Les relations économiques entre Tunis et Le Caire pourraient bientôt changer de dimension. En visite en Tunisie, le président du Conseil égyptien pour la coopération internationale, Moataz Raslan, a annoncé la création prochaine d’un Conseil d’affaires tuniso-égyptien, une nouvelle structure destinée à dynamiser les échanges commerciaux entre les deux pays et à ouvrir davantage les portes des marchés africains aux entreprises tunisiennes et égyptiennes.
Un mémorandum d’entente tourné vers l’Afrique
S’exprimant au micro de Diwan FM, Moataz Raslan a indiqué que sa visite intervient à l’invitation du Centre africain d’excellence pour les marchés inclusifs.
Ce déplacement s’inscrit dans le cadre de la signature d’un mémorandum d’entente visant à renforcer les échanges commerciaux entre l’Égypte et les pays du continent africain. Au-delà des déclarations d’intention, l’objectif est de créer de nouvelles opportunités d’affaires, de favoriser les investissements et d’encourager les partenariats entre opérateurs économiques africains.
Rapprocher les milieux d’affaires des deux rives
Pour le responsable égyptien, l’un des principaux défis consiste à améliorer la communication entre les communautés d’affaires tunisienne et égyptienne.
Les différentes rencontres prévues en Tunisie doivent justement permettre de bâtir des passerelles plus efficaces entre les entreprises des deux pays et de faciliter l’émergence de projets communs. Selon lui, le contexte actuel offre une fenêtre d’opportunité favorable pour relancer une coopération économique qui demeure en deçà de son potentiel.
Moataz Raslan estime ainsi qu’il est temps de transformer les liens historiques et politiques entre Tunis et Le Caire en partenariats économiques concrets, durables et créateurs de valeur.
Un Conseil d’affaires pour passer à la vitesse supérieure
L’annonce phare de cette visite reste sans conteste la future création d’un Conseil d’affaires tuniso-égyptien.
Cette structure aura pour mission de servir de plateforme permanente de dialogue entre les entreprises des deux pays, de faciliter les contacts entre investisseurs et d’identifier de nouvelles pistes de coopération dans différents secteurs économiques.
L’ambition affichée est claire : permettre aux entreprises tunisiennes et égyptiennes de travailler davantage ensemble et de développer une stratégie commune pour accéder aux marchés africains, alors que l’intégration économique du continent s’accélère progressivement.
Une mission économique en Égypte dans les cartons
Moataz Raslan a également révélé avoir adressé une invitation officielle à un ministre tunisien ainsi qu’à une délégation d’hommes d’affaires tunisiens afin d’effectuer prochainement une visite en Égypte.
Cette mission économique devrait offrir l’occasion d’explorer de nouvelles opportunités d’investissement et de partenariat dans plusieurs secteurs stratégiques, tout en renforçant les contacts directs entre les opérateurs économiques des deux pays.
L’Afrique au cœur de la stratégie commune
Au-delà du simple renforcement des échanges bilatéraux, Tunis et Le Caire semblent vouloir inscrire leur coopération dans une vision plus large, tournée vers le continent africain.
La création d’un Conseil d’affaires conjoint s’inscrit dans cette logique : mutualiser les compétences, développer des synergies entre entreprises et mieux profiter du potentiel offert par les marchés africains, aujourd’hui parmi les plus prometteurs au monde.
Reste désormais à transformer cette dynamique institutionnelle en réalisations concrètes. Car pour la Tunisie comme pour l’Égypte, le véritable défi sera de convertir les intentions affichées en projets, investissements et échanges capables de générer une croissance durable et de nouvelles opportunités économiques.
Un rapprochement économique porté par une convergence politique
Cette volonté de renforcer les échanges économiques intervient dans un contexte de rapprochement plus large entre Tunis et Le Caire. Ces dernières années, les relations entre la Tunisie et l’Égypte se sont consolidées à plusieurs niveaux, aussi bien sur le plan diplomatique que politique.
Les présidents Kaïs Saïed et Abdel Fattah al-Sissi entretiennent des relations cordiales et affichent régulièrement leur volonté de renforcer la coopération entre leurs pays. Les échanges de visites officielles et les consultations bilatérales se sont multipliés, avec un discours commun mettant en avant la souveraineté nationale, la stabilité des institutions et le développement économique.
Dans ce contexte, le projet de Conseil d’affaires tuniso-égyptien apparaît comme la traduction économique d’un rapprochement politique déjà engagé. Au-delà des opportunités commerciales, il témoigne de la volonté des deux capitales de donner une nouvelle profondeur à leurs relations et de construire des partenariats plus structurés, notamment en direction du marché africain.
S.H










