Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Affaire Saadia Mosbah : la LTDH dénonce l’institutionnalisation du racisme

Article réservé aux abonnés

Par Myriam Ben Zineb

    La Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH), accompagnée de plusieurs associations et partis politiques, a dénoncé, dans un communiqué publié jeudi 25 juin 2026, la condamnation de la militante des droits humains et présidente de l’association Mnemty, Saadia Mosbah, estimant qu’il s’agit d’une nouvelle étape dans la criminalisation de l’action associative et de la défense des droits humains.

    Les signataires considèrent que la confirmation de la peine de huit ans de prison ne vise pas uniquement Saadia Mosbah, mais également les valeurs qu’elle défend à travers son engagement contre le racisme, en faveur de l’égalité, de la solidarité et de la dignité humaine. Ils estiment que cette condamnation intervient dans un contexte marqué, selon eux, par la banalisation du discours de haine et des campagnes de stigmatisation visant les migrants originaires d’Afrique subsaharienne ainsi que les personnes qui leur apportent assistance.

    Le communiqué affirme que Saadia Mosbah a choisi de soutenir les migrants subsahariens à un moment charnière, après le discours présidentiel du 21 février 2023 sur la migration irrégulière. Les organisations signataires estiment que cette déclaration a favorisé une montée des discours racistes et des violences contre les migrants, mais également contre les Tunisiens noirs.

    Selon elles, les défenseurs des droits des migrants ont ensuite été la cible de campagnes de diffamation ayant progressivement conduit à des poursuites judiciaires contre plusieurs associations actives dans ce domaine. Elles soutiennent également que l’affaire visant Saadia Mosbah revêt un caractère politique, rappelant que son arrestation, le 6 mai 2024, est intervenue le jour même où le président de la République avait renouvelé ses critiques à l’égard de certaines associations lors d’une réunion du Conseil de sécurité nationale.

    Les signataires estiment par ailleurs que les éléments présentés par la défense démontrent l’absence des fondements des accusations retenues contre la militante. Ils dénoncent également les campagnes de dénigrement et les propos racistes dont elle a fait l’objet pendant plusieurs mois, tout en appelant les organisations, partis politiques et acteurs de la société civile à faire front contre le racisme et toutes les formes de discrimination.

    La LTDH et les autres signataires réaffirment enfin leur solidarité avec Saadia Mosbah, considérant que cette condamnation ne remet pas en cause son parcours militant ni son engagement en faveur des droits humains.

    La chambre criminelle près la Cour d’appel de Tunis a confirmé, mardi 23 juin 2026, le jugement de première instance condamnant la présidente de l’association Mnemty, Saadia Mosbah, à huit ans de prison ainsi qu’à une amende de 120 mille dinars. La Cour a également prononcé un non-lieu en faveur de trois membres de l’association, tandis que quatre autres accusés ont été condamnés à deux ans de prison avec sursis.

    Saadia Mosbah et plusieurs membres de l’association étaient poursuivis dans une affaire portant notamment sur des accusations d’enrichissement illicite et d’autres infractions financières. L’affaire remonte à mai 2024. Quelques heures après une réunion du Conseil de sécurité nationale consacrée notamment à la question migratoire, au cours de laquelle le président de la République avait renouvelé ses critiques à l’égard de certaines organisations actives dans ce domaine, Saadia Mosbah avait été interpellée puis placée en détention.

    En plus de la LTDH, le communiqué est signé par la Campagne contre la criminalisation de l’action civile, l’Association Beity, l’Association Aswat Nissa, l’Association tunisienne pour les droits et les libertés, l’Association Nachaz, l’Association Intersection pour les droits et les libertés, le Forum du Renouveau, l’Organisation Al Bawsala, Avocats Sans Frontières Tunisie, l’Association Al Khatt, Amnesty International Tunisie, Legal Agenda, l’Organisation tunisienne contre la torture, la Coalition tunisienne pour l’abolition de la peine de mort, l’Association tunisienne des femmes démocrates, la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives, le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie et le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme. Les partis Al Joumhouri, des Travailleurs et Al Qotb figurent également parmi les signataires.

    M.B.Z

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *