Les marchés pétroliers ont poursuivi leur repli mardi 16 juin 2026, portés par l’espoir d’un retour progressif à la normale des exportations d’hydrocarbures après l’accord conclu entre Washington et Téhéran. Le Brent est ainsi passé sous la barre symbolique des 80 dollars le baril pour la première fois depuis mars.
Les cours du pétrole ont nettement reculé mardi, les investisseurs anticipant une reprise progressive des flux pétroliers mondiaux après l’annonce de l’accord de paix entre les États-Unis et l’Iran.
Le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché européen, pour livraison en août, a cédé 5,06% pour s’établir à 78,96 dollars. Il est ainsi passé sous le seuil des 80 dollars pour la première fois depuis le début du mois de mars.
De son côté, le baril américain de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en juillet, a perdu 5,82%, à 76,05 dollars.
« Nous assistons à une fuite massive des investisseurs hors du marché », a déclaré à l’AFP Stephen Schork, analyste du cabinet The Schork Group. Selon lui, après la frénésie d’achats observée au début du conflit au Moyen-Orient, le mouvement inverse est désormais à l’œuvre.
Les États-Unis et l’Iran doivent signer vendredi, en Suisse, un protocole d’accord destiné à mettre officiellement fin aux hostilités. Cette signature ouvrira une période de négociations de deux mois dont la première étape sera la réouverture du détroit d’Ormuz, artère stratégique par laquelle transite habituellement près de 20% du pétrole mondial.
Le passage maritime avait été fermé par Téhéran après les premières frappes israélo-américaines menées contre l’Iran à la fin du mois de février.
Les cours ont également été affectés par des informations publiées par le Wall Street Journal, selon lesquelles Washington autoriserait immédiatement la reprise des exportations iraniennes de pétrole et de produits raffinés dans le cadre de l’accord.
Depuis l’annonce de l’entente entre les deux pays dimanche dernier, les prix du brut ont perdu plus de 9%. Ils demeurent toutefois supérieurs à leurs niveaux d’avant-guerre.
Pour Thu Lan Nguyen, analyste chez Commerzbank, la marge de baisse supplémentaire pourrait toutefois rester limitée. « Même dans l’hypothèse d’une réouverture durable du détroit d’Ormuz, il faudra du temps avant que le trafic maritime et les exportations énergétiques du Golfe retrouvent leur rythme normal », estime-t-il.
Même constat chez Tamas Varga, analyste chez PVM Energy, qui rappelle que le conflit a profondément affecté les réserves mondiales. Selon lui, les pays ayant puisé dans leurs stocks stratégiques pour contenir la hausse des prix devront désormais les reconstituer, ce qui pourrait soutenir les cours à moyen terme.
BN Avec AFP.










