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Théâtre Sidi Dhaher : la polémique du mur blanchi, entre emballement des réseaux et question patrimoniale

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Par Nadya Jennene

    Une photo, quelques coups de pinceau et une avalanche de réactions. À Sousse, un cliché montrant un mur du théâtre Sidi Dhaher fraîchement recouvert d’une couche de chaux blanche a déclenché une véritable tempête sur les réseaux sociaux.

    Partagée massivement sur Facebook, l’image a rapidement suscité l’indignation. De nombreux internautes ont cru voir un élément du patrimoine historique de la ville défiguré, dénonçant une atteinte à la médina et à ses monuments. Certains ont même pointé du doigt les autorités locales, accusées de négligence envers l’héritage architectural de la cité.

    Face à l’ampleur de la polémique, le secrétaire général de la municipalité de Sousse, Mourad Ben Salem, a tenu à remettre les pendules à l’heure.

    Selon lui, le mur en question n’a rien à voir avec les remparts historiques de la médina. Il ne figure sur aucune liste de monuments ou de sites archéologiques classés et aurait été construit dans les années 1990, bien après les murailles qui font la renommée de la ville.

    « Le mur du théâtre Sidi Dhaher n’est pas inscrit parmi les monuments ou sites archéologiques classés », a-t-il précisé.

    Le responsable municipal a également écarté toute implication de la municipalité dans les travaux ayant suscité la controverse. D’après ses déclarations, les services municipaux ne sont pas intervenus sur ce mur depuis plus de trois ans.

    Un mur récent, mais un lieu chargé d’histoire

    Pour autant, le démenti municipal ne clôt pas totalement le débat.

    Car si le mur concerné n’est ni classé ni historique, il se trouve dans l’enceinte d’un lieu qui, lui, occupe une place particulière dans la mémoire culturelle tunisienne. Le théâtre Sidi Dhaher n’est pas une salle quelconque : il est considéré comme le plus ancien théâtre de Tunisie encore en activité, plus ancien même que le Théâtre de Carthage.

    Dès lors, plusieurs observateurs estiment que la question ne se limite pas au statut juridique du mur. Au-delà du classement patrimonial, se pose celle du respect de l’identité visuelle et historique d’un site emblématique. Une intervention réalisée sans réflexion esthétique ou patrimoniale peut légitimement susciter des interrogations, même lorsqu’elle concerne une structure récente.

    Cette affaire illustre ainsi la sensibilité croissante des Tunisiens aux questions de patrimoine. Si l’émotion suscitée par la photographie reposait en partie sur une erreur concernant la nature du mur, elle traduit également une vigilance citoyenne de plus en plus forte face à tout ce qui touche aux symboles historiques et culturels des villes tunisiennes.

    Et si le mur blanchi n’était finalement pas un monument historique, le débat qu’il a provoqué rappelle qu’en matière de patrimoine, la question ne se résume pas toujours à ce qui est classé ou ne l’est pas.

    N.J

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