Face à une consommation de tabac et de cigarettes électroniques qui touche des jeunes de plus en plus tôt, le directeur du Programme national de lutte contre le tabagisme au ministère de la Santé, Fayçal Samaali, a appelé, lundi 8 juin 2026, à un renforcement du cadre juridique et des politiques de prévention.
Invité de Mosaïque FM, il a estimé qu’il était désormais indispensable de mettre en place un « encadrement légal clair et strict » afin de limiter les dérives observées sur le marché des produits du tabac. Selon lui, la législation actuelle, dont certaines dispositions remontent à 1998, n’est plus adaptée aux nouvelles formes de consommation qui se développent, notamment chez les mineurs.
Des lois jugées insuffisantes face aux nouvelles habitudes de consommation
Pour le responsable, l’un des défis majeurs consiste à mieux faire respecter l’interdiction de vente de produits du tabac aux moins de 18 ans et à renforcer le contrôle des circuits de distribution, y compris pour les cigarettes électroniques.
Ces dernières connaissent un essor important auprès des adolescents. Leur facilité d’accès, associée à l’absence d’odeur caractéristique du tabac traditionnel, contribue selon lui à banaliser leur usage et à donner l’impression, à tort, qu’elles présentent moins de risques.
Fayçal Samaali a également plaidé pour une révision des textes juridiques afin de renforcer les dispositifs de prévention et d’encadrement dans les lieux publics et les établissements éducatifs. Il a regretté que certaines dispositions existantes, notamment celles relatives à l’interdiction de fumer dans les espaces collectifs, restent encore insuffisamment appliquées.
Sur le plan sanitaire, il a rappelé le lourd tribut payé en matière de santé publique. S’appuyant sur des études nationales et internationales, il a souligné que le tabagisme est à l’origine d’un nombre important de décès liés notamment aux maladies cardiovasculaires. Des milliers de morts seraient ainsi enregistrées chaque année en raison de pathologies cardiaques et cérébrales associées à la consommation de tabac.
Sensibilisation, école et familles : une mobilisation jugée indispensable
Au-delà du volet législatif, le directeur du Programme national de lutte contre le tabagisme a insisté sur l’importance de renforcer les campagnes de sensibilisation destinées aux jeunes afin de prévenir l’entrée précoce dans le tabagisme. Il a particulièrement mis en garde contre la normalisation progressive de la cigarette électronique chez les adolescents.
Il a également appelé les familles à jouer un rôle plus actif dans la prévention. Selon lui, les parents constituent la première ligne de défense contre les comportements addictifs et doivent être davantage impliqués dans la sensibilisation de leurs enfants aux dangers du tabac.
Le responsable a enfin plaidé pour l’intégration de l’éducation à la santé dans les programmes scolaires à tous les niveaux, de l’enseignement primaire jusqu’à l’université. L’objectif est de développer chez les jeunes ce qu’il qualifie d’« immunité comportementale » face aux conduites à risque.
Pour Fayçal Samaali, la lutte contre le tabagisme ne pourra produire des résultats durables qu’à travers une approche globale associant l’État, les établissements éducatifs et les familles, afin de réduire l’exposition des jeunes aux produits du tabac et de freiner l’expansion des nouvelles formes de consommation.
N.J










