Après des décennies d’hostilité et plusieurs mois d’une guerre dévastatrice, Israël et le Liban ont signé, vendredi 26 juin 2026, à Washington un accord-cadre sous médiation américaine. Présenté comme une première étape vers une paix durable, le texte est déjà contesté par le Hezbollah, tandis que Benjamin Netanyahu prévient que les habitants des zones occupées par l’armée israélienne ne pourront pas regagner leurs foyers.
Réunis à Washington, les représentants des deux pays ont signé, sous la médiation des États-Unis, un accord-cadre destiné à ouvrir la voie à « une paix et une sécurité durables ».
Le contenu du texte n’a pas été rendu public. Lors de la cérémonie de signature, le secrétaire d’État américain Marco Rubio s’est toutefois félicité d’un accord établissant « un cadre pour une paix et une sécurité durables », fruit de plusieurs semaines de discussions directes entre les deux pays.
Ces pourparlers, entamés à la mi-avril sous l’égide de Washington, étaient les premiers du genre depuis des décennies entre deux États qui demeurent officiellement en état de guerre.
Aoun salue un premier pas
Pour les autorités libanaises, l’accord représente une avancée majeure. L’ambassadrice du Liban à Washington, Nada Hamadeh Moawad, y voit « un premier pas vers la restauration de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Liban », devant permettre une cessation définitive des hostilités et le retour des déplacés.
Quelques heures plus tard, le président libanais Joseph Aoun a repris ce message dans une déclaration officielle. Il a qualifié l’accord de « première étape » vers un Liban pleinement souverain, promettant de poursuivre les efforts jusqu’à la disparition de toute « occupation », « tutelle » ou « subordination ». Il a assuré que les habitants pourraient revenir sur « leurs terres entièrement libérées » et que les zones détruites seraient reconstruites sous l’autorité exclusive de l’État libanais.
Les habitants déplacés de la zone occupée par Israël ne pourront pas revenir
Côté israélien, le ton est plus prudent. L’ambassadeur d’Israël à Washington, Yechiel Leiter, a insisté sur le fait que « l’Iran est exclu, le Hezbollah est exclu » de ce processus, estimant que la voie vers la paix est désormais ouverte.
Mais le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rapidement fixé les limites de l’accord. Dans une déclaration vidéo diffusée vendredi, il a affirmé que les habitants ayant fui les secteurs désormais occupés par l’armée israélienne dans le sud du Liban ne seraient pas autorisés à rentrer chez eux.
« Nous n’y laissons pas entrer le Hezbollah et nous ne laissons pas non plus entrer la population civile », a-t-il déclaré, confirmant ainsi le maintien de la « zone de sécurité » contrôlée par Israël sur une profondeur d’une dizaine de kilomètres au-delà de la frontière.
Le Hezbollah dénonce un risque de guerre civile
Le mouvement chiite, farouchement opposé aux négociations engagées avec Israël, a immédiatement rejeté l’accord.
Le député Hassan Fadlallah a estimé que les autorités libanaises seraient incapables d’appliquer les engagements pris à Washington sans provoquer une « guerre civile » avec l’appui des États-Unis. Selon lui, l’accord constitue également une tentative de remettre en cause le protocole conclu le 17 juin entre l’Iran et les États-Unis, qui prévoyait notamment la fin des hostilités sur l’ensemble des fronts, y compris au Liban.
Quelques heures auparavant, le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, avait de nouveau exigé le retrait « inconditionnel » des forces israéliennes du sud du Liban.
Une guerre loin d’être terminée
La signature intervient après plusieurs mois d’un conflit particulièrement meurtrier. Les hostilités avaient repris début mars.
Depuis, l’armée israélienne a mené des frappes meurtrières au Liban et déployé des troupes, occupant le sud du pays. Selon les autorités libanaises, les attaques ont fait plus de 4.200 morts. Une trêve annoncée le 17 avril n’avait jamais réellement été respectée.
Si l’accord signé à Washington ouvre une perspective diplomatique inédite entre les deux pays, les profondes divergences sur l’occupation du sud du Liban, le désarmement du Hezbollah et le retour des populations déplacées laissent présager une mise en œuvre particulièrement délicate.
BN avec AFP











Commentaire
Benhassine
Désormais L’ingérence étrangère dans les affaires libanais sous prétexe de resistance contre idraeil rend cette accord trop fragile et ma plaie saignera tant que cette ingérence dure