La campagne citoyenne Stop Pollution a dénoncé la poursuite des procédures judiciaires engagées contre plusieurs militants écologistes de Gabès, appelés à comparaître le 17 juin 2026 devant le tribunal de première instance de Gabès dans le cadre d’une affaire liée à un sit-in organisé en 2020.
Selon un communiqué publié dimanche 14 juin, treize militants, dont Kheireddine Debbia, membre de la campagne, sont poursuivis à la suite d’un rassemblement pacifique mené il y a six ans pour réclamer le droit au développement, à la santé et à un environnement sain. L’action en justice a été intentée par le Groupe chimique tunisien (GCT).
La campagne estime que cette procédure illustre un paradoxe, affirmant que les défenseurs de l’environnement sont poursuivis en justice alors que, selon elle, les conséquences environnementales des activités industrielles du Groupe chimique tunisien continuent d’affecter durablement la région de Gabès.
Stop Pollution critique également la décision de la justice ayant rejeté l’argument de l’absence de préjudice et retenu le Groupe chimique tunisien comme partie lésée. Le collectif considère cette décision comme contraire aux principes de justice, rappelant que la région subit, selon lui, plus d’un demi-siècle de pollution industrielle ayant affecté les terres, le littoral et la qualité de l’air.
Dans son communiqué, la campagne réaffirme sa solidarité avec les militants poursuivis et réclame l’abandon des charges engagées contre eux. Elle appelle également les autorités à mettre en œuvre les engagements portant sur le démantèlement des unités industrielles jugées les plus polluantes et tient la présidence de la République ainsi que les autorités concernées pour responsables de la poursuite des activités qu’elle qualifie de polluantes.
Enfin, Stop Pollution lance un appel aux citoyens, aux organisations de la société civile ainsi qu’aux associations de défense des droits humains et de l’environnement afin qu’ils se mobilisent mercredi 17 juin devant le tribunal de première instance de Gabès pour soutenir les militants poursuivis.
Le collectif affirme poursuivre son combat jusqu’à l’obtention de « la justice environnementale », à la responsabilisation des auteurs de la pollution et à la reconnaissance du droit des habitants de Gabès à un environnement sain.
S.H












