La chambre criminelle du Tribunal de première instance de Tunis a entamé, vendredi 19 juin 2026, l’interrogatoire des accusés dans l’affaire du meurtre de l’avocate Mongia Manaï, un crime qui avait profondément bouleversé l’opinion publique en 2025.
Au cours de l’audience, les éléments de l’enquête et les conclusions des expertises médico-légales ont permis de lever davantage le voile sur les circonstances particulièrement violentes de ce meurtre.
Selon le rapport du médecin légiste, la victime a succombé à une strangulation commise à l’aide d’un foulard. Après sa mort, une substance corrosive aurait été déversée sur son corps avant que celui-ci ne soit incendié, dans une tentative de faire disparaître les traces du crime et d’empêcher son identification.
Les analyses scientifiques ont également révélé que les auteurs présumés avaient utilisé des gants durant l’exécution des faits afin d’éviter de laisser des empreintes. Des traces de sang appartenant à la victime ont été retrouvées dans plusieurs pièces de son domicile, notamment dans la cuisine, le salon, la chambre à coucher ainsi que dans le sous-sol de la maison.
Les investigations ont en outre mis en évidence la suppression de certaines séquences enregistrées par les caméras de surveillance installées au domicile de la victime. Pour reconstituer le déroulement des événements, les enquêteurs se sont appuyés sur les images captées par la caméra d’un voisin ainsi que sur celles d’une agence bancaire située à proximité.
La découverte du corps et la piste familiale
Le corps de Mongia Manaï avait été découvert le 26 avril 2025 dans une grille filtrante du canal des eaux du Nord, au niveau du complexe sportif de La Manouba. Entièrement brûlée et dénudée, la dépouille avait été identifiée grâce à des analyses génétiques réalisées par la police technique et scientifique.
Les enquêteurs s’étaient rapidement rendus au domicile de l’avocate, situé à Chabaou, où ils avaient relevé des traces de sang et retrouvé des restes de vêtements calcinés dans le sous-sol, renforçant la thèse d’un homicide commis à l’intérieur de la maison avant le transport du corps vers le canal.
L’information judiciaire, ouverte initialement contre X pour homicide volontaire avec préméditation et complicité, a progressivement conduit les enquêteurs vers quatre suspects.
Trois personnes – le fils de la victime, son ex-mari ainsi qu’un ouvrier employé dans une station de lavage automobile et locataire du domicile – avaient été placées en garde à vue avant de faire l’objet de mandats de dépôt le 30 avril 2025. Un second fils de la défunte avait quant à lui quitté le territoire tunisien et fait l’objet d’un mandat de recherche.
Les éléments techniques recueillis au cours de l’enquête ont également renforcé les soupçons. Une caméra de surveillance a notamment montré l’un des fils en compagnie de sa mère la veille du crime, tandis que les enregistrements correspondant à la journée des faits avaient été effacés.
Selon les conclusions de l’instruction, le meurtre aurait été commis avec la participation des deux fils de la victime et de son ex-mari, avec l’aide de l’ouvrier, sur fond de différends financiers. Les mis en cause sont poursuivis pour des faits de « meurtre avec préméditation ».
N.J











