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Projets publics : le gouvernement veut en finir avec les retards chroniques

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Par Myriam Ben Zineb

    À quelques semaines du démarrage effectif du Plan de développement 2026-2030, le gouvernement serre la vis. Réuni samedi 20 juin 2026 à la Kasbah sous la présidence de la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, le Conseil des ministres a consacré une séance entière à l’épineuse question de l’avancement des projets publics dans les régions.

    Un sujet récurrent pour les autorités : malgré les budgets mobilisés, des centaines de projets continuent d’accumuler les retards en raison de blocages administratifs, de difficultés foncières, de procédures complexes ou encore de défaillances des entreprises chargées de leur réalisation.

    Pour l’exécutif, l’enjeu est désormais de transformer les crédits inscrits dans les budgets en réalisations concrètes sur le terrain.

    « Le défi n’est pas le financement »

    Lors de la réunion, à laquelle ont participé les gouverneurs des différents gouvernorats, la cheffe du gouvernement a rappelé que l’investissement public bénéficie d’un effort financier croissant.

    Les crédits consacrés à l’investissement sont ainsi passés de 4,7 milliards de dinars en 2023 à 6,5 milliards de dinars en 2026, soit une hausse de près de 38% en quatre ans.

    Mais, selon Sarra Zaâfrani Zenzri, le principal défi ne réside plus dans la mobilisation des ressources financières.

    « Le défi fondamental ne concerne pas la disponibilité des financements mais leur transformation en projets réalisés sur le terrain dans les délais fixés », a-t-elle indiqué, selon un communiqué de la présidence du gouvernement.

    Dans ce contexte, elle a appelé les gouverneurs et les responsables régionaux à assurer un suivi rapproché des chantiers et à intervenir rapidement pour lever les obstacles administratifs, techniques ou fonciers susceptibles de ralentir leur exécution.

    Une surveillance renforcée des projets

    Le Conseil des ministres a passé en revue l’état d’avancement de nombreux projets dans des secteurs considérés comme prioritaires : infrastructures, routes, santé, transport, éducation, agriculture, industrie, mines, tourisme, environnement, technologies de l’information ou encore énergies renouvelables.

    Le gouvernement entend désormais renforcer les outils de pilotage et de contrôle.

    Parmi les décisions adoptées figure l’obligation pour toutes les structures publiques d’intégrer leurs projets dans la plateforme nationale de suivi et d’actualiser régulièrement les données les concernant.

    L’exécutif prévoit également de développer un système d’alerte précoce capable de détecter automatiquement les risques de retard grâce à l’analyse de plusieurs indicateurs : avancement physique et financier des travaux, état des procédures de marchés publics, situation foncière ou encore niveau de consommation des crédits alloués.

    L’objectif affiché est d’identifier les difficultés avant qu’elles ne se traduisent par des retards ou des surcoûts.

    Marchés publics assouplis et entreprises sous surveillance

    Le gouvernement a également annoncé une série de mesures destinées à accélérer la réalisation des grands projets publics.

    Les procédures de passation des marchés devraient être assouplies afin de réduire les délais d’attribution et de limiter les appels d’offres infructueux, tout en maintenant, selon le communiqué, les principes de transparence et de concurrence.

    Parallèlement, l’exécutif veut mieux préparer les projets avant leur lancement en vérifiant en amont leur faisabilité technique, foncière, financière, économique et environnementale.

    Autre axe de réforme : le renforcement du contrôle des entreprises chargées des travaux publics. Le gouvernement prévoit d’évaluer plus rigoureusement leurs capacités techniques, leur solidité financière et leurs réalisations antérieures afin d’éviter que des projets ne soient confiés à des sociétés incapables de respecter leurs engagements.

    Un test pour le Plan 2026-2030

    Au-delà des mesures techniques annoncées, cette réunion traduit surtout la volonté du gouvernement de préparer le terrain avant le lancement des projets inscrits dans le Plan de développement 2026-2030.

    Pour Sarra Zaâfrani Zenzri, la réussite de ce programme dépendra moins de l’inscription des projets dans les documents de planification que de leur exécution effective sur le terrain.

    Reste que la lutte contre les retards des projets publics figure depuis des années parmi les priorités affichées par les gouvernements successifs, sans parvenir jusqu’ici à faire disparaître les nombreux blocages qui ralentissent encore la réalisation des investissements dans plusieurs régions du pays.

    M.B.Z

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