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Le cash n’est que la partie apparente de l’iceberg

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Par Houcine Ben Achour

    L’observation est devenue récurrente. Chaque mois, les médias scrutent l’évolution du volume des billets et monnaies en circulation, spéculant sur l’hypothèse d’un nouveau record de hausse, comme si cela constituait un péril imminent pour l’économie du pays. Rares sont ceux qui au préalable ont tenté de décrypter ce phénomène et éclairer l’opinion publique sur ses subtilités. Il ne s’agit pas là de remonter jusqu’à Jean-Baptiste Say, le père de la science économique, et sa « loi des débouchés », qui considérait que la monnaie n’est qu’« un voile jeté sur l’économie », postulant sa totale neutralité dans les échanges. Ni de faire étalage des théories de la monnaie à travers l’histoire économique. Il convenait juste de signifier qu’une croissance de la masse monétaire peut être vertueuse et non pas systématiquement un épouvantable fléau. Car, ce n’est pas la quantité de monnaie en soi qui compte, mais la manière dont elle est créée et utilisée dans l’économie.

    Il est d’abord tout à fait curieux que la quasi-totalité des universitaires et autres professionnels de l’économie, sollicités pour fournir une lecture ou un commentaire sur ce phénomène de création monétaire, ne se soient focalisés que sur le volume de billets et de monnaies en circulation, appelés dans le jargon économique « la monnaie fiduciaire », dans le langage commun, « le cash » et dans le vocabulaire de la Banque centrale de Tunisie (BCT) « les billets et monnaies en circulation (BMC) »

    Le cash ne représente que 20% de la masse monétaire

    En fait, le cash ne constitue que la partie apparente de l’iceberg monétaire. D’autres monnaies côtoient le cash. Les comptes courants, les comptes à termes et autres livrets d’épargne constituent de la monnaie immédiatement convertible en billets et monnaies. Il y a aussi la monnaie que représente tous les placements à travers le marché financier, eux aussi convertible en monnaie fiduciaire. Le cash ne représente que 20% de la masse monétaire globale du pays, appelée par la communauté des économistes « masse monétaire au sens large ou M3 ». C’est cet indicateur qui est généralement adopté dans l’analyse et la recherche économique. D’autant qu’il permet une mise en parallèle pertinente avec d’autres indicateurs macroéconomiques au premier desquels figure, bien évidemment, le Produit intérieur brut (PIB).

    C’est ainsi qu’il est généralement admis qu’une gestion saine de l’économie se traduit par une masse monétaire qui évolue de façon harmonieuse avec la croissance du PIB. Tout écart important entre les rythmes d’évolution des deux indicateurs est générateur de tensions. Le débat sur le cash s’est réduit à un débat sur un moyen de paiement et non sur la problématique de la masse monétaire.

    Le rôle de la BCT en question

    Au cours de ces cinq dernières années, la masse monétaire au sens large a augmenté au rythme moyen de 9,5% alors que le PIB à prix courants n’a évolué qu’autour de 7%. Par rapport à la croissance réelle, l’écart est encore plus important. La moyenne de croissance économique réelle au cours de la même période n’a été que de 2,5%. Autrement dit, on a créé beaucoup plus de monnaie que la production de richesses. Plus préoccupant, le phénomène s’est accéléré et l’écart d’évolution s’est particulièrement creusé durant 2024 et 2025.

    A ce stade, une question s’impose naturellement : a-t-on eu recours à la planche à billet ? Ce qui est sûr, c’est que cette augmentation sans précédent de la masse monétaire au sens large renvoie à une monétisation des émissions de créances d’État qui ne peut que générer des tensions inflationnistes. Et dans ces conditions, il est légitime de s’interroger sur le rôle de la BCT et de sa politique monétaire. Ses efforts pour réduire la liquidité ne semble pas donner des résultats probants. Certes, elle a réduit ses interventions sur la marché monétaire et l’enveloppe qu’elle détient en créances publiques. Cependant, les facilités qu’elle a accordé directement à l’État ont enregistré une hausse sans précédent. Le volume des créances sur l’Etat détenu par l’institut d’émission représente plus de 40% de son actif, selon le décompte de la situation comptable décadaire du 10 mai 2025 de la BCT.

