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 La Russie a-t-elle annoncé le premier vaccin capable de guérir le cancer ?

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    Des publications largement relayées sur Facebook affirment que la Russie aurait annoncé le « premier vaccin contre le cancer », baptisé Neoonkovac, qui aurait déjà été administré à un premier patient de 60 ans atteint d’un mélanome. Selon ces publications, il s’agirait d’un vaccin personnalisé à ARN messager (mRNA), conçu à partir de la tumeur de chaque patient afin d’aider le système immunitaire à reconnaître et détruire les cellules cancéreuses. La publication de ces messages laisse entendre qu’une avancée majeure et généralisée contre le cancer serait désormais disponible.

    Nous avons vérifié ces affirmations. Nos recherches montrent d’abord que le terme Neoonkovac ne désigne pas un vaccin universel contre le cancer. Il s’agit du nom utilisé dans les médias russes pour un projet de vaccin thérapeutique expérimental à ARN messager (ARNm) développé avec le soutien du ministère russe de la Santé et du Centre national de recherche en épidémiologie et microbiologie Gamaleïa. Contrairement à un vaccin préventif, comme ceux contre la rougeole ou le papillomavirus (HPV), Neoonkovac est un traitement personnalisé destiné uniquement à des personnes déjà atteintes d’un cancer.

    Son principe repose sur l’analyse génétique de la tumeur du patient. Les chercheurs identifient les mutations propres à la tumeur, appelées « néoantigènes », puis conçoivent un vaccin contenant les instructions génétiques (ARNm) permettant au système immunitaire de reconnaître ces cellules cancéreuses et de les attaquer. Chaque vaccin est donc fabriqué spécifiquement pour un seul patient, ce qui signifie qu’il ne peut pas être utilisé chez d’autres malades.

    Cependant, contrairement à ce que suggèrent les publications virales, Neoonkovac n’est pas un traitement disponible pour tous les patients et n’a pas été officiellement présenté comme un vaccin capable de guérir tous les cancers. À ce jour, les autorités russes ont principalement communiqué sur le lancement d’essais et sur le développement de cette technologie, mais les données scientifiques publiées restent limitées.

    Par ailleurs, le vaccin thérapeutique russe dont l’utilisation clinique est aujourd’hui la mieux documentée est Oncopept, développé par des institutions scientifiques de l’Agence fédérale médico-biologique de Russie (FMBA). À la fin de l’année 2025, ce vaccin personnalisé a obtenu une autorisation d’utilisation clinique pour le traitement du cancer colorectal. En avril 2026, les autorités russes ont annoncé que le premier patient avait reçu ce traitement, après la sélection de 24 patients parmi 543 dossiers étudiés.

    Il est également important de rappeler que les vaccins thérapeutiques personnalisés contre le cancer ne constituent pas une innovation exclusivement russe. Des laboratoires dans plusieurs pays développent depuis plusieurs années des vaccins individualisés à ARN messager contre différents cancers, notamment le mélanome, le cancer du pancréas ou certains cancers du poumon. Ces approches demeurent expérimentales et sont adaptées à des types de cancers précis.

    Au terme de notre vérification, les publications sont trompeuses. Si Neoonkovac correspond bien à un projet russe de vaccin thérapeutique personnalisé à ARN messager, il ne s’agit ni d’un vaccin préventif ni d’un vaccin universel contre le cancer. Quant au vaccin Oncopept, il est spécifiquement destiné au traitement du cancer colorectal chez des patients sélectionnés.

    R.A

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