À quelques heures du démarrage de la grève sectorielle décrétée par la Fédération générale des banques et des établissements financiers, le Conseil bancaire et financier (CBF) est monté au créneau. Dans un communiqué publié lundi 22 juin 2026, il considère que ce mouvement social n’est pas justifié et appelle les employés du secteur à « privilégier l’intérêt général et la continuité des services ».
Les augmentations salariales ont été appliquées
Le Conseil bancaire et financier rappelle que l’ensemble des banques et établissements financiers ont procédé au versement des augmentations salariales prévues pour l’année 2026.
Ces revalorisations ont été accordées conformément aux dispositions du décret n°68 du 30 avril 2026, relatif aux augmentations des salaires de base ainsi que des indemnités de transport et de présence dans les secteurs non agricoles soumis au Code du travail et couverts par des conventions collectives sectorielles.
Le CBF estime ainsi que les revendications ayant conduit à l’appel à la grève ne tiennent pas compte des mesures déjà mises en œuvre par les établissements du secteur.
Un engagement réaffirmé en faveur des employés
Dans son communiqué, le Conseil souligne son attachement à l’amélioration continue des conditions de travail des employés des banques et des institutions financières.
Il affirme que les efforts consentis en matière de rémunération et d’avantages sociaux traduisent la volonté des établissements de renforcer le pouvoir d’achat de leurs collaborateurs. Le CBF rappelle à cet égard que les ressources humaines constituent la pierre angulaire de la pérennité et du développement du secteur bancaire.
Le Conseil bancaire et financier insiste sur le fait que la grève intervient à une période particulièrement sensible, marquée notamment par le versement des salaires et des pensions, le paiement des factures ainsi que l’exécution de nombreuses opérations financières.
Selon lui, l’arrêt de travail risque d’affecter les intérêts des particuliers, des entreprises et des institutions financières concernées. Le CBF considère dès lors que l’appel à la grève ne repose sur aucun motif social ou économique suffisamment clair pour justifier les perturbations attendues.
Assurer la continuité des services bancaires
S’appuyant sur la note n°718/2026 adressée par la Banque centrale de Tunisie aux banques, le Conseil appelle les établissements à « prendre toutes les dispositions nécessaires pour garantir la continuité des services essentiels ».
Parmi les priorités figurent notamment l’approvisionnement des distributeurs automatiques de billets, le maintien des opérations de retrait, l’exécution des ordres de paiement, la poursuite des opérations bancaires courantes ainsi que l’organisation des services de transport de fonds et d’approvisionnement des agences en liquidités.
Tout en reconnaissant que le droit de grève est un droit fondamental garanti par la législation tunisienne, le CBF réaffirme sa position selon laquelle le mouvement annoncé pour les 23, 24 et 25 juin 2026 demeure « injustifié ».
Le Conseil rappelle également que les dispositions légales et réglementaires en vigueur seront appliquées. Les jours de grève donneront ainsi lieu à des retenues sur les salaires, les primes, les avantages financiers ainsi que les avantages en nature accordés aux employés participants.
Le CBF conclut son communiqué en exprimant sa confiance dans le sens des responsabilités des employés du secteur bancaire et financier, afin de préserver la continuité du service et les intérêts de la clientèle.
S.H











