L’histoire des Aigles de Carthage en Coupe du Monde de la FIFA est une fresque gravée dans le football africain. Entre coups d’éclat mémorables, rendez-vous manqués et une quête obstinée pour franchir le premier tour, la Tunisie s’est imposée comme une valeur sûre du continent. Alors que l’édition 2026 s’ouvre en Amérique du Nord, retour sur les chapitres qui ont forgé la légende de cette sélection.
Chapitre I (1978) : Les pionniers de Rosario
L’épopée commence par un coup de tonnerre. En Argentine, la Tunisie ne participe qu’à sa toute première phase finale, mais elle va changer à jamais la perception du football africain.
Menée par le génie de Tarak Dhiab et la fougue de Témime Lahzami, la sélection tunisienne affronte le Mexique le 2 juin 1978. Menés à la pause, les Aigles renversent magistralement la rencontre pour s’imposer 3-1 (buts de Kaabi, Ghommidh et Dhouib). C’est la première victoire de l’histoire d’une nation africaine en phase finale de Coupe du Monde. En tenant tête à la légendaire RFA (0-0) lors du dernier match, la Tunisie quitte la compétition avec les honneurs et force la FIFA à revoir à la hausse le nombre de places attribuées à l’Afrique.
Chapitre II (1998 – 2006) : La trilogie de la régularité
Après une traversée du désert de vingt ans, la Tunisie effectue son grand retour en France en 1998. C’est le début d’une période de domination continentale qui verra les Aigles enchaîner trois qualifications consécutives (1998, 2002, 2006), couronnée par un titre de champion d’Afrique en 2004.
Si la Tunisie brille par sa régularité pour s’inviter à la table des grands, elle se heurte à un plafond de verre en phase finale. Malgré des effectifs de talent (Hathem Trabelsi, Ziad Jaziri, Radhi Jaïdi), l’équipe concède des revers frustrants et doit se contenter de matchs nuls courageux contre la Roumanie (1-1 en 1998), la Belgique (1-1 en 2002) ou l’Arabie Saoudite (2-2 en 2006), sans parvenir à décrocher ce deuxième succès historique.
Chapitre III (2018 – 2022) : Le réveil des géants et l’éclat de Doha
Après douze ans d’absence, la Tunisie retrouve la lumière en 2018 en Russie. Dans un groupe relevé, les hommes de Nabil Maâloul subissent la loi de l’Angleterre et de la Belgique, mais finissent en beauté en battant le Panama (2-1). Quarante ans après Rosario, la Tunisie regoûte enfin à la victoire au Mondial grâce à des buts de Fakhreddine Ben Youssef et Wahbi Khazri.
Quatre ans plus tard, au Qatar (2022), la Tunisie écrit l’une des pages les plus dramatiques et glorieuses de son histoire. Solides face au Danemark (0-0) mais piégés par l’Australie (0-1), les Aigles réalisent l’impossible lors du dernier match de poule : terrasser la France (1-0), championne du monde en titre, sur un exploit solitaire de leur capitaine Wahbi Khazri. Une victoire de prestige immense, ternie seulement par une élimination cruelle d’un petit point pour les huitièmes de finale.
L’Épilogue en construction : Le défi de 2026
Forte de ce passé riche en émotions, la Tunisie aborde sa 7e phase finale en 2026 sous la direction de Sabri Lamouchi. Tombés dans un Groupe F particulièrement ouvert aux côtés de la Suède, du Japon et des Pays-Bas, les coéquipiers d’Ellyes Skhiri et Montassar Talbi n’ont qu’une seule idée en tête : honorer l’héritage de 1978 et signer, enfin, le premier passage de l’histoire tunisienne au second tour.










