Le mouvement Ennahdha a tenté, jeudi 4 juin 2026, d’éteindre l’incendie provoqué par les déclarations de l’ancien député Bechr Chebbi, dont les propos sur l’institution militaire ont suscité une vive polémique ces derniers jours.
L’ancien élu du mouvement s’était exprimé le 30 mai lors d’un rassemblement de soutien aux prisonniers d’opinion organisé à Paris. Ses déclarations, largement relayées sur les réseaux sociaux, ont rapidement alimenté les critiques et relancé les débats autour de la place de l’armée dans le paysage politique tunisien.
Face à l’ampleur de la controverse, Ennahdha a choisi de prendre ses distances. Dans un communiqué publié jeudi, le parti a rappelé que ses positions officielles ne peuvent être exprimées que par ses textes de référence, ses communiqués et les responsables habilités à parler en son nom. Les propos de Bechr Chebbi relèveraient ainsi d’une opinion strictement personnelle ne reflétant pas la ligne du mouvement.
Cette mise au point intervient alors qu’il y a à peine deux semaines, le ministère de la Défense nationale publiait un communiqué au ton inhabituellement ferme pour dénoncer les tentatives d’entraîner l’institution militaire dans les polémiques et les affrontements politiques.
Dans ce texte remarqué, la Grande muette rappelait que l’armée tunisienne demeure une institution républicaine fondée sur la discipline, attachée à sa neutralité et étrangère aux calculs partisans. Le ministère mettait également en garde contre les tentatives visant à impliquer l’armée et ses dirigeants dans les tensions politiques qui traversent le pays.
Conscient du caractère explosif du sujet, Ennahdha a tenu à réaffirmer son attachement au rôle de l’armée dans la défense de la souveraineté nationale, de l’intégrité territoriale et de la sécurité des citoyens. Le mouvement insiste également sur la nécessité de préserver cette institution des conflits politiques.
Le parti va même plus loin en avertissant contre toute tentative d’utiliser l’institution militaire pour porter atteinte aux libertés ou remettre en cause les fondements de l’État civil et du système démocratique.
Au-delà du simple exercice de clarification, le communiqué ressemble à une opération de recentrage politique. Alors que les déclarations de Bechr Chebbi risquaient d’alimenter les accusations visant le mouvement islamiste et de raviver les suspicions autour de son rapport aux institutions de l’État, Ennahdha s’efforce désormais de refermer rapidement une séquence embarrassante, en réaffirmant sa ligne officielle : soutien à l’armée, respect de sa neutralité et refus de son implication dans les affrontements politiques.
S.H










