L’ancien député Majdi Karbai a mis en garde, samedi 6 juin 2026, contre les conséquences des nouvelles orientations européennes en matière de migration, estimant que les ressortissants tunisiens continueront à figurer parmi les populations visées par les procédures de retour et d’expulsion prévues par plusieurs États membres de l’Union européenne.
Dans une publication diffusée sur sa page Facebook, l’ancien parlementaire affirme que les nouvelles politiques migratoires européennes, ainsi que certains projets législatifs portés notamment par le gouvernement italien, prévoient un renforcement significatif des mécanismes de contrôle aux frontières et des procédures de réadmission.
Selon lui, les mesures envisagées ne concerneraient plus uniquement les migrants isolés. Elles pourraient également toucher les mineurs et les familles, en particulier dans les pays considérés comme « sûrs » par plusieurs États européens, à l’instar de la Tunisie.

Des centres frontaliers et des expulsions facilitées
Majdi Karbai souligne que les nouvelles règles actuellement discutées en Europe s’accompagnent d’un durcissement des conditions d’accueil dans les zones d’arrivée. Il évoque notamment la possibilité de périodes de rétention pouvant atteindre vingt-quatre mois dans certains centres frontaliers avant l’exécution des décisions d’expulsion.
À ses yeux, l’idée selon laquelle l’arrivée sur le sol européen ouvrirait automatiquement la voie à une régularisation ou à une installation durable ne correspond plus à la réalité des politiques migratoires actuellement mises en place.
L’ancien député relève également qu’une partie de l’opinion publique européenne soutient des politiques plus restrictives en matière d’immigration et que plusieurs gouvernements affichent désormais leur volonté de renforcer les contrôles tout en limitant davantage les possibilités de séjour pour les migrants en situation irrégulière.
Une évolution qui s’inscrit dans un partenariat migratoire renforcé
Cette prise de position intervient quelques jours après une autre publication dans laquelle Majdi Karbai avait révélé l’approbation par le Parlement italien d’une nouvelle mission de la Guardia di Finanza en Tunisie destinée à renforcer la coopération avec la Garde nationale maritime tunisienne.
S’appuyant sur des documents parlementaires italiens, il avait indiqué que cette mission comprendrait des activités de formation, d’assistance technique et de soutien logistique dans le domaine de la surveillance maritime et de la gestion des frontières.
L’ancien élu avait également souligné que les détails de cette coopération avaient été rendus publics par les institutions italiennes alors qu’aucune communication officielle détaillée n’avait été effectuée en Tunisie, estimant que cette situation soulevait des questions de transparence et de contrôle démocratique.
À travers sa nouvelle publication, Majdi Karbai élargit ainsi le débat au devenir des migrants tunisiens en Europe et aux conséquences concrètes des réformes migratoires en cours, dans un contexte marqué par le renforcement de la coopération entre plusieurs pays européens et les États de départ ou de transit.
M.B.Z