    L’approche de l’autorité monétaire s’apparente à l’image du serpent qui se mord la queue, rendant illusoire sa politique de ciblage de l’inflation. A moins qu’elle ne décide d’administrer le contraire. Mais ce qu’on attend.

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    6 commentaires

    1. jamel.tazarki

      Répondre
      6 juin 2026 | 11h10

      @Mr. Ben Achour,

      votre métaphore de l’iceberg est pertinente : elle illustre parfaitement la différence entre la monnaie fiduciaire en circulation (la partie visible, les billets) et les agrégats monétaires plus larges (M1, M2, M3) qui dorment dans le système financier (la partie immergée).

      k) L’aspect positif : Le frein à l’inflation (La monnaie « glacée »)
      k1) Lorsque l’argent est stocké sous forme de comptes à terme, de livrets ou de placements financiers, il est temporairement retiré de la circulation courante.
      k1.1) Baisse de la demande globale : L’argent placé est un argent qui n’est pas dépensé immédiatement pour acheter des biens de consommation (nourriture, voitures, services).
      k2.1) Ralentissement de la vitesse de circulation : Moins d’argent pourchasse la même quantité de biens, ce qui calme mécaniquement la hausse des prix.
      K2.3) Levier des banques centrales : En augmentant les taux d’intérêt, la banque centrale encourage les agents économiques à « glacer » leur argent dans l’iceberg plutôt qu’à le transformer en billets pour le dépenser.
      —————
      k2. Le risque de voir l’investissement diminuer si l’argent reste bloqué dans l’iceberg, mais le système bancaire moderne fonctionne à l’inverse grâce au principe de la transformation financière.
      k2.1) L’épargne finance l’investissement : L’argent sur les livrets ou les comptes à terme ne reste pas immobile dans un coffre. Les banques utilisent ces dépôts comme base stable pour accorder des crédits à long terme aux entreprises et aux particuliers.
      k2.2) Le vrai risque : La thésaurisation absolue : Le véritable danger pour l’investissement n’est pas l’iceberg bancaire, mais le cash informel caché « sous le matelas ». Cet argent-là est totalement stérile et ne finance aucun projet économique.
      K3.3) Le piège de la liquidité en période de crise : Le scénario négatif se réalise en cas de panique bancaire. Si tous les épargnants décident soudainement de convertir l’iceberg (comptes) en billets (monnaie fiduciaire), le système s’effondre par manque de liquidités physiques. C’est le risque de tarissement du crédit (credit crunch).
      ——————
      k3) Pourquoi le point k2 risque de ne pas fonctionner en Tunisie ? Réponse :
      –> Pour les banques commerciales, la conjoncture actuelle (épargne bloquée et taux directeur à 8 %) représente une situation extrêmement lucrative et peu risquée.
      k3.1) Le placement sans risque auprès de l’État :
      k3..2 Les banques collectent l’épargne inactive des citoyens et des entreprises.
      k3.3) Elles utilisent ces liquidités pour acheter des Bons du Trésor Assimilables (BTA).
      k3.4) L’État tunisien rémunère ces titres à des taux très élevés, supérieurs au taux directeur.
      —————-
      k4) Le mécanisme de l’effet d’éviction (Crowding-out)
      –>Les banques commerciales tunisiennes n’ont aucun intérêt économique à prendre des risques en prêtant aux entreprises ou aux particuliers du secteur privé.
      k4.1) Le client idéal est l’État : L’État tunisien, pour couvrir son déficit budgétaire constant, émet massivement des Bons du Trésor Assimilables (BTA).
      k4.2) Rendement maximal, risque minimal : Les BTA offrent des rendements nets très élevés (souvent supérieurs à 9 ou 10 %). Pour une banque, prêter à l’État est considéré comme « sans risque » de défaut à court terme, contrairement à une PME locale.
      k4.3) Asphyxie du secteur privé : L’iceberg de l’épargne est entièrement siphonné par l’État. Les entreprises privées tunisiennes se retrouvent privées de crédits pour investir, ce qui bloque la croissance.
      k4.4)Des bénéfices records sans effort : Les banques tunisiennes affichent historiquement des bilans très profitables. Ce profit ne vient pas du financement de l’innovation ou de l’industrie, mais de la marge d’intérêt générée par le recyclage de l’épargne des citoyens en dettes de l’État.Refus de k4.5)l’intégration de l’informel : Ce confort bancaire explique aussi pourquoi les banques ne font aucun effort pour attirer le cash du secteur informel. Elles n’ont tout simplement pas besoin de ces liquidités complexes et suspectes, puisque l’épargne formelle actuelle suffit à nourrir leur business model avec l’État.

