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Accès aux plages — Bizerte : le gouverneur lance une offensive contre les occupations abusives

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Par Nadya Jennene

    Chaque été, le même phénomène se répète sur le littoral tunisien, et plus particulièrement dans le gouvernorat de Bizerte : la multiplication de bars de plage, cafés et autres installations saisonnières qui finissent, dans certains cas, par privatiser des portions entières du domaine public maritime. Face à cette dérive, les autorités locales affichent désormais une volonté de reprendre la main.

    En visite samedi 27 juin 2026 sur plusieurs plages de Ghar El Melh, Rafraf et Aïn Mestir, le gouverneur de Bizerte, Salem Ben Yaacoub, a ordonné un renforcement immédiat des contrôles et une application stricte de la loi à l’encontre de tous les exploitants qui ne respectent pas les conditions d’occupation temporaire du littoral.

    Le responsable a demandé à l’ensemble des services administratifs et de contrôle de multiplier les inspections tout au long de la saison estivale et de sanctionner, sans exception, les contrevenants qui empiètent sur le domaine public ou portent atteinte aux droits des estivants.

    Ce rappel intervient dans un contexte où le développement des beach bars s’est considérablement accéléré ces dernières années sur les côtes de Bizerte et autres zones côtières. Si les autorisations d’occupation temporaire sont prévues pour encadrer certaines activités saisonnières, plusieurs installations dépassent largement ce cadre en s’appropriant des espaces publics, en multipliant les équipements fixes ou en imposant de fait une privatisation de plages pourtant accessibles à tous.

    Lors de cette tournée, effectuée en présence du secrétaire général du gouvernorat, des autorités locales, des représentants de l’Agence de protection et d’aménagement du littoral, ainsi que des responsables de la Garde nationale et de la Garde maritime, le gouverneur a insisté sur un principe qu’il a qualifié d’essentiel : l’occupation commerciale du littoral constitue une exception et non une règle.

    Il a rappelé que le littoral demeure un bien public appartenant à l’ensemble des citoyens et que les espaces libres doivent être préservés afin de garantir un accès équitable aux plages durant la haute saison.

    Au-delà de la question de l’occupation du domaine public, les autorités entendent également renforcer les contrôles sanitaires, environnementaux et commerciaux. Les exploitants devront respecter les normes en vigueur en matière d’hygiène, de sécurité et de protection de l’environnement, alors que l’affluence estivale atteint son pic dans les stations balnéaires du gouvernorat.

    Reste désormais à savoir si ces annonces se traduiront par des mesures concrètes sur le terrain. Chaque saison, des campagnes similaires sont annoncées, mais les infractions constatées se poursuivent souvent tout au long de l’été. 

    Pour de nombreux estivants, le véritable enjeu est désormais de voir les autorités faire respecter durablement le caractère public des plages tunisiennes, plutôt que de limiter leur action à des rappels ponctuels de la réglementation.

    N.J

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