La commission des finances du Conseil national des régions et des districts s’apprête à ouvrir plusieurs dossiers économiques sensibles au cours des prochaines semaines. Son président, Slim Salem, a annoncé mardi 9 juin 2026 une série de séances d’audition destinées à évaluer l’application de la Loi de finances 2026 et à faire le point sur plusieurs secteurs confrontés à des difficultés persistantes.
Invité de l’émission Expresso sur Express FM, le député a expliqué que la commission avait arrêté, lors de sa réunion du 4 juin, son programme de travail pour les mois de juin et juillet. Cette feuille de route tient compte à la fois de l’évolution de la conjoncture économique nationale et des incertitudes liées à la situation régionale et internationale.
Pêche, phosphates et réconciliation pénale
Parmi les premiers dossiers inscrits à l’ordre du jour figure celui de la pêche maritime. La commission prévoit d’entendre les représentants de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche afin d’examiner les difficultés rencontrées par les professionnels du secteur, notamment les retards dans le versement des indemnisations liées au Fonds des calamités naturelles et au Fonds de repos biologique.
Des auditions sont également prévues avec des représentants des ministères de l’Agriculture et des Finances afin d’identifier les solutions envisageables et d’évaluer l’état d’avancement des engagements pris par les pouvoirs publics.
La commission organisera par ailleurs une séance conjointe avec la commission des secteurs productifs consacrée au secteur des phosphates. Les responsables de la Compagnie des phosphates de Gafsa et du Groupe chimique tunisien seront invités à présenter leur vision de la situation actuelle ainsi que les pistes de réforme susceptibles de relancer une activité considérée comme stratégique pour l’économie nationale.
Les travaux porteront aussi sur le dossier de la réconciliation pénale. Une audition des responsables de la commission concernée doit permettre de faire le point sur l’avancement des procédures engagées dans les affaires économiques et financières ayant causé un préjudice à l’État.
La loi de finances au cœur des interrogations
Selon Slim Salem, plusieurs séances seront consacrées au suivi de l’exécution de la loi de finances durant le premier semestre 2026. L’objectif est d’obtenir des réponses précises sur les difficultés rencontrées dans l’application de certains dispositifs et sur l’état réel des finances publiques.
Le député a notamment évoqué plusieurs mesures qui continuent d’alimenter les débats, à l’instar du programme « une voiture pour chaque famille », du dispositif destiné aux demandeurs d’emploi de longue durée ou encore des plateformes numériques prévues dans le domaine de l’emploi.
« Nous voulons connaître les échéances de publication des textes d’application et disposer d’informations claires sur la mise en œuvre effective de ces mesures », a-t-il indiqué.
Des questions sur les équilibres budgétaires
Le président de la commission a également souligné la nécessité d’évaluer l’impact des évolutions internationales sur les finances publiques tunisiennes.
Il a rappelé que la Loi de finances 2026 avait été élaborée sur la base d’un prix de référence du pétrole fixé à environ 63 dollars le baril, alors que les cours enregistrent aujourd’hui des niveaux plus élevés.
Sans considérer qu’un projet de Loi de finances complémentaire soit actuellement à l’ordre du jour, Slim Salem estime que ces évolutions soulèvent des interrogations légitimes auxquelles le gouvernement devra répondre afin de rassurer les citoyens sur la solidité des équilibres financiers de l’État.
Le plan de développement attendu
Au-delà du suivi budgétaire, la commission entend également se pencher sur la préparation du plan de développement 2026-2029. Des auditions avec le ministère de l’Économie et de la Planification sont envisagées afin de connaître le calendrier de son examen ainsi que ses principales orientations.
Slim Salem a toutefois reconnu que la programmation des séances restait parfois tributaire de la disponibilité des représentants du pouvoir exécutif, actuellement mobilisés sur plusieurs chantiers majeurs, dont la préparation de la loi de finances 2027, l’élaboration du plan de développement et la poursuite de l’exécution du budget en cours.
Le député a enfin appelé les différents ministères et organismes concernés à répondre aux convocations du Conseil national des régions et des districts afin de permettre un suivi plus efficace des politiques publiques et une meilleure transparence sur la gestion des finances de l’État.
M.B.Z










