À l’occasion d’une vaste campagne nationale de propreté prévue dans plusieurs municipalités du pays, la chargée de la gestion de la municipalité de Tunis, Samah Daldoul, a appelé les citoyens à s’impliquer davantage dans la préservation de leur environnement, estimant que la propreté des villes ne peut reposer uniquement sur l’action des collectivités locales.
Intervenant mercredi 10 juin 2026 sur Mosaïque FM, elle a rappelé que les services municipaux interviennent quotidiennement dans les quinze arrondissements de la capitale.
Selon les chiffres qu’elle a dévoilés, la municipalité de Tunis collecte chaque jour entre 600 et 650 tonnes de déchets ménagers et assimilés. Ce volume peut connaître des pics importants lors de certaines périodes de l’année. Ainsi, durant l’Aïd, les quantités ramassées ont atteint entre 900 et 1000 tonnes en une seule journée.
La municipalité assure également l’évacuation annuelle d’environ 80.000 mètres cubes de déchets végétaux issus notamment des opérations d’élagage et de l’entretien des espaces verts.
À cela s’ajoutent près de 60.000 tonnes de gravats, déblais et déchets de construction collectés chaque année. La responsable a qualifié ce phénomène de « véritable fléau », dénonçant l’abandon anarchique de ces matériaux aux entrées des villes, sur les routes ou à proximité des espaces verts, ce qui altère considérablement l’esthétique urbaine et l’environnement.
Pour Samah Daldoul, le diagnostic de la situation actuelle révèle une responsabilité qui ne saurait être imputée à une seule partie.
Elle a reconnu l’existence de critiques adressées aux municipalités concernant la fréquence du passage des camions de collecte ou l’insuffisance de certains équipements. Toutefois, elle a également pointé du doigt certains comportements inciviques, notamment le dépôt des déchets en dehors des horaires prévus, la transformation d’espaces verts en décharges sauvages ou encore la dégradation et le vol de conteneurs à déchets.
« Dans certaines zones, nous sommes contraints de remplacer régulièrement des conteneurs détruits ou volés, ce qui représente une charge financière importante pour la collectivité », a-t-elle expliqué.
Selon elle, sortir de la crise actuelle nécessite d’abandonner la logique d’accusation mutuelle entre citoyens et autorités locales pour adopter une approche fondée sur la coopération et la responsabilité collective.
Elle a insisté, dans ce sens, sur la nécessité d’adopter de nouveaux comportements citoyens afin de préserver l’image de la capitale et des espaces publics.
La campagne de nettoyage lancée cette semaine s’inscrit dans un programme plus large de sensibilisation et de mobilisation citoyenne engagé depuis plusieurs semaines.
Des réunions de coordination ont été organisées avec les autorités locales afin d’identifier les zones prioritaires d’intervention. L’opération ne se limitera pas au ramassage des déchets : elle comprendra également l’entretien, l’embellissement et la valorisation des espaces verts.
La municipalité mettra à disposition les moyens logistiques nécessaires tandis que les habitants, associations et structures locales seront invités à assurer le suivi et la préservation des sites réhabilités.
Pour Samah Daldoul, l’objectif est clair : faire évoluer les mentalités et ancrer durablement la culture de la propreté dans les comportements quotidiens. « La propreté ne doit plus être perçue comme une simple obligation municipale. Elle doit devenir une culture, un comportement et une responsabilité partagée par tous », a-t-elle conclu.
N.J










