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Incendies : déjà 417 départs de feu recensés depuis le 1er mai

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Par Myriam Ben Zineb

    Depuis le 1er mai 2026, la Tunisie a enregistré 417 départs de feu, un chiffre supérieur à celui de la même période de l’année dernière. Malgré cette hausse, les superficies touchées restent moins importantes, a indiqué mercredi 24 juin 2026 le directeur général des Forêts, Naoufel Ben Haha, sur les ondes de Mosaïque FM.

    Le responsable a expliqué que l’augmentation du nombre d’incendies est notamment liée à l’abondance de la végétation, favorisée par les importantes pluies enregistrées durant l’hiver. Malgré les opérations de débroussaillage et d’entretien menées par les services forestiers, les dernières précipitations ont entraîné une nouvelle repousse des herbes dans plusieurs régions, augmentant ainsi le risque de départs de feu.

    En revanche, les dégâts demeurent plus limités que l’an dernier. Depuis le début de la saison, les incendies ont parcouru environ 141 hectares de forêts, 220 hectares de zones herbeuses et de végétation sèche, ainsi que 380 hectares de surfaces dédidées aux céréales.

    L’incendie de Babbouche limité à cinq hectares

    Revenant sur l’incendie survenu récemment dans la région de Babbouche, à Aïn Draham, Naoufel Ben Haha a indiqué que les premières estimations font état d’une superficie brûlée d’environ cinq hectares.

    Il a également estimé que la médiatisation de cet incendie avait exagéré son ampleur, tout en rappelant que « chaque hectare perdu est une perte », soulignant que la protection du patrimoine forestier demeure une priorité.

    Selon lui, les gouvernorats de Jendouba, Le Kef, La Manouba et Béja figurent parmi les régions les plus concernées par les départs de feu depuis le début du mois de mai.

    Le facteur humain en cause

    Naoufel Ben Haha a estimé que le facteur humain reste à l’origine de la grande majorité des incendies, qu’ils concernent les forêts ou les cultures agricoles. Selon lui, ces départs de feu peuvent être volontaires ou accidentels. Il a indiqué que plusieurs enquêtes sont en cours en coordination avec les unités de la Garde nationale, ajoutant que des personnes ont déjà été interpellées tandis que d’autres investigations se poursuivent.

    Il a, par ailleurs, appelé les agriculteurs à redoubler de vigilance pendant la saison des moissons, les invitant à ne pas laisser les moissonneuses-batteuses et les tracteurs sans surveillance et à intervenir rapidement dès les premiers signes d’un incendie afin de limiter les dégâts.

    Enfin, le directeur général des Forêts a exhorté les citoyens à adopter des comportements responsables lors de leurs sorties en forêt. Il a rappelé qu’il est strictement interdit d’allumer un feu en milieu forestier entre les mois de mai et d’octobre, appelant également les visiteurs à ne pas abandonner leurs déchets et à veiller à éteindre complètement tout foyer afin d’éviter tout départ de feu.

    Un dispositif activé dès le printemps

    Pour faire face aux risques d’incendie, Naoufel Ben Haha a rappelé que les préparatifs ne commencent pas en été, mais dès le mois de mars. Les équipes de la Direction générale des Forêts interviennent alors sur les pistes forestières et les pare-feux, tout en menant des opérations d’entretien, de surveillance sanitaire des massifs forestiers et de préparation des infrastructures. Il a également souligné que la coordination est assurée en permanence entre la Direction générale des Forêts, la Protection civile, les services du ministère de l’Intérieur, les moyens aériens et le ministère de l’Équipement afin de garantir une intervention rapide en cas d’incendie.

    Le responsable a ajouté que les moyens matériels ont été renforcés, avec notamment l’acquisition de deux bulldozers supplémentaires, portant à quatre le nombre d’engins de la Direction générale des Forêts, auxquels s’ajoutent des équipements mobilisés par le ministère de l’Équipement. Ces moyens sont déployés en priorité dans les zones les plus exposées aux incendies, notamment Sejnane, Nefza, Aïn Draham, Tabarka, Jebel Mansour, le Djebel Ressas, Kesra et Le Krib, où des travaux d’entretien et d’ouverture de pistes sont menés tout au long de l’année.

    À l’approche de la saison estivale, des postes avancés de surveillance sont déployés et des cellules de coordination, aux niveaux local, régional et central, pour assurer une veille permanente.

    Pour rappel, le ministère de l’Agriculture avait annoncé, le 1er mai 2026, le lancement de la stratégie nationale de prévention des incendies de forêts et des cultures agricoles. Celle-ci prévoit notamment l’aménagement de pare-feux, le nettoyage des pistes agricoles, la réhabilitation des postes de surveillance avancés, la maintenance des moyens d’intervention, le contrôle des équipements agricoles ainsi que des campagnes de sensibilisation destinées aux agriculteurs, aux riverains des zones forestières et aux estivants. L’objectif est de limiter les risques d’incendie dans un contexte de hausse des températures et de préserver à la fois le couvert forestier et les productions agricoles.

    M.B.Z

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