Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Autiste, étudiant et détenu : Mohamed Khalil Tlili sort de prison en attendant son procès

Article réservé aux abonnés

Écouter cet article

0:00 0:00

Par Sarra Hlaoui

    Après plusieurs jours passés derrière les barreaux, Mohamed Khalil Tlili a quitté ce mercredi 10 juin la prison de Mornaguia. Le jeune homme, atteint d’un trouble du spectre de l’autisme, était détenu dans le cadre d’une affaire liée à une ancienne publication Facebook remontant à 2018, lorsqu’il n’avait que 14 ans. L’annonce de sa remise en liberté a été faite par l’association juridique Legal Agenda Tunis.

    Cette décision intervient à l’issue d’une audience au cours de laquelle le tribunal a ordonné sa libération tout en reportant l’examen du dossier au 8 juillet prochain.

    Une publication vieille de huit ans au cœur de l’affaire

    Selon son avocat, Samir Ben Amor, les poursuites concernent une publication que Mohamed Khalil Tlili est soupçonné d’avoir partagée sur son compte Facebook personnel lorsqu’il était adolescent. Le contenu incriminé serait une chanson satirique comportant des critiques à l’égard de la police.

    Face au tribunal, le jeune homme a nié être l’auteur de cette publication. Son avocat a également souligné que les enquêteurs n’avaient jamais procédé à un constat direct du contenu au moment de l’ouverture de la procédure, un élément que la défense considère comme essentiel.

    Les examens scolaires et son état de santé invoqués

    Au cours de l’audience, les avocats ont insisté sur plusieurs éléments pour demander sa remise en liberté. Ils ont notamment évoqué la proximité des examens scolaires ainsi que la situation personnelle du jeune homme, atteint d’un trouble du spectre de l’autisme.

    Ces arguments ont finalement été retenus par le tribunal, qui a décidé de le laisser comparaître libre dans l’attente de la prochaine audience.

    Une qualification antiterroriste qui fait débat

    L’affaire suscite également des interrogations en raison de la qualification juridique retenue. Mohamed Khalil Tlili est poursuivi pour des faits assimilés au « takfir » au sens de la législation antiterroriste tunisienne, une infraction pouvant entraîner de lourdes peines de prison.

    La défense conteste fermement cette qualification. Selon ses avocats, les paroles de la chanson visée n’ont aucun rapport avec les accusations formulées et ne peuvent être assimilées aux faits prévus par la loi antiterroriste.

    Ils remettent également en cause l’existence même de preuves établissant que leur client a effectivement publié le contenu litigieux.

    Une arrestation qui avait provoqué l’indignation

    Mohamed Khalil Tlili avait été incarcéré le 1er juin 2026 à la prison de Mornaguia, en exécution d’un jugement rendu par contumace.

    D’après les informations rapportées par son père, l’affaire remonterait à un contrôle effectué en 2025 par deux agents de sécurité en civil à M’saken. Ceux-ci lui auraient demandé sa carte d’identité nationale ainsi que son téléphone portable avant de consulter son compte Facebook. Après avoir remarqué une image comportant une inscription religieuse en arrière-plan, ils l’auraient conduit dans un poste de police où l’examen de ses publications se serait poursuivi.

    L’arrestation puis l’incarcération du jeune homme ont rapidement suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux ainsi qu’au sein des organisations de défense des droits et des libertés. L’âge de Mohamed Khalil Tlili au moment des faits qui lui sont reprochés, tout comme sa situation de handicap, ont largement alimenté les critiques.

    Sa remise en liberté met aujourd’hui un terme provisoire à sa détention. L’affaire, elle, est loin d’être terminée : le rendez-vous judiciaire est désormais fixé au 8 juillet prochain.

    S.H

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *