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Jeunes médecins : l’OTJM accuse le ministère de les plonger dans la précarité et maintient les affectations au 1er juillet

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Par Myriam Ben Zineb

    Le bras de fer entre le ministère de la Santé et l’Organisation tunisienne des jeunes médecins (OTJM) autour de l’organisation des stages des médecins résidents se poursuit. Dans un communiqué publié dimanche 21 juin 2026, l’organisation accuse le ministère d’avoir plongé des milliers de jeunes médecins dans une situation de précarité en raison du retard pris dans le processus de choix des centres de stage et annonce appeler ses adhérents à rejoindre leurs nouvelles affectations à partir du 1er juillet, conformément au cadre légal en vigueur.

    L’OTJM affirme que le processus de désignation des centres de stage a été marqué cette année par « une confusion et un retard sans précédent », ayant des conséquences professionnelles, sociales et psychologiques sur les jeunes médecins et leurs familles.

    Selon elle, le ministère de la Santé a fixé les dates de choix des stages seulement quelques jours avant leur début, laissant aux médecins un délai insuffisant pour quitter leur logement, trouver une nouvelle location et s’installer dans une autre région, parfois située à plusieurs centaines de kilomètres.

    L’organisation considère qu’il ne s’agit pas d’un simple dysfonctionnement administratif, mais d’une « forme de maltraitance administrative systématique » envers les jeunes médecins, contraints, une nouvelle fois, de subir les conséquences d’une mauvaise gestion d’un dossier qui se répète pourtant tous les six mois.

    L’OTJM invoque le cadre légal

    L’organisation rappelle que le décret gouvernemental n°341 de 2019, fixant le cadre général des études médicales, prévoit une rotation des stages tous les six mois. Elle estime que le parcours de milliers de jeunes médecins ne peut dépendre de publications sur les réseaux sociaux ou de communiqués, mais doit être régi par les textes réglementaires publiés au Journal officiel.

    Dans ce contexte, elle annonce avoir décidé, « contrairement au ministère de la Santé », de respecter les dispositions légales en appelant les médecins à rejoindre leurs nouveaux centres de stage à compter du 1er juillet 2026.

    Selon l’OTJM, cette décision vise à garantir le respect de la réglementation tout en limitant les difficultés sociales et matérielles auxquelles seraient confrontés les jeunes médecins en raison des retards accumulés.

    L’organisation tient également le ministère de la Santé pour responsable du climat de tension qui s’est installé avec les professionnels du secteur et prévient que toute nouvelle atteinte aux droits des jeunes médecins ou tout nouveau retard dans le choix des centres de stage donnera lieu à des mouvements de protestation dans le respect des dispositions légales.

    Près de cinq mille médecins concernés

    Cette prise de position intervient alors que la contestation ne cesse de monter parmi les jeunes médecins. Selon le président de l’OTJM, Wajih Dhokkar, près de cinq mille médecins sont concernés par cette campagne de choix des stages.

    Les intéressés dénoncent un calendrier qui leur laisse seulement quelques jours pour organiser leur mobilité. Ils doivent parfois quitter leur logement, parcourir plusieurs centaines de kilomètres et trouver une nouvelle location en pleine saison estivale avant leur prise de fonction.

    L’organisation souligne que cette période coïncide avec une forte tension sur le marché locatif, notamment dans les villes du littoral où les propriétaires privilégient les locations saisonnières, rendant la recherche d’un logement encore plus difficile.

    Face aux critiques, le ministère de la Santé avait publié un communiqué précisant les modalités de la procédure. Il avait indiqué que les étudiants inscrits en troisième cycle des études médicales, admis aux précédentes sessions de 2026 et n’ayant pas finalisé leur inscription sur la plateforme dédiée, devaient s’enregistrer entre le 19 juin à 20 heures et le 21 juin à minuit. Le ministère avait également précisé que le choix des stages s’effectuerait exclusivement en ligne selon un calendrier prédéfini.

    Ces explications n’ont toutefois pas convaincu l’OTJM, qui estime que le problème ne réside pas dans la plateforme numérique, mais dans les délais imposés aux jeunes médecins pour organiser leur installation et rejoindre leurs nouvelles affectations.

    M.B.Z

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