La cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, a dressé jeudi 25 juin 2026, un tableau économique qu’elle présente comme en amélioration, lors de l’ouverture de la 22e édition du Forum de l’investissement en Tunisie, organisée les 25 et 26 juin 2026 à Tunis.
Le discours s’inscrit dans un exercice désormais classique : afficher des indicateurs macroéconomiques positifs au moment où le pays cherche à consolider ses financements extérieurs et à maintenir l’intérêt des investisseurs internationaux. Les chiffres avancés vont dans ce sens, sans pour autant lever les incertitudes structurelles qui pèsent sur l’économie.
Selon la cheffe du gouvernement, la croissance du produit intérieur brut a atteint 2,6% en 2025, contre 1,4% en 2024. Une progression présentée comme le signe d’une économie « résiliente » dans un contexte mondial jugé complexe. Dans le détail, deux moteurs sont mis en avant : l’agriculture et les industries manufacturières, deux secteurs traditionnellement volatils, dépendants des conditions climatiques et des cycles externes.
Autre indicateur central : les investissements directs étrangers. Ils ont, selon la locataire de la Kasbah, progressé de plus de 30% sur un an en 2025. Le gouvernement y voit un signal de confiance. Les données globales citées indiquent la présence de 4 296 entreprises étrangères installées dans le pays, pour un volume d’investissements cumulé estimé à 53 milliards de dinars.
Au-delà des indicateurs conjoncturels, l’exécutif a surtout mis en avant une phase de transformation annoncée. Le nouveau plan de développement 2026-2030 est présenté comme un tournant, construit selon une méthode dite « ascendante », allant du local vers le national. Une architecture déjà annoncée lors de précédents exercices de planification, mais dont la traduction concrète dépendra de la capacité administrative et financière de l’État.
Ce plan est accompagné d’un ensemble de réformes structurelles. Parmi les chantiers cités figurent la numérisation des procédures d’investissement, via une nouvelle plateforme nationale censée simplifier les démarches et réduire les délais administratifs. L’objectif affiché est clair : limiter la bureaucratie, un frein récurrent pointé par les investisseurs locaux et étrangers.
D’autres révisions législatives sont également annoncées : le Startup Act, le Code des changes, le Code des hydrocarbures, celui des énergies renouvelables, ainsi que la législation minière. S’y ajoute une refonte de la réglementation de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme. L’ensemble dessine une réforme large, mais encore au stade d’intention, dont la mise en œuvre dépendra surtout de la capacité de l’État à mobilier les ressources financières nécessaires.
L’exécutif a mis aussi l’accent la dimension internationale du modèle économique tunisien. Le pays est présenté comme un point d’articulation entre l’Europe, l’Afrique et le monde arabe. L’intégration dans la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), portée par l’Union africaine – ZLECAf, ainsi que dans le le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), est mise en avant comme levier d’ouverture.
Sarra Zaafrani Zenzri a réaffirmé, par ailleurs, la volonté de son gouvernement de maintenir des relations commerciales avec les espaces traditionnels, notamment l’Union européenne et le monde arabe, tout en cherchant à diversifier les partenariats vers l’Asie et les Amériques.
Entre consolidation des acquis et mise en œuvre des réformes annoncées, la trajectoire économique présentée par l’exécutif reste désormais suspendue à la capacité d’exécution des politiques publiques et à l’évolution du contexte économique mondial.
N.J










