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« Des peines disproportionnées » : le témoignage inattendu d’un député à l’audience d’appel de Saadia Mosbah

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Par Myriam Ben Zineb

    L’affaire Mnemty continue de fissurer les certitudes. Vendredi 19 juin 2026, à l’issue de l’audience en appel de Saadia Mosbah et de plusieurs responsables de l’association de lutte contre le racisme, un témoignage inattendu est venu relancer le débat : celui du député Thabet El Abed.

    Présent dans la salle d’audience pendant près de trois heures, le parlementaire affirme être ressorti avec une conviction renforcée : les faits discutés devant la cour lui ont semblé relever avant tout de questions comptables, fiscales et administratives, loin de ce qui pourrait, selon lui, justifier des années de prison.

    Et cette prise de position n’émane ni d’un avocat de la défense ni d’une organisation de défense des droits humains, mais d’un député de l’Assemblée des représentants du peuple qui a suivi l’intégralité des échanges.

    « Trois heures d’écoute directe, loin du bruit et des jugements préconçus »

    Dans une publication diffusée quelques heures après l’audience, Thabet El Abed raconte une séance marquée par la chaleur étouffante d’une salle « presque dépourvue de ventilation » et par un long interrogatoire consacré aux activités de l’association.

    Selon lui, les questions du président de la chambre ont principalement porté sur les financements étrangers, les autorisations administratives, les comptes bancaires, les projets réalisés ainsi que les obligations fiscales et comptables de Mnemty.

    Interrogée sur les financements reçus par l’association, Saadia Mosbah a expliqué qu’ils provenaient de l’Union européenne et d’organisations internationales connues et qu’ils avaient transité par les circuits bancaires officiels.

    Le président de la chambre l’aurait également interrogée sur l’absence de financements provenant de pays arabes ou maghrébins.

    « Pourquoi n’avez-vous pas de financement venant de Libye ou d’Algérie ? », lui aurait-il demandé.

    La militante a répondu que la lutte contre le racisme suscite généralement peu d’intérêt et peu de financements dans l’espace arabe.

    Toujours selon le député, Saadia Mosbah a indiqué que le montant total des financements reçus par l’association sur une dizaine d’années avoisinait les 300.000 dinars, soit environ 2.500 dinars par mois.

    La question de l’enrichissement illicite a également été évoquée. La présidente de Mnemty aurait alors répondu qu’elle ne possède pas de logement et qu’elle continue encore à rembourser les échéances de son véhicule, estimant que sa situation financière ne correspond en rien à celle d’une personne ayant accumulé une fortune.

    Un député qui appelle à revoir le jugement

    Si Thabet El Abed prend soin de préciser qu’il ne cherche pas à défendre les prévenus ni à contester le rôle de la justice, son constat n’en est pas moins sévère.

    « Je suis sorti de cette audience plus convaincu que l’essentiel du débat concernait des questions comptables, fiscales et administratives », écrit-il, ajoutant que de telles irrégularités peuvent certes engager une responsabilité juridique, mais qu’elles ne lui paraissent pas de nature à justifier « des peines privatives de liberté d’une telle sévérité ».

    Le député va plus loin en appelant explicitement la cour à réexaminer le jugement rendu en première instance et à répondre favorablement à la demande de remise en liberté de Saadia Mosbah lors de la prochaine audience prévue le 23 juin.

    « La justice ne se mesure pas uniquement à l’existence ou non d’une infraction, mais aussi à la proportionnalité entre les faits reprochés et la sanction prononcée », écrit-il encore.

    Un message qui résonne particulièrement dans un dossier devenu emblématique des tensions entourant les associations actives sur les questions migratoires et les droits humains.

    Pour rappel, Saadia Mosbah est détenue depuis 774 jours. La présidente de Mnemty a été condamnée en première instance à huit ans de prison pour notamment blanchiment d’argent et enrichissement illicite, des accusations qu’elle rejette intégralement.

    L’affaire avait éclaté en mai 2024, quelques heures après une réunion du Conseil de sécurité nationale consacrée à la question migratoire, au cours de laquelle le président de la République avait de nouveau dénoncé certaines organisations actives dans ce domaine. Saadia Mosbah avait été arrêtée le même jour avant d’être placée en détention.

    La chambre criminelle de la cour d’appel de Tunis a décidé vendredi d’un troisième report consécutif de l’affaire. La prochaine audience est fixée au 23 juin.

    M.B.Z

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    3 commentaires

    1. jamel.tazarki

      Répondre
      20 juin 2026 | 15h01

      – L’examen de l’évolution du budget de la présidence tunisienne depuis la révolution de 2011 permet de comprendre si la trajectoire actuelle sous Kaïs Saïed rompt avec le passé ou s’inscrit dans une continuité institutionnelle. Voici l’évolution historique de ce budget, découpée en trois grandes périodes politiques

      a) La période de transition démocratique (2011 – 2014)
      a1) Après la chute de Zine el-Abidine Ben Ali, le président Dr. Moncef Marzouki a fait passer Le budget de la présidence tunisienne d’environ 60 millions de dinars en 2011 à près de 80 millions de dinars en 2014. Malgré la volonté affichée de Dr. Moncef Marzouki de réduire le train de vie de l’État (vente de voitures présidentielles, baisse de son salaire), le budget a augmenté en raison de l’intégration massive de personnels!
      –> @Dr. Moncef Marzouki, je vous prie de me corriger si mes données ne sont pas correctes!

      b) Le mandat de Béji Caïd Essebsi (2015 – 2019)
      Avec l’élection de Béji Caïd Essebsi, la présidence a cherché à restaurer le « prestige de l’État » (Heybat Al-Dawla), ce qui s’est traduit par une explosion budgétaire. Le budget de la présidence tunisienne a ainsi franchi la barre des 100 millions pour atteindre 124 millions de dinars en 2019. Une hausse spectaculaire de +55 % en cinq ans.

      c) L’ère Kaïs Saïed (Depuis fin 2019) est le plus fantastique
      À son arrivée, Kaïs Saïed a adopté un discours populiste axé sur l’austérité et le refus du gaspillage. Pourtant, les chiffres budgétaires de la présidence tunisienne ont continué de grimper pour atteindre les 229,7 millions de dinars actuels! En effet, Depuis le gel du Parlement en 2021 et la nouvelle Constitution, la présidence est redevenue le cœur absolu du pouvoir exécutif, centralisant des services administratifs et de communication autrefois rattachés à la Primature (Chef du gouvernement). Ainsi, la volonté du président de la République est devenue la loi, et rien ne peut la freiner, pas même sa propre constitution (fait : KS nous refuse une Cour constitutionnelle qu’il a lui-même mentionnée dans sa constitution !).
      –>
      @Mr. Kais Saied, je vous prie de me corriger si mes données ne sont pas correctes!

      d) Où trouver le compte rendu des dépenses de la présidence tunisienne?
      d1) Le Journal Officiel de la République Tunisienne (JORT) : Chaque année, la Loi de Finances détaille le budget alloué à la « Mission de la Présidence de la République ».
      d2) Le site du Ministère des Finances : Les documents budgétaires officiels relatifs à la mission de la présidence y sont publiés en libre accès:
      https://www.finances.gov.tn/fr/document/le-budget-de-la-presidence-de-la-republique-pour-lannee-2024-ar
      d3) Les rapports de la Cour des Comptes : La Cour des Comptes tunisienne examine la conformité et la bonne gestion des dépenses de toutes les administrations publiques, y compris la présidence.
      d4) Les débats de l’Assemblée : Les détails des dépenses de gestion font l’objet de rapports présentés par les conseillers présidentiels devant les commissions parlementaires (comme la commission des relations extérieures)
      –>
      Question: Qui ose encore critiquer Kais Saied ou ses dépenses dans une dictature absolue?

      Fazit: En revanche, l’opposition ne cesse de réclamer les droits et les libertés, mais néglige de réclamer les garanties constitutionnelles qui les protègent des abus de pouvoir. Nous passons ainsi d’une dictature à une autre. L’opposition a-t-elle tiré les leçons de ses erreurs passées pour ne pas les répéter ? J’en doute !

