La tension entre l’Ordre des ingénieurs tunisiens et les écoles privées d’ingénierie est loin d’être retombée. À l’occasion du Forum national de l’orientation universitaire, organisé à Tunis, le président de l’Ordre des ingénieurs, Mohsen Gharsi, a réaffirmé la position ferme de l’organisation : aucune concession ne sera faite envers les établissements qui ne respectent pas les standards internationaux de la formation en ingénierie.
Cette déclaration vient raviver un différend ancien autour de la qualité des cursus proposés dans le secteur privé et de leurs conséquences sur la réputation du diplôme d’ingénieur tunisien. « Nous resterons vigilants face à toute institution qui dispense une formation d’ingénieur sans se conformer aux normes académiques et professionnelles reconnues à l’échelle internationale », a déclaré Mohsen Gharsi, à Mosaïque FM.
Pour le responsable, la qualité de la formation constitue le principal rempart pour préserver la crédibilité de l’ingénieur tunisien, aussi bien sur le marché national qu’à l’étranger.
En effet, depuis plusieurs années, l’Ordre des ingénieurs alerte régulièrement sur la multiplication des établissements privés proposant des formations en ingénierie. Si ces écoles sont autorisées par les autorités compétentes, l’Ordre estime que toutes ne répondent pas aux exigences pédagogiques, scientifiques et techniques attendues pour former des ingénieurs.
Cette question a donné lieu, à plusieurs reprises, à des tensions entre l’institution ordinale et certains acteurs de l’enseignement supérieur privé. L’Ordre reproche notamment à certains établissements de privilégier leur développement commercial au détriment de l’excellence académique, un constat que les écoles concernées contestent régulièrement.
Mohsen Gharsi a rappelé que l’Ordre des ingénieurs ne délivrait pas les autorisations d’ouverture des écoles privées. En revanche, la législation lui confère la responsabilité de veiller à la qualité de la formation d’ingénieur et à sa conformité avec les référentiels internationaux.
Dans cette optique, il a invité les futurs étudiants à faire preuve de vigilance avant de choisir une école privée. Selon lui, les candidats doivent examiner attentivement les programmes d’enseignement, les accréditations académiques ainsi que la reconnaissance des diplômