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États-Unis-Iran : l’ONU craint une escalade vers une guerre totale, l’AIEA exige un accès complet aux sites nucléaires

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    Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a mis en garde, mercredi 10 juin 2026, contre le risque d’un retour à une « guerre totale » au Moyen-Orient, alors que l’Iran et les États-Unis ont à nouveau échangé des tirs et que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a adopté une résolution renforçant la pression sur Téhéran.

    « Dans la région du Golfe, le cessez-le-feu est plutôt un feu amoindri, comme nous l’avons vu avec l’escalade des attaques et de la rhétorique ces dernières 48 heures. Et nous ne devons pas minimiser les risques que ce feu amoindri devienne total, en d’autres termes, une guerre totale », a déclaré Antonio Guterres lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies.

    Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a lui aussi exprimé sa vive inquiétude. « Je suis horrifié par le fait que nous voyons escalade après escalade », a-t-il déclaré à la presse depuis Genève. « Nous sommes toujours très soulagés quand un cessez-le-feu est annoncé, mais les cessez-le-feu doivent être respectés complètement. Le droit international doit être respecté complètement », a-t-il insisté.

    Nouveaux échanges de tirs

    Ces déclarations interviennent alors que Téhéran et Washington ont de nouveau échangé des tirs au cours de la nuit, dans un contexte d’extrême tension après la destruction d’un hélicoptère américain attribuée à l’Iran.

    Le président américain Donald Trump a estimé, mercredi, que l’Iran avait été trop lent à négocier et allait désormais « en payer le prix », au lendemain de ses déclarations évoquant un accord imminent avec Téhéran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

    En parallèle, les autorités iraniennes ont annoncé avoir visé des bases américaines situées dans le Golfe, en représailles à des frappes menées par Washington contre des cibles iraniennes le long du détroit d’Ormuz.

    L’AIEA exige un accès complet

    Sur le front diplomatique, le Conseil des gouverneurs de l’AIEA, réuni à Vienne, a adopté une résolution exigeant que l’Iran fournisse « la totalité de ses informations » concernant « l’inventaire de ses matières nucléaires » ainsi que « la conception de ses installations ».

    Le texte, soumis par la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les États-Unis, demande également à Téhéran d’« accorder » à l’Agence « tous les accès nécessaires » afin de permettre aux inspecteurs de vérifier sur le terrain les déclarations iraniennes.

    Les auteurs de la résolution soulignent que ces mesures sont « essentielles et urgentes » pour « vérifier l’absence de détournement de matières nucléaires ».

    Le Conseil des gouverneurs, composé de 35 membres, a approuvé le texte par 21 voix. Trois pays ont voté contre, dix se sont abstenus et un membre n’avait pas le droit de vote, selon des diplomates.

    Le mystère de l’uranium enrichi

    Le sort de plus de 400 kg d’uranium hautement enrichi demeure toutefois incertain. Ces stocks ont été vus pour la dernière fois le 10 juin 2025 par les inspecteurs de l’AIEA.

    L’Iran a suspendu sa coopération avec l’Agence depuis les premiers bombardements israéliens et américains visant ses installations nucléaires en juin 2025. Dans son dernier rapport confidentiel, consulté par l’AFP, l’AIEA s’est inquiétée de ne plus avoir accès aux sites concernés.

    Mardi, la représentation iranienne auprès de l’ONU à Vienne avait dénoncé sur le réseau X une « résolution inutilement provocatrice », jugeant « ridicule » que les États-Unis la présentent alors qu’ils sont, selon Téhéran, « l’agresseur ».

    L’Iran était engagé dans des discussions avec Washington sur son programme nucléaire lorsque les États-Unis et Israël ont lancé de nouvelles attaques contre le territoire iranien, le 28 février dernier.

    L’étendue exacte des dégâts subis par les installations nucléaires iraniennes reste inconnue. Les autorités iraniennes invoquent des impératifs de sécurité pour refuser l’accès aux inspecteurs internationaux.

    D’après AFP

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