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Houcine Rhili dénonce des « décisions recyclées » face à l’urgence hydrique 

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Par Nadya Jennene

    Alors que le gouvernement a dévoilé, à l’issue d’un conseil ministériel restreint consacré à l’eau, une série de mesures destinées à sécuriser l’approvisionnement en eau potable durant l’été et à accélérer la mise en œuvre de la stratégie nationale de l’eau à l’horizon 2050, l’expert en ressources hydriques Houcine Rhili a vivement critiqué le contenu et le calendrier de ces annonces.

    Selon son intervention sur les ondes d’Express FM mercredi 10 juin 2026, les décisions présentées par l’exécutif arrivent tardivement et ne constituent, pour la plupart, qu’une réédition de mesures déjà annoncées depuis plusieurs années.

    Notant que l’objectif affiché par les autorités – garantir la continuité de la distribution d’eau potable et réduire les perturbations durant les périodes de forte consommation – est certes légitime, l’expert a, toutefois, signalé que sa concrétisation risque d’être compromise par le retard accumulé. « Un tel conseil aurait dû se tenir en février ou, au plus tard, en mars », a-t-il affirmé, considérant que la période actuelle laisse peu de marge pour mettre en œuvre des actions susceptibles d’avoir un impact significatif dès cet été.

    Houcine Rhili s’est également étonné de voir certaines dispositions présentées comme de nouvelles orientations alors qu’elles figurent déjà dans des textes ou décisions antérieurs. Il a notamment cité l’obligation d’intégrer des systèmes de collecte des eaux pluviales dans les nouveaux ensembles immobiliers, une mesure qui, selon lui, remonte à un accord conclu en 2018 entre les ministères de l’Équipement et de l’Agriculture.

    « Il est surprenant de présenter aujourd’hui comme une nouveauté une décision qui existe depuis plusieurs années », a-t-il déclaré, estimant que la véritable question ne réside pas dans la multiplication des annonces mais dans leur application effective sur le terrain.

    L’expert a ainsi soulevé la problématique récurrente de la gouvernance du secteur de l’eau. Selon lui, les blocages administratifs et institutionnels demeurent largement inexpliqués. Puisque le ministère de l’Équipement est chargé de mettre en œuvre certaines décisions, il a jugé nécessaire d’identifier clairement les responsabilités dans les retards constatés.

    Cette interrogation est particulièrement forte concernant la réutilisation des eaux usées traitées. Houcine Rhili a rappelé que cette question figure régulièrement à l’ordre du jour des conseils ministériels consacrés à l’eau depuis plus de vingt ans. Pourtant, des volumes considérables continuent d’être perdus chaque année.

    « Plus de 300 millions de mètres cubes d’eaux traitées sont produits annuellement avant d’être rejetés, alors même que la Tunisie subit un stress hydrique croissant », a-t-il affirmé, dénonçant un gaspillage incompatible avec les défis climatiques auxquels le pays est confronté.

    Ces critiques interviennent alors que le gouvernement a annoncé un vaste programme d’urgence de 58 millions de dinars comprenant 81 projets destinés à renforcer l’approvisionnement en eau potable, ainsi qu’une stratégie nationale ambitieuse mobilisant 74,5 milliards de dinars à l’horizon 2050. Celle-ci prévoit notamment le développement du dessalement, la réutilisation des eaux traitées, la modernisation des réseaux, la transition énergétique du secteur et l’intégration de technologies innovantes de gestion des ressources hydriques.

    Pour Houcine Rhili, toutefois, l’enjeu n’est plus tant de produire de nouvelles feuilles de route que de transformer enfin les décisions en réalisations concrètes. Dans un pays confronté à une raréfaction croissante de ses ressources en eau, la question centrale demeure désormais celle de l’exécution et de la reddition des comptes.

    N.J

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