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Youssef Tarchoun : certains ministères sont défaillants, mais je ne suis pas favorable au boycott

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Par Nadya Jennene

    Le député Youssef Tarchoun a pris ses distances avec le communiqué publié par le bloc parlementaire « Pour que le peuple triomphe », qui a annoncé son intention de boycotter les travaux du gouvernement à l’Assemblée des représentants du peuple. Invité vendredi 26 juin 2026 sur Jawhara FM, le parlementaire a tenu à préciser qu’il ne faisait plus partie de ce bloc et qu’il n’adhérait pas à cette stratégie, même s’il partage une partie des critiques formulées à l’encontre de l’Exécutif.

    Après avoir rappelé qu’il avait participé à la création de l’initiative « Pour que le peuple triomphe » et qu’il en avait été l’un des fondateurs, le député a souligné qu’il siégeait aujourd’hui dans un autre groupe parlementaire constitué avec plusieurs collègues, ce qui l’empêche de s’exprimer au nom du bloc à l’origine du communiqué.

    Selon lui, le texte publié relève avant tout d’une appréciation politique de la situation du pays. Les députés qui l’ont signé estiment que le gouvernement « n’a pas été à la hauteur des attentes » et ont choisi d’exprimer cette évaluation à travers une décision de boycott.

    Dans son communiqué, le bloc « Pour que le peuple triomphe » a annoncé qu’il ne participerait plus à l’examen des textes présentés par le gouvernement.

    Cette décision est motivée par ce qu’il considère comme un blocage du travail législatif au Parlement. Selon lui, de nombreux dossiers connaissent des retards répétés et l’Exécutif ne coopère pas suffisamment avec les commissions parlementaires.

    Le bloc parlementaire reproche également au gouvernement de ne pas assister régulièrement aux réunions consacrées aux propositions de loi déposées par les députés et de tarder à publier plusieurs décrets d’application nécessaires à l’entrée en vigueur de certaines lois.

    Selon lui, la présence de l’Exécutif au Parlement se limite essentiellement à la présentation de projets de loi relatifs à des emprunts, sans véritables initiatives portant sur les grandes orientations économiques ou sociales du pays.

    Dans son communiqué, « Pour que le peuple triomphe »  est allé jusqu’à appeler le président de la République à procéder à un remaniement gouvernemental dans les plus brefs délais, estimant que l’équipe actuelle n’est plus en mesure de répondre aux attentes des Tunisiens.

    Reconnaissant les insuffisances de l’action gouvernementale, Youssef Tarchoun a, toutefois, refusé d’adhérer au boycott des travaux parlementaires liés au gouvernement. « Je ne considère pas que ce soit la solution », a-t-il affirmé.

    Le député a avancé que plusieurs ministères présentaient effectivement des défaillances. En revanche, selon lui, le rôle d’un parlementaire consiste précisément à débattre des projets de loi, à les amender si nécessaire et à exercer son contrôle sur l’action gouvernementale, plutôt qu’à renoncer à participer aux travaux. Pour lui, un boycott reviendrait notamment à refuser d’examiner des textes importants, qu’il s’agisse de projets de loi ou d’accords financiers, une démarche qu’il ne partage pas.

    Le député a également plaidé contre les généralisations lorsqu’il s’agit d’évaluer l’action des institutions. Selon lui, il est injuste de condamner collectivement les députés, les médias ou le gouvernement dans l’ensemble. Chaque responsable doit être jugé sur son propre bilan et assumer individuellement ses responsabilités.

    Il a noté ainsi que certaines composantes du gouvernement mériteraient d’être sévèrement critiquées, sans pour autant remettre en cause l’ensemble de l’équipe gouvernementale.

    Selon Youssef Tarchoun, la démarche du bloc « Pour que le peuple triomphe » traduit un malaise politique qu’il serait imprudent d’ignorer, car cette position rejoint celle exprimée récemment par d’autres formations politiques. À son sens, cette convergence constitue un signal que le gouvernement devrait prendre en considération.

    L’élu a réitéré qu’il appartenait désormais à l’Exécutif d’écouter ces critiques, d’analyser les insuffisances relevées par plusieurs acteurs politiques et d’apporter les corrections nécessaires, sans que le dialogue institutionnel ne soit interrompu. 

    N.J

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