      Dr. Jamel Tazarki, Mathématicien

    2. jamel.tazarki

      Répondre
      20 juin 2026 | 14h55

      Introduction: Comparer le salaire d’un dirigeant au Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) de son propre pays permet de mesurer l’écart social interne et le niveau des inégalités de rémunération au sein de l’État. En analysant les données de mai 2026, les résultats mettent en évidence une fracture sociale radicalement différente entre la Tunisie et l’Allemagne.

      a) Les chiffres du salaire minimum (Données 2026)
      a1) En Tunisie (Régime de 48h/semaine) : Le SMIG mensuel a été revalorisé par décret officiel à 554,736 TND.
      a2) En Allemagne (Base temps plein ~160h/mois) : Le salaire minimum légal est fixé à 13,90 € de l’heure, ce qui équivaut à environ 2 224 € bruts par mois

      b) Le calcul du multiple (Combien de SMIG dans le salaire du dirigeant ?)
      b1) Tunisie (Kaïs Saïed) : 17000 : 554,736 = 30,6
      –>
      Le président tunisien gagne un peu plus de 30 fois le salaire minimum de son pays

      b2) Allemagne (Chancelier Friedrich Merz) : 31000 : 2224 = 13,9
      Le chancelier allemand gagne environ 14 fois le salaire minimum de son pays.

      c) Les conclusions économiques et sociales:
      c1) Le coefficient multiplicateur entre le chef de l’État et le travailleur le plus modeste est Extrêmement plus élevé en Tunisie qu’en Allemagne (30,6 contre 13,9). Le sommet de la pyramide étatique tunisienne reste très déconnecté de la base salariale par rapport aux standards d’Europe de l’Oues
      c2) La fragilité du pouvoir d’achat des citoyens : En Allemagne, le salaire minimum (2 224 €) permet une insertion économique de base. En Tunisie, un SMIG à 554 TND (environ 165 €) couvre à peine les besoins vitaux en période de forte inflation. L’écart de 30 fois paraît donc socialement plus lourd à accepter pour la population locale.
      c3) La structure des hauts salaires politiques : Dans les démocraties occidentales, le salaire des ministres et chanceliers est volontairement encadré pour ne pas paraître disproportionné face au secteur privé ou aux classes populaires. Dans les pays en développement, les grilles salariales de la haute fonction publique maintiennent souvent un standard « aristocratique » hérité de l’histoire constitutionnelle, créant un fort contraste avec la réalité du marché du travail.

      Conclusion : Kais Saied ne donne pas l’exemple. Il oblige les banques et les PME à faire du social, alors que son salaire est totalement injuste !

    3. jamel.tazarki

      Répondre
      20 juin 2026 | 14h50

      a) La comparaison entre le salaire de Kaïs Saïed et celui du chancelier allemand (actuellement Friedrich Merz, selon les données récentes de mai 2026), lorsqu’ils sont rapportés à la richesse produite par leur pays respectif (PIB), révèle un écart de proportions frappant.
      a1) Les chiffres de référence (Estimations 2024-2026)
      a2) Tunisie (Kaïs Saïed) :
      – Salaire mensuel : 17 000 dinars tunisiens (TND).
      – PIB annuel estimé : Environ 175 milliards de TND.
      a3) Allemagne (Chancelier Friedrich Merz) :
      – Salaire mensuel : Environ 31 000 € (incluant les indemnités de fonction et le mandat de député).
      – PIB annuel estimé : Environ 4 329 milliards €

      b) Le calcul du poids relatif (Salaire mensuel / PIB annuel)
      Pour comparer ces deux échelles, nous calculons quel pourcentage du PIB annuel le salaire mensuel représente dans chaque pays:
      b1) Ratio Tunisie :
      17 000 : 175000000000 = 0,00000971%

      b2) Ratio Allemagne :
      31 000 : 4329000000000 = 0.000000716

      c) Analyse et Conclusions
      c1) Le salaire mensuel de Kaïs Saïed représente une part du PIB tunisien environ 13,5 fois supérieure à celle du salaire du chancelier allemand par rapport au PIB de l’Allemagne.
      c2) De cette comparaison, on peut tirer les conclusions suivantes :
      c2.1) Disparité du pouvoir d’achat institutionnel : Bien que le salaire nominal du chancelier allemand soit bien plus élevé en valeur absolue (converti en euros), il pèse beaucoup moins sur la richesse nationale. Cela souligne la fragilité économique de la Tunisie face à ses dépenses de fonctionnement.
      c2.2) Indice de développement : Dans les économies très développées (comme l’Allemagne), la richesse nationale est si colossale que même les hauts salaires des dirigeants deviennent statistiquement « invisibles » par rapport au PIB. En Tunisie, l’écart entre la richesse globale et les rémunérations de la haute fonction publique est plus visible, ce qui alimente souvent les débats sur le coût de la vie et les inégalités.

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