L’Assemblée des représentants du peuple (ARP) examinera, le 23 juin 2026, plusieurs demandes de levée de l’immunité parlementaire visant des députés. La décision a été prise jeudi 4 juin lors de la réunion du bureau de l’Assemblée présidée par Ibrahim Bouderbala.
La séance se tiendra à huis clos, conformément aux dispositions encadrant les procédures relatives à l’immunité parlementaire. Les élus concernés pourront présenter leurs observations avant que l’Assemblée ne se prononce sur les demandes formulées par les autorités judiciaires.
Le bureau du Parlement n’a pas précisé le nombre de députés visés ni la nature des affaires concernées. Selon des informations recueillies par Business News, plusieurs demandes sont actuellement en attente d’examen, dont certaines ont été transmises à l’Assemblée depuis plusieurs mois.
Au-delà de son aspect procédural, la séance du 23 juin s’inscrit dans un contexte politique particulièrement sensible. Depuis plusieurs mois, des voix proches du pouvoir exécutif plaident pour un traitement rapide des demandes de levée de l’immunité visant certains députés. Chaque nouvelle procédure judiciaire impliquant un élu est ainsi saluée par une partie des soutiens du régime, qui y voient une illustration de la lutte contre l’impunité.
Selon plusieurs sources, des pressions croissantes s’exerceraient afin que les dossiers en attente soient examinés sans délai. Une situation qui place l’Assemblée dans une position délicate : démontrer qu’elle ne cherche pas à protéger les députés concernés tout en évitant de donner l’image d’une institution cédant aux attentes du pouvoir.
Cette situation tranche avec les pratiques observées sous les précédentes législatures. Sous l’Assemblée élue en 2019, plusieurs demandes similaires étaient restées sans suite durant de longues périodes, alimentant les critiques sur l’utilisation de l’immunité parlementaire comme mécanisme de protection contre les poursuites judiciaires.
Derrière la question juridique de l’immunité parlementaire se dessine ainsi un rapport de force plus politique, où se croisent impératifs judiciaires, équilibres institutionnels et démonstrations de loyauté envers le pouvoir en place. Dans ce contexte, la séance du 23 juin sera suivie de près, tant pour ses conséquences judiciaires que pour ce qu’elle pourrait révéler de l’état des relations entre les différentes institutions de l’État.
S.H