    2. "Cash in your face"...and "KcheKchou" from his Qômpromised face.

      Répondre
      6 juin 2026 | 10h40

      Milton Friedman : sauveur du Capitalisme pour le meilleur (?) et pour le pire (!!)…Libertarien ultralibéral.

      Zagafoun Dernier Qaramita qui ceint Stal’ à n en plus finir : Sauveur ImamatriKulé QômcepSion « confondant millions et milliards » diKSit himself… Régime falacieux Qôm « fell’ass ».

      Non merci. Très peu pour cet encore (?) beau pays.

      « Yezina men Qôm, Yezina fried men. »

      https://m.youtube.com/watch?v=yaS6vTjtf6M&pp=ygUfY2FzaCBpbiB5b3VyIGZhY2Ugc3RldmllIHdvbmRlcg%3D%3D

    3. jamel.tazarki

      Répondre
      6 juin 2026 | 10h32

      Introduction: y a-t-il trop ou pas assez d’argent en circulation en Tunisie ?
      –>
      Mr. Houcine Ben Achour nous donne la réponse: « Le cash n’est que la partie apparente de l’iceberg »
      –>
      De ce fait, il est fort probable que l’économie tunisienne réelle souffre d’un manque de liquidités directes, puisque nos capitaux sont gelés dans l’iceberg dont parle M. Ben Achour !
      –>
      – l’iceberg, je cite l’Aticle ci-dessus, n’est rien d’autre que « Les comptes courants, les comptes à termes et autres livrets d’épargne constituent de la monnaie immédiatement convertible en billets et monnaies. Il y a aussi la monnaie que représente tous les placements à travers le marché financier, eux aussi convertible en monnaie fiduciaire. Le cash ne représente que 20% de la masse monétaire globale du pays, appelée par la communauté des économistes « masse monétaire au sens large ou M3».
      –>
      Le risque d’une forte croissance de l’inflation reste minime tant que l’iceberg reste bloqué dans le circuit financier, car il ne se transforme pas en demande immédiate de biens et de services.
      ->
      Ceci est l’essence même de l’article de M. Ben Achour : C’est précisément le cœur du mécanisme souligné par l’expression « la partie apparente de l’iceberg » : la masse monétaire globale (l’iceberg) est géante, mais seule la monnaie en circulation active (le cash) pèse directement sur les prix au quotidien.

      – Comment s’est formé l’iceberg monétaire en Tunisie ? Réponse: La Banque Centrale de la Tunisie (BCT) a fixé des taux directeurs forts pour freiner l’inflation, ce qui a simultanément encouragé l’épargne et bloqué l’investissement.

      a) Pourquoi l’épargne inactive neutralise le risque inflationniste
      a1) Absence de vélocité de la monnaie :
      a1.1) L’inflation dépend de la vitesse à laquelle l’argent change de mains.
      a1.2) Un dinar dormant sur un compte à terme a une vélocité égale à zéro.
      a1.3) Il n’exerce aucune pression à la hausse sur les prix des produits de consommation.
      —————————
      a2) Le rôle de digue des taux d’intérêt élevés :
      a2.1) Le taux directeur de 8 % de la BCT pousse les banques à offrir des rendements attractifs sur l’épargne.
      a2.2) Ces taux incitent les agents économiques à bloquer leur argent plutôt qu’à le dépenser.
      a2.3) L’épargne est ainsi volontairement « gelée », ce qui protège temporairement l’économie d’une surchauffe.

      b) Le revers de la médaille : un blocage de l’économie réelle
      –>Si cette inactivité de l’argent limite le risque inflationniste, elle pose d’autres risques majeurs pour la Tunisie.
      b1) La paralysie de l’investissement privé :
      b1.1) L’argent placé sur les marchés financiers ou en comptes à terme ne finance pas de projets productifs.
      b1.2) Les entreprises manquent de capitaux frais pour moderniser leurs outils de production.
      ———————-
      b2) L’assèchement des crédits aux particuliers :
      b2.1) Les banques préfèrent prêter l’épargne collectée à l’État (via les bons du Trésor) car c’est un placement sûr à fort rendement.
      b2.2) Les ménages peinent à obtenir des crédits à la consommation ou immobiliers.
      ————————
      b3) Le risque de « bombe à retardement » :
      b3.1) Si la confiance dans la monnaie ou le système bancaire s’effrite, les épargnants peuvent vouloir retirer massivement leurs fonds.
      b3.2) Une reconversion soudaine de cette épargne en cash ou en devises étrangères provoquerait une inflation incontrôlable.

