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Plan de développement 2026-2030 : Issam Chouchen met en doute sa faisabilité face aux contraintes financières

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Par Nadya Jennene

    Le député et président de la Commission des finances et du budget à l’Assemblée des représentants du peuple, Issam Chouchen, est revenu, jeudi 25 juin 2026, sur le projet de plan de développement 2026-2030, détaillant ses mécanismes institutionnels, ses ambitions affichées et les contraintes qui pèsent sur sa mise en œuvre.

    Dans une intervention sur Diwan FM, il a rappelé la nature même de ce document stratégique, souvent au cœur des débats publics. Le plan de développement, a-t-il expliqué, ne doit pas être perçu comme une simple liste de promesses sectorielles, mais comme une vision d’ensemble portée par le gouvernement, couvrant l’ensemble des politiques publiques sur plusieurs années.

    Ce cadre, selon lui, s’inscrit dans une logique pluriannuelle, parfois sur quatre, cinq ou même dix ans selon les expériences passées, et vise à orienter les choix économiques et sociaux de l’État. Il constitue, en théorie, la traduction opérationnelle des orientations nationales.

    Il a souligné que ce plan a été élaboré selon une nouvelle méthode introduite par le cadre institutionnel actuel. Celle-ci repose sur une approche dite « ascendante », partant des collectivités locales pour remonter vers les niveaux régional et national.

    Concrètement, le processus s’articule autour de plusieurs étapes : les propositions sont d’abord formulées au niveau local, puis consolidées à l’échelle des régions et des districts, avant d’être intégrées dans une synthèse sectorielle élaborée par les ministères. Ce mécanisme aurait permis, selon les données évoquées, de recenser près de 49 960 projets, issus à la fois des territoires et de l’administration centrale.

    Le député a toutefois souligné que cette masse de projets pose, à elle seule, une question de faisabilité, tant sur le plan financier que sur celui de la gouvernance.

    Une procédure institutionnelle en plusieurs étapes

    Sur le plan institutionnel, le projet de plan est soumis à une procédure spécifique. Il est transmis à l’Assemblée des représentants du peuple, où chaque commission l’examine selon son domaine de compétence. Le texte, a précisé le député, ne peut pas être amendé en profondeur : il s’agit essentiellement d’un vote global, sous la forme d’un article unique, par lequel les parlementaires se prononcent pour son adoption ou son rejet.

    Après cette étape, le document est transmis à la seconde chambre, le Conseil national des régions et des districts, qui joue un rôle central dans la validation finale du plan.

    Cette articulation entre les deux chambres constitue, selon lui, une innovation institutionnelle majeure, mais également un facteur de complexité supplémentaire dans le processus décisionnel.

    Des ambitions confrontées aux réalités budgétaires

    Au-delà de l’architecture institutionnelle, Issam Chouchen a surtout insisté sur la question de la faisabilité économique du plan. Il a rappelé que les précédents plans de développement en Tunisie avaient affiché des taux d’exécution relativement faibles, souvent compris entre 35% et 37%.

    Ce constat, selon lui, n’est pas conjoncturel, mais structurel. Les raisons sont multiples : insuffisance des ressources financières, lourdeurs administratives, difficultés de mobilisation des investissements, mais aussi déséquilibres dans la programmation elle-même.

    Le député a ainsi souligné que la capacité réelle d’exécution des projets serait largement inférieure aux ambitions affichées sur le papier.

    Il a évoqué un déficit budgétaire important, financé en partie par l’endettement intérieur et extérieur, estimant que les marges de manœuvre de l’État restent limitées.

    Dans ce contexte, le financement d’un plan de développement aussi ambitieux apparaît, selon lui, comme un défi majeur. Les besoins évoqués dépasseraient largement les capacités actuelles de mobilisation des ressources, dans un contexte économique international marqué par l’inflation, la volatilité des taux et la pression sur le dinar.

    Au-delà des chiffres, le député a questionné la cohérence globale du modèle de développement proposé. Selon lui, un plan stratégique doit avant tout reposer sur une adéquation entre les objectifs fixés et les moyens disponibles. Or, il estime que cette articulation n’est pas suffisamment clarifiée dans la version actuelle du document.

    Il a également mis en garde contre une vision trop centralisée ou trop théorique de la planification, déconnectée des capacités réelles d’exécution sur le terrain.

    Le député a rappelé, par ailleurs, que certaines régions continuent d’accuser un retard significatif en matière de développement, malgré leur important potentiel économique.

    Il a notamment évoqué plusieurs régions de l’intérieur et du sud du pays, soulignant que certaines d’entre elles disposent de ressources considérables, qu’elles soient agricoles, touristiques ou industrielles, mais restent confrontées à un déficit d’investissement et à la persistance de projets bloqués ou inachevés.

    Cette situation, selon lui, interroge directement l’efficacité des mécanismes actuels de répartition des investissements publics.

    Issam Chouchen a, dans ce sens, appelé à une lecture plus réaliste et plus prudente du plan de développement. S’il reconnaît l’importance de doter le pays d’une vision stratégique à moyen terme, il a insisté sur la nécessité d’éviter des écarts trop importants entre l’ambition politique et la capacité d’exécution.

    Pour lui, la réussite du plan dépendra moins du nombre de projets annoncés que de la cohérence de leur mise en œuvre, de la disponibilité des ressources et de la capacité des institutions à suivre le rythme fixé.

    N.J

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