Le détenu politique Jaouhar Ben Mbarek a été transféré à la prison de Borj El Amri, a annoncé son père, Ezzeddine Hazgui, dans une publication diffusée lundi 15 juin 2026 sur les réseaux sociaux.
« Je viens d’apprendre que mon fils, Jaouhar, a été transféré à la prison de Borj El Amri. Je pourrai donc lui rendre visite cette semaine », a-t-il écrit.
Cette annonce intervient après plusieurs semaines de mobilisation de la famille, qui réclamait un rapprochement du détenu vers un établissement pénitentiaire situé à proximité du Grand Tunis.
Une demande de transfert portée par la situation familiale
Le 30 mai dernier, la sœur de Jaouhar Ben Mbarek, l’avocate Dalila Ben Mbarek Msaddek, avait dénoncé les conséquences humaines de son maintien à la prison du Sers, située dans le gouvernorat du Kef.
Dans une publication sur les réseaux sociaux, elle avait expliqué que l’éloignement géographique rendait quasiment impossibles les visites de leur père, Ezzeddine Hazgui, dont l’état de santé s’était fortement dégradé.
Selon elle, la famille avait sollicité depuis plus de deux mois le transfert du détenu vers une prison plus proche de Tunis afin de tenir compte de la situation sanitaire de son père. Cette demande était alors restée sans réponse.
L’état de santé préoccupant d’Ezzeddine Hazgui
Dalila Ben Mbarek Msaddek avait également révélé que son père avait été hospitalisé après une brusque détérioration de son état de santé.
L’ancien opposant aux régimes de Habib Bourguiba et de Zine El Abidine Ben Ali aurait été diagnostiqué d’un cancer du poumon, d’une insuffisance rénale et d’une hémorragie cérébrale. Selon sa fille, les médecins tentaient depuis plusieurs semaines de prendre en charge simultanément ces différentes pathologies.
Cette situation avait mis fin aux visites régulières qu’il rendait à son fils incarcéré. Les déplacements étaient alors assurés, de manière occasionnelle, par d’autres membres âgés de la famille.
Condamné à vingt ans de prison
Arrêté en février 2023 dans le cadre de l’affaire dite de complot contre la sûreté de l’État, Jaouhar Ben Mbarek a été condamné en appel à vingt ans de prison.
Fin avril 2026, il avait suspendu la grève de la faim qu’il observait depuis un mois, répondant aux appels de sa famille, de ses proches ainsi que de plusieurs organisations de défense des droits humains qui avaient alerté sur les risques que faisait peser la poursuite de ce mouvement sur sa santé.
Son transfert à la prison de Borj El Amri devrait désormais permettre à ses proches, et notamment à son père, de reprendre les visites malgré un état de santé qui demeure particulièrement fragile.
M.B.Z