      c) Comment les banques tunisiennes profitent de cette épargne inactive (de l’iceberg)
      –> Pour les banques commerciales, la conjoncture actuelle (épargne bloquée et taux directeur à 8 %) représente une situation extrêmement lucrative et peu risquée.
      C1) Le placement sans risque auprès de l’État :
      c1.1) Les banques collectent l’épargne inactive des citoyens et des entreprises.
      c1.2) Elles utilisent ces liquidités pour acheter des Bons du Trésor Assimilables (BTA).
      c1.3) L’État tunisien rémunère ces titres à des taux très élevés, supérieurs au taux directeur.
      ————————–
      C2) La maximisation des marges d’intérêt :
      C2.1) Les comptes courants ne rapportent rien aux déposants mais servent de ressource gratuite pour la banque.
      C2.2) Les comptes à terme et livrets d’épargne sont rémunérés à des taux inférieurs au rendement des BTA.
      C2.3) La banque empoche la différence (la marge) entre le coût des dépôts et le rendement de la dette publique.
      —————————–
      C4) L’évitement du risque de l’économie réelle :
      C4.1) Financer l’État est plus sûr et plus rentable que de prêter aux entreprises ou aux particuliers.
      C4.2) Les banques réduisent donc l’octroi de crédits à l’économie réelle, s’épargnant ainsi la gestion des impayés.

      d) Les conséquences d’une baisse du taux directeur par la BCT
      –> Une baisse du taux directeur par la Banque centrale de Tunisie (BCT) briserait l’équilibre précaire actuel et déclencherait plusieurs effets en chaîne.
      d1) Le réveil de l’iceberg (Le risque inflationniste) :
      d1.1) Si les taux baissent, l’épargne devient moins attractive et ne compense plus la perte de valeur due à l’inflation.
      d1.2) Les épargnants pourraient retirer massivement leurs fonds pour les injecter dans l’économie réelle.
      d1.3) Cet argent achètera des biens de consommation, de l’immobilier ou des devises sur le marché noir.
      d1.4)Résultat : L’argent inactif redevient actif, ce qui provoque une hausse immédiate et violente de l’inflation.
      ——————————–
      d2) Le dilemme du financement de l’État :
      d2.1) Une baisse des taux réduirait le coût de la dette pour le Trésor public.
      d2.2) Cependant, les banques tunisiennes pourraient devenir réticentes à prêter à l’État si le rendement offert devient minime.
      ———————————-
      d3) L’impact théorique sur la croissance :
      d3.1) En principe, des taux plus bas rendent le crédit moins cher pour le secteur privé.
      d2.2) Cela devrait stimuler l’investissement des PME et la consommation des ménages.
      d2.3) Dans le contexte tunisien actuel, le manque de confiance politique et économique limite souvent la portée de ce levier.

      e) Impact d’une baisse des taux sur le Dinar tunisien (TND)
      –>Une baisse du taux directeur par la BCT affaiblirait mécaniquement la monnaie nationale face à l’Euro et au Dollar à travers trois canaux principaux.
      e1) La fuite vers les devises refuges :
      e1.1) La baisse des rendements en Dinars décourage les épargnants locaux.
      e1.2) Pour protéger leur pouvoir d’achat, ils cherchent à convertir leurs capitaux.
      e1.3) La demande d’Euros et de Dollars explose sur le marché (officiel et parallèle).
      e1.4) Résultat : Le cours du Dinar chute face aux monnaies étrangères.
      ———————————
      e2) L’aggravation du déficit commercial :
      e2.1) Des taux plus bas facilitent l’accès aux crédits à la consommation.
      e2.2) La Tunisie important une grande part de ses biens (énergies, céréales, technologies).
      e2.3) La consommation de ces produits importés augmente, ce qui nécessite de sortir des devises.
      e2.4) Le stock de réserves de change s’épuise, accentuant la dépréciation du Dinar.
      ———————–
      e3) Le désintérêt des Tunisiens Résidents à l’Étranger (TRE) :
      –>Les transferts des TRE sont une source vitale de devises pour le pays.
      e3.1) Des taux d’intérêt bas réduisent l’attractivité des comptes d’épargne en Tunisie.
      e3.2) Les TRE préfèrent alors conserver leurs capitaux en Europe ou aux États-Unis.

