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Fraude au bac 2026 : quatre mandats de dépôt émis, dont un enseignant et deux élèves

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Par Imen Nouira

    Le juge d’instruction près le tribunal de première instance de Tunis a émis, mercredi 3 juin 2026, quatre mandats de dépôt dans le cadre d’une affaire liée à la fraude aux examens du baccalauréat.

    Les personnes visées sont un enseignant du secondaire, un étudiant universitaire et deux élèves. Un troisième élève, également impliqué dans l’affaire, a été maintenu en liberté tout en restant poursuivi dans le cadre de l’enquête.

    Une enquête partie des réseaux sociaux

    Selon les premiers éléments de l’enquête, les agents de la sous-direction des recherches économiques et financières relevant de la direction de la police judiciaire d’El Gorjani ont repéré plusieurs pages et comptes Facebook soupçonnés de promouvoir la vente de moyens de fraude destinés aux examens nationaux, notamment au baccalauréat.

    Les investigations techniques et les recherches de terrain ont permis d’identifier plusieurs suspects originaires des gouvernorats de Gafsa et de Tataouine. Sur autorisation judiciaire, cinq personnes ont été interpellées : un enseignant du secondaire, un étudiant universitaire et trois élèves.

    Lors de leurs auditions, les suspects ont reconnu avoir eu recours à des moyens de fraude. Les enquêteurs ont également saisi des mandats postaux ainsi que plusieurs dispositifs utilisés pour faciliter la triche lors des examens nationaux.

    L’enquête se poursuit afin d’identifier l’ensemble des personnes susceptibles d’être impliquées dans ce réseau et de déterminer l’étendue de son activité dans la commercialisation ou la fourniture de moyens de fraude.

    Une affaire qui intervient dans un climat de controverse

    Cette affaire survient alors que les épreuves écrites de la session principale du baccalauréat 2026 ont débuté mercredi 3 juin 2026 dans un contexte déjà marqué par des accusations de fuite de sujets et de fraude relayées sur les réseaux sociaux.

    Quelques minutes après le lancement de l’épreuve de philosophie, des publications diffusées en ligne ont affirmé que le sujet avait circulé peu après le début de l’examen. Une enseignante de philosophie, Chiraz Jaziri, a notamment publié une vidéo en direct ainsi qu’un message sur Facebook dans lesquels elle soutenait que le sujet avait commencé à circuler dès les premières minutes de l’épreuve.

    Dans une vidéo largement relayée, l’enseignante a présenté plusieurs captures d’écran et publications qu’elle considérait comme des preuves de fuite du sujet et d’utilisation d’équipements électroniques destinés à contourner les contrôles dans les centres d’examen.

    L’affaire a également ravivé le débat sur le brouillage des communications autour des centres d’examen. La députée Syrine Mrabet a critiqué cette mesure, estimant que le sujet avait malgré tout circulé, « avec preuves à l’appui ». Elle a également qualifié cette solution d’« échec », considérant qu’elle avait perturbé les usagers sans empêcher la fraude.

    La parlementaire a par ailleurs appelé à accélérer la mise en place du Conseil supérieur de l’éducation afin d’engager, selon ses termes, « une véritable réforme » du système éducatif.

    Le ministère de l’Éducation avait rappelé les sanctions prévues contre toute fraude ou tentative de fraude. Le département avait notamment insisté sur l’interdiction d’introduire téléphones portables, tablettes, écouteurs ou tout autre dispositif électronique permettant la transmission ou la réception d’informations dans les centres d’examen.

    Les autorités avaient également annoncé un renforcement des opérations visant les réseaux spécialisés dans la fraude scolaire. Fin avril 2026, Sahbi Amri, chef de service à la sous-direction de la recherche économique et financière au département de la police judiciaire, avait expliqué sur les ondes de la Radio nationale que ces réseaux fonctionnaient désormais comme de véritables organisations structurées, principalement actives sur les réseaux sociaux et proposant parfois des « packs VIP » aux candidats.

    I.N.

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