Après une succession d’annonces, de promesses et de reports, le chantier de l’hôpital universitaire Roi Salman à Kairouan est enfin entré dans sa phase de réalisation. Le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, a annoncé, lundi 22 juin 2026, que les travaux avaient effectivement démarré et que l’établissement devrait accueillir ses premiers patients en 2029.
L’annonce intervient près de neuf ans après la signature, en octobre 2017, du protocole d’accord entre la Tunisie et l’Arabie saoudite portant sur la réalisation de cet hôpital universitaire, financé en grande partie par un don saoudien de 85 millions de dollars.
Une série d’annonces restées sans effet
Au fil des années, plusieurs échéances ont pourtant été annoncées sans jamais être respectées. En 2020, le ministère de la Santé indiquait que les études étaient en cours et prévoyait un démarrage des travaux au premier semestre 2021, pour une ouverture de l’hôpital en 2024.
En avril 2021, l’ambassadeur d’Arabie saoudite en Tunisie évoquait à son tour un lancement imminent du chantier, tout en expliquant que les études avaient été ralenties par la pandémie de Covid-19.
Quelques mois plus tard, en février 2022, alors que rien n’avait encore commencé sur le terrain, le ministre de la Santé de l’époque, Ali Mrabet, annonçait un début des travaux avant la fin de l’année 2022. Cette échéance n’a, elle aussi, jamais été tenue.
La polémique de « la porte au milieu du vide »
L’été 2022 a marqué l’un des épisodes les plus médiatisés du dossier. Des photos montrant une simple porte portant l’inscription « Hôpital Roi Salman », installée au milieu d’un terrain vide, avaient suscité une vague de moqueries sur les réseaux sociaux.
Contraint de réagir, le ministère de la Santé avait expliqué que seuls les travaux d’aménagement du terrain étaient engagés et que les raccordements aux réseaux d’eau et d’électricité étaient en cours. Il avait également assuré que la partie saoudienne finalisait les études techniques avant le lancement effectif du chantier.
Même après le lancement officiel, le chantier se faisait attendre
Le dossier est resté au point mort pendant plusieurs années. En octobre 2025, des députés se sont rendus sur le site afin d’évaluer l’avancement des travaux. Ils y ont constaté l’absence totale d’activité et annoncé leur intention d’interpeller le ministère de la Santé sur ce nouveau retard.
Ce n’est qu’en décembre 2025 que le contrat de réalisation a finalement été signé. À cette occasion, Mustapha Ferjani avait annoncé le lancement effectif du chantier et la remise immédiate du terrain au groupement tuniso-saoudien chargé des travaux.
D’un coût de près de 420 millions de dinars pour la construction, le futur hôpital universitaire disposera d’une capacité initiale de 320 lits, regroupera les principales spécialités médicales et sera doté d’équipements conformes aux standards internationaux.
Lundi 22 juin 2026, le ministre de la Santé a assuré que les travaux étaient désormais engagés et que l’hôpital devrait être opérationnel en 2029.
Un dossier présent dans le discours politique
Au-delà de sa dimension sanitaire, l’hôpital universitaire Roi Salman est devenu au fil des années un symbole des retards accumulés dans la réalisation des grands projets publics. Depuis son accession à la présidence de la République en 2019, Kaïs Saïed a évoqué à plusieurs reprises ce projet pour dénoncer les lenteurs administratives, les blocages bureaucratiques et ce qu’il présente comme les dysfonctionnements de l’État.
Mais alors même que le chef de l’État multipliait les critiques contre ces retards, le projet est resté à l’arrêt pendant plusieurs années. Les échéances annoncées ont continué à être repoussées, y compris après le 25 juillet 2021 et la concentration des pouvoirs entre les mains du président. Près de neuf ans après la signature de l’accord tuniso-saoudien, le chantier n’entre véritablement dans sa phase de réalisation qu’en 2026.
M.B.Z