      e4) Le cercle vicieux de la dépréciation du Dinar : Si le Dinar baisse, le coût des importations augmente automatiquement. Cela crée une « inflation importée » qui annulerait l’effet recherché par la baisse des taux, obligeant la BCT à intervenir à nouveau.

    4. jamel.tazarki

      Répondre
      6 juin 2026 | 10h30

      f) Les solutions alternatives pour relancer l’économie (sans toucher aux taux)
      –> Pour réveiller l’épargne inactive et stimuler l’économie sans modifier le taux directeur, plusieurs réformes structurelles majeures sont envisagées par les analystes et le gouvernement.
      f1) L’adoption du nouveau Code des changes :
      f1.1) Cette réforme capitale vise à libéraliser progressivement les transactions en devises.
      f1.2) Elle facilite l’ouverture de comptes en devises pour les entreprises et les start-ups.
      f1.3) Elle encourage l’intégration des capitaux de la diaspora et attire l’investissement direct étranger (IDE).
      ——————————————
      f2) L’intégration du secteur informel (La lutte contre le cash) :
      f2.1) Les billets et monnaies en circulation atteignent près de 29,5 milliards de dinars.
      f2.2) Une amnistie fiscale ciblée ou une dématérialisation forcée des paiements pousserait ce cash à réintégrer le circuit bancaire.
      f2.3) Les banques disposeraient alors de dépôts stables pour prêter aux entreprises privées sans dépendre de la BCT.
      ————————–
      f3) La transition vers le financement de projets de partenariats public-privé (PPP) :
      f3.1) Au lieu de prêter à l’État pour payer des salaires, les banques peuvent cofinancer des infrastructures (énergies renouvelables, ports, logistique).
      f3.2) Les grands projets industriels (comme l’automobile ou l’aéronautique, en forte expansion) créent de la croissance réelle sans générer d’inflation.
      ————————-
      f4) La réduction du déficit budgétaire par la rationalisation des dépenses :
      f4.1) Une restructuration des entreprises publiques déficitaires allégerait la pression sur le Trésor public.
      F4.2) Moins l’État a besoin d’emprunter, plus les banques commerciales sont forcées de réorienter leurs crédits vers les PME.

      g) comment une amnistie fiscale ciblée ou une dématérialisation forcée des paiements pousserait le cash en circulation du secteur informel à réintégrer le circuit bancaire.
      –> Une amnistie fiscale ciblée et une dématérialisation forcée des paiements attaquent l’argent liquide de l’économie informelle par deux leviers opposés : la carotte (l’incitation) et le bâton (la contrainte).
      g1) L’amnistie fiscale ciblée : Le levier de l’incitation (La carotte)
      –>L’amnistie fiscale permet aux détenteurs de cash informel de régulariser leur situation sans subir les sanctions habituelles.]
      g1.1) Suppression des sanctions : L’État garantit l’absence de poursuites pénales et supprime les pénalités de retard.
      g1.2) Taux d’imposition réduit : L’argent caché est taxé à un taux très faible lors de son dépôt en banque.
      g1.3) Blanchiment légal : Les fonds informels deviennent instantanément légaux et utilisables dans l’économie réelle.
      g1.4) Sécurité des fonds : Stocker de grosses sommes en liquide comporte un risque de vol ou de dégradation ; la banque offre une sécurité physique.
      g1.5) Accès aux investissements : Une fois bancarisé, cet argent peut être investi dans l’immobilier, la bourse ou des projets industriels légitimes.
      —————————–
      g2) La dématérialisation forcée : Le levier de la contrainte (Le bâton)
      –> La dématérialisation forcée rend l’usage du cash difficile, coûteux, voire impossible au quotidien.
      g2.1) Plafond des paiements en espèces : Interdiction légale de payer en cash au-delà d’un certain montant (ex: maximum 1 000 €).
      g2.2) Obligation d’équipement : Les commerçants sont forcés d’accepter les cartes bancaires ou les paiements mobiles sous peine d’amende.
      g2.3) Asphyxie de l’utilité du cash : Le détenteur de cash ne peut plus acheter de biens de valeur (voitures, biens immobiliers) sans passer par une banque.
      g2.4) Démonétisation (Option radicale) : L’État peut annuler brusquement la valeur des gros billets, forçant les gens à les échanger d’un coup à la banque contre justification.
      g2.5) Coût de détention élevé : Acheter des biens du quotidien en petites coupures devient suspect et attire l’attention des autorités fiscales.

