À travers sa Fondation Arts & Culture by UIB, mécène principal du Festival international de Dougga, l’Union Internationale de Banques accompagne une 50e édition placée sous le signe de la célébration, mais aussi des défis. Programmation, documentaire inédit, contraintes budgétaires, retards des subventions publiques et coût des spectacles internationaux ont rythmé la présentation de ce rendez-vous culturel majeur.

Le mécénat au cœur de la 50e édition
Le Festival international de Dougga célébrera cette année son cinquantième anniversaire avec une édition que ses organisateurs qualifient d’exceptionnelle. Prévu du 10 au 25 juillet 2026 sur le site archéologique de Dougga, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, l’événement bénéficie une nouvelle fois du soutien de la Fondation Arts & Culture by UIB, mécène principal du festival.
À travers ce partenariat, l’Union Internationale de Banques (UIB), via sa Fondation Arts & Culture by UIB, confirme son engagement en faveur de la valorisation du patrimoine et du soutien aux grandes manifestations culturelles tunisiennes. Au-delà d’un appui financier, ce mécénat contribue à promouvoir la création artistique et à accompagner la pérennité d’un festival devenu l’un des rendez-vous culturels majeurs du pays.
Cette édition anniversaire proposera neuf soirées mêlant musique, théâtre et humour. Le public retrouvera notamment Shayma Helali, qui assurera la soirée d’ouverture, Saber Oueslati avec la pièce Papa Noël, Mortadha Ftiti, le projet musical réunissant Tamsin Elliott et Tarek ElAzhary, le chanteur égyptien Hakim, Nabil Ben Mesmia, Lotfi Bouchnak, Marwa Nagy, avant une clôture assurée par le spectacle Ziara de Sami Lajmi.
La soirée inaugurale sera précédée de la projection d’un documentaire consacré aux cinquante ans du Festival international de Dougga. Réalisé par Faouzi Chamli avec le soutien de la Fondation Arts & Culture by UIB, ce film retracera l’histoire de cette manifestation à travers des images d’archives, des témoignages de plusieurs figures ayant marqué son parcours ainsi que des séquences inédites mettant en lumière la mémoire du festival.

Prenant la parole lors de la conférence de presse, Mokhtar Belaatek, directeur du Festival international de Dougga et président de l’Association du Festival international de Dougga, a rappelé que cette programmation avait été pensée comme une édition exceptionnelle, conciliant artistes confirmés, jeunes talents et ouverture internationale. Il a également insisté sur la volonté de préserver une tradition chère au festival, celle d’ouvrir chaque édition avec un artiste tunisien afin de mettre en valeur la création nationale et d’offrir une vitrine aux artistes du pays.
Le responsable a également rappelé que le Festival international de Dougga a connu plusieurs grandes étapes depuis sa création. Après une première période marquée par le théâtre classique, puis une ouverture internationale à partir de 1976, le festival poursuit aujourd’hui son développement grâce à l’engagement d’une nouvelle génération de bénévoles et d’organisateurs, avec l’ambition de préserver son identité tout en l’adaptant aux attentes du public.
La programmation a toutefois suscité plusieurs interrogations de la part des journalistes présents, certains estimant que cette édition du cinquantenaire ne présentait pas le même rayonnement international que certaines éditions précédentes. En réponse, M. Belaatek a expliqué que les choix opérés répondaient à deux impératifs. Le premier est budgétaire, dans un contexte marqué par une hausse continue des coûts d’organisation des spectacles. Le second consiste à répondre aux attentes du public de la région en proposant une programmation largement tournée vers les artistes tunisiens, sans pour autant renoncer à une ouverture internationale. Il a également rappelé que le festival avait pour vocation de faire découvrir de nouveaux talents et de soutenir durablement la création nationale.

Un équilibre financier de plus en plus difficile à préserver
Au-delà de la programmation artistique, la conférence de presse a surtout permis de mettre en lumière les difficultés économiques auxquelles sont confrontés les organisateurs des festivals tunisiens.
Répondant aux questions de Business News, Mokhtar Belaatek a indiqué que le budget de cette 50e édition est compris entre 500.000 et 600.000 dinars. Un budget qui doit couvrir non seulement les cachets des artistes, mais également les dépenses de production, les moyens techniques, la sécurité, la logistique, l’accueil des délégations et l’ensemble des coûts liés à l’organisation d’un événement international.
Afin de préserver l’accessibilité du festival, les billets seront proposés entre vingt et trente dinars. Le directeur a rappelé que le théâtre antique de Dougga dispose d’une capacité d’environ 2.000 places, dont près de 200 réservées aux invités, ce qui limite à environ 1.800 le nombre de billets commercialisables. Selon lui, cette jauge ne permet pas aux seules recettes de billetterie de couvrir les coûts d’organisation d’une telle manifestation.
M. Belaatek est également revenu sur les difficultés liées au financement public. Il a indiqué que les subventions du ministère du Tourisme correspondant aux éditions 2024, 2025 et 2026 n’ont toujours pas été versées, une situation qui fragilise la trésorerie de l’association organisatrice et reporte les déficits d’une édition sur l’autre. Selon lui, lorsque les financements publics ou les contributions des partenaires arrivent avec plusieurs mois, voire plusieurs années de retard, les organisateurs sont contraints d’avancer les dépenses sur le budget des éditions suivantes. « Les idées existent, les artistes veulent venir, mais les festivals ont besoin d’un véritable soutien », a-t-il plaidé, estimant que des financements versés dans les délais permettraient de renforcer la programmation et de développer de nouveaux projets.
Interrogé également par Business News sur les difficultés d’accès aux devises nécessaires à la venue des artistes étrangers, le directeur du festival a expliqué que les dossiers suivent un circuit administratif impliquant notamment les services compétents du ministère de la Culture puis la Banque centrale de Tunisie. Il a précisé qu’au moment de la conférence, certaines autorisations étaient encore en cours de traitement. Il a rappelé que le festival poursuivait ses démarches dans le respect des procédures administratives en vigueur.

