifications fiscales introduites par la nouvelle loi de finances. Dans le même temps, il a dénoncé une situation d’inégalité par rapport aux autres secteurs, notamment la fonction publique, qui a bénéficié de revalorisations salariales.
« Tous les autres secteurs ont eu des augmentations, alors que nous, dans les banques et les assurances, nous avons vu nos salaires diminuer », a-t-il résumé, estimant que les employés du secteur financier sont parmi les plus affectés par la réforme fiscale.
Au-delà de la question salariale, Sami Salhi a mis en cause la stagnation du dialogue social avec les autorités et les instances de gouvernance du secteur bancaire. Il a évoqué des négociations gelées depuis 2024 et une absence de réponse aux demandes syndicales. Selon lui, les échanges ont été interrompus de manière unilatérale, sans perspective claire de reprise.
Le syndicaliste a affirmé également que plusieurs tentatives de médiation n’avaient pas permis de débloquer la situation, malgré la volonté affichée par la partie syndicale de maintenir le dialogue.
Dans son intervention, le responsable syndical a élargi le débat à la situation générale du pouvoir d’achat en Tunisie. Il a avancé que les salariés du secteur financier n’étaient pas épargnés par la pression économique, et que leur niveau de vie se rapprochait de celui des catégories les plus fragiles.
Il a insisté sur des difficultés croissantes à faire face aux dépenses courantes, y compris dans les domaines de la santé et des services essentiels, soulignant que certains travailleurs doivent recourir à des avances ou à des facilités pour couvrir leurs besoins de base.
Face à ce qu’il a qualifié de « blocage total », le syndicat maintient donc son appel à la grève générale dans l’ensemble du secteur bancaire et assurantiel pour les 23, 24 et 25 juin.
Cette mobilisation devrait concerner toutes les institutions financières sans exception, avec un impact potentiel sur les opérations bancaires et les services d’assurance à l’échelle nationale. Sami Salhi a insisté toutefois sur le fait que les organisations syndicales restaient ouvertes à une reprise du dialogue, conditionnée à une réponse concrète aux revendications formulées.
N.J