      h) La solution la plus efficace contre le cash en circulation du secteur informel est la dématérialisation par les paiements numériques, car elle transforme structurellement l’économie, contrairement à une amnistie qui n’est qu’un coup de filet ponctuel.

      h1) . L’effet de réseau obligatoire (L’engrenage)
      –> La digitalisation crée un cercle vertueux où tout le monde est poussé à suivre le mouvement.
      h1.1) Pression des clients : Si les consommateurs préfèrent payer par smartphone ou carte pour la simplicité ou la sécurité, le commerçant informel perd ses clients s’il n’est pas équipé.
      h1.2) Pression des fournisseurs : Les grands fournisseurs exigent souvent des virements traçables. Un grossiste informel doit alors ouvrir un compte bancaire pour continuer à s’approvisionner.
      ————————
      h2) Les bénéfices indirects : La « carotte » du numérique
      –> Pour que la digitalisation forcée fonctionne, l’État et les banques rendent souvent le circuit numérique plus attractif que le cash.
      h2.1) Accès au crédit : Dans l’informel, obtenir un prêt est impossible. Avec les paiements numériques, l’historique des transactions sert de preuve de solvabilité pour obtenir un crédit bancaire et développer son activité.
      h2.2) Programmes de fidélité et « Cashback » : Les États (comme en Corée du Sud ou en Argentine) offrent des réductions de TVA ou des remboursements aux clients qui payent par carte, ce qui pousse les consommateurs à boycotter les commerces « 100% cash ».
      ————————–
      h3) Le modèle du « Mobile Money » (L’exemple du Kenya)
      –> L’Afrique de l’Est, et particulièrement le Kenya avec M-Pesa, a prouvé que la digitalisation pouvait absorber l’informel sans passer par les banques traditionnelles.
      h3.1) Pas besoin de compte bancaire : Le téléphone portable devient le portefeuille.
      h3.2) Résultat : En rendant le transfert d’argent par téléphone instantané et sécurisé, des millions de micro-entrepreneurs informels ont intégré un circuit financier numérique. L’État a ensuite pu connecter le système de taxes à ces portefeuilles mobiles pour formaliser l’économie en douceur.

      Dr. Jamel Tazarki
      Mathématicien

    5. le financier

      Répondre
      5 juin 2026 | 13h23

      vous dites  » Autrement dit, on a créé beaucoup plus de monnaie que la production de richesses. Plus préoccupant, le phénomène s’est accéléré et l’écart d’évolution s’est particulièrement creusé durant 2024 et 2025.  »

      donc cela s appelle l effet de levier , combien de % de dette pour cree 1% de croissance , en general ca finit mal et ca va mal finir

      vous dites  » il est légitime de s’interroger sur le rôle de la BCT et de sa politique monétaire. Ses efforts pour réduire la liquidité ne semble pas donner des résultats probants. Certes, elle a réduit ses interventions sur la marché monétaire et l’enveloppe qu’elle détient en créances publiques  »

      mais en meme tps vous donnez la reponse  » es facilités qu’elle a accordé directement à l’État ont enregistré une hausse sans précédent. Le volume des créances sur l’Etat détenu par l’institut d’émission représente plus de 40% de son actif  »

      mais votre conclusion est fausse , la responsabilit2 n est pas du cot2 de la BCT qui fait son travail de combattre l inflation mais du cot2 du president et du gouvernement qui n arrive pas a equilibr2 un budget .
      Je vous conseille la lecture de Friedman qui a prouv2 que c est les budget en deficit depuis plusieurs ann2es qui cree l inflation , detruit la croissance a long terme en detruisant les investissement present et j en passe . c est que je n arrete pas d ecrire bien avant l arriv2 des IA

    Répondre

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