Le coût réel d’un spectacle international
Répondant à une autre question de Business News consacrée aux deux concerts de Bryan Adams, organisés en mai dernier, Mokhtar Belaatek a expliqué que cette opération avait bénéficié d’un budget exceptionnel, distinct de celui consacré à la 50e édition du Festival international de Dougga.
Le directeur du festival a toutefois tenu à rappeler que le coût d’un spectacle international ne se résume pas au seul cachet de l’artiste. Selon lui, si celui de Bryan Adams est resté « raisonnable » au regard de la renommée mondiale du chanteur canadien, l’organisation d’un tel événement génère de nombreuses dépenses annexes qui pèsent lourdement sur le budget.
À titre d’exemple, il a indiqué que le festival s’était acquitté de 180.000 dinars d’impôts dans le cadre de ces deux concerts. À cette charge fiscale se sont ajoutés 170.000 dinars pour le transport aérien de l’artiste depuis l’Afrique du Sud, via Francfort, jusqu’en Tunisie. Selon lui, ces montants illustrent le poids des charges périphériques qui accompagnent la venue d’artistes internationaux, bien au-delà de leur seul cachet.
Le responsable a également rappelé que les coûts de production ont fortement augmenté ces dernières années. Entre les cachets, les prestations techniques, les moyens de sécurité, les transports, l’hébergement des artistes et des équipes techniques, ainsi que les différentes taxes applicables, l’organisation d’un festival international représente un défi financier de plus en plus complexe.
« Les idées existent, les artistes veulent venir et nous sommes régulièrement sollicités. Ce dont les festivals ont besoin aujourd’hui, c’est d’un véritable soutien », a insisté Mokhtar Belaatek, rappelant que les équipes organisatrices poursuivent leur travail avant tout par passion pour la culture et avec la volonté de préserver un événement qui constitue l’un des principaux rendez-vous culturels du nord-ouest du pays.
Au-delà de la programmation de cette 50e édition, le Festival international de Dougga met ainsi en lumière l’évolution du modèle de financement des grandes manifestations culturelles tunisiennes. Si l’appui des pouvoirs publics demeure indispensable, le mécénat privé occupe désormais une place de plus en plus importante dans leur pérennité.

À travers sa Fondation Arts & Culture by UIB, mécène principal du Festival international de Dougga, l’Union Internationale de Banques confirme sa volonté d’accompagner durablement les grands rendez-vous culturels du pays. Un engagement qui contribue non seulement à soutenir la création artistique, mais aussi à préserver et valoriser le patrimoine culturel tunisien. D’autres entreprises se sont également engagées ces dernières années dans cette dynamique, à l’image d’Ooredoo, d’Artes à travers les marques Renault et Nissan, ou encore de Tunisair. À l’heure où les organisateurs doivent composer avec des coûts de production en hausse et des retards dans le versement des financements publics, le mécénat d’entreprise apparaît plus que jamais comme un levier essentiel pour assurer la pérennité des grandes manifestations culturelles tunisiennes.
À l’heure où les grands festivals tunisiens doivent composer avec la hausse des coûts de production et les retards des financements publics, l’expérience de Dougga montre que le mécénat privé s’impose progressivement comme un complément indispensable au soutien de l’État. À travers sa Fondation Arts & Culture by UIB, l’Union Internationale de Banques illustre cette évolution en accompagnant une manifestation qui, cinquante ans après sa création, continue de faire vivre le patrimoine et la création artistique tunisienne.
I.N.











Commentaire
Gg
Question bête, mais il faut la poser.
Pas une fois dans cet article il n’est fait allusion à la préservation de ce site exceptionnelle et de la campagne alentour.
Allez vous prendre soin de Dugga, ou allez vous la transformer en barraques à frites, parkings et dépôts d’ordures à ciel ouvert?
Pas sympa la question, mais quand on voit ce qui se passe ailleurs, elle mérite d’être posée !