Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Plan 2026-2030 : des ambitions, mais avec quels moyens ?

Article réservé aux abonnés

Par Houcine Ben Achour

    Les représentants de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) et les élus au Conseil national des régions et districts auront-ils le délai suffisant pour examiner les documents du projet de Plan de développement 2026-2030 ? Car, le ministère de l’Économie et de la Planification n’y est pas allé avec le dos de la cuillère mais à la louche. Pas moins de trois documents et près d’un millier de pages et des dizaines de graphiques et tableaux. Cela rappelait d’ailleurs étrangement ce qui se faisait avant 2011 avec la publication de trois documents de plan, l’un présentait les équilibres et les objectifs socioéconomiques globaux, l’autre abordait les orientations et objectifs sectoriels et un troisième dédié au développement régional. Le gouvernement aurait-il adopté cette même démarche cherchant à faire du neuf avec du vieux ?

    Trois documents qui abordent autant d’angles de développement. Un premier document sur « Les grandes orientations et les objectifs socioéconomiques » résume en quelque sorte le contenu du document concernant « Les politiques de développement » ainsi que le document sur les politiques de « Développement des territoires ».

    Un bond significatif du taux de croissance

    Ainsi, le taux de croissance sur la période devrait aller crescendo de 2,6% en 2026 à 5,1% en 2030. Autrement dit, l’économie du pays gagnerait environ 0,5 point de pourcentage chaque année. D’un point de vue sectoriel, l’industrie devrait enregistrer une croissance moyenne de 5,1% l’an. Ce qui apparait fort ambitieux compte tenu des résultats affichés sur la période 2021-2025 durant laquelle le secteur industriel n’a enregistré qu’une croissance moyenne de 1,8%. En matière agricole, l’objectif est de stabiliser le taux de progression de la valeur ajoutée du secteur autour de 3% et éviter les mouvements erratiques de l’activité agricole. Quant au secteur des services, il devrait connaitre un rythme de croissance moyen de 4,2%. Cependant, il est curieux de constater que la valeur ajoutée du secteur des Tics et de l’économie ne croîtrait que de 4,5% par an durant la période du plan dans un contexte de développement exponentiel de l’activité numérique et de communication. Alors que pour les autres secteurs le gouvernement semble avoir fait preuve de volontarisme, il n’en a pas fait de même pour les Tics et l’économie numérique.

    Une croissance tirée par l’investissement

    Les facteurs sectoriels de la croissance ne doivent nullement occulter les déterminants de cette croissance que sont la consommation et l’investissement. Durant la période, le taux de croissance économique du pays sera tiré par l’investissement avec une évolution du volume annuel de près de 10% par an en valeur réelle contre seulement 2,8% l’an durant la période 2021-2025. En valeur courante, le volume d’investissement du pays devrait évoluer à un rythme de plus de 15% par an, soit plus du double par rapport au rythme annuel moyen de la période 2021-2025. Cette progression annuelle moyenne devrait élever le taux d’investissement du pays de 15,5% en 2025 à 20% en 2030. A ce stade, une question s’impose : le gouvernement aurait-il les capacités et les moyens pour arriver à cette fin ?

    En tout cas, avec un tel rythme de croissance, il prévoit une cadence de progression du revenu par habitant de 6,5% par an au cours du plan 2026-2030, pour atteindre 21.500 dinars par habitant en 2030 contre seulement 16.200 dinars actuellement. De la sorte, le pays devrait faire partie des « nations à revenu intermédiaire de la tranche supérieure », précise le document.    

    Des paiements extérieurs sous tension

    Par ailleurs, les paiements extérieurs devraient connaître une relative détente dans la mesure où la moyenne du déficit courant serait limitée à 3,4% par an durant le plan 2026-2030 contre un déficit moyen de 4,1% par an au cours de la période 2021-2025. Il n’empêche, cela n’évitera pas les tensions sur les réserves en devises et sur le taux de change. A cela il faudrait éventuellement ajouter les tensions inflationnistes en dépit de l’objectif du gouvernement d’atteindre 4,8% d’inflation en 2030 contre 5,3% en 2025.

    Une maîtrise des finances publiques

    S’agissant des finances publiques, le gouvernement table sur une réduction progressive du déficit budgétaire qui atteindrait 3% du PIB à l’orée de 2030 ainsi qu’une limitation de l’endettement public à hauteur de 80% du PIB. Pour cela, il compte renforcer les ressources propres du budget de l’État afin qu’elles représentent 80% du total des ressources budgétaires grâce à un accroissement des ressources non-fiscales et à l’intégration de 50% de l’activité informelle dans le secteur formel.

    Tous ces objectifs se fondent sur cinq orientations majeures et près d’une vingtaine d’axes de développement. Il s’agit d’abord de promouvoir un développement social équitable et global (5 axes), de rationaliser le tissu économique et de développer l’infrastructure de base (4 axes), de réaliser la sécurité alimentaire, hydrique et énergétique ainsi que de préserver un environnement sain, et enfin, une orientation visant à moderniser le cadre institutionnel et améliorer l’efficacité des services publics.

    Cela étant, la question demeure encore et toujours lancinante et récurrente à la fois : Comment financer tout cela.

    Évolution des ressources et emplois à prix constants(%)

    Evolution (%)2025Moyenne 2021-202520262027202820292030Moyenne 2026-2030
    PIB Prix du marché2,62,43,33,84,24,75,14,2
    Importations de biens et services2,36,62,63,23,43,94,33,5
    Consommation publique1,41,22,22,83,33,643,2
    Consommation privé21,82,32,733,23,63
    Consommation totale1,91,72,32,73,13,33,73
    FBCF5,42,86,710,912,311,57,59,8
    Exportations de biens et services0,77,81,32,22,83,23,52,6

    Évolution de la Valeur ajoutée sectorielle à prix constants (%)

    2025Moyenne 2021-202520262027202820292030Moyenne 2026-2030
    Agriculture et pêches10,30,151,533,13,13,1
    Industries2,31,84,54,855,165,1
    Services2,92,92,83,94,34,25,24,2

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés

    Commentaire

    1. le financier

      Répondre
      26 juin 2026 | 11h16

      j ai bien rit en lisant ca  » il prévoit une cadence de progression du revenu par habitant de 6,5% par an au cours du plan 2026-2030, pour atteindre 21.500 dinars par habitant en 2030 contre seulement 16.200 dinars actuellement. »

      soit 5% d inflation par an vous donnera un pouvoir d achat de 21 500 dans 4ans , aucun gain de croissance … donc les tunisiens vont encore + souffrir et acheter les meme choses voir moins avec le meme pouvoir d achat

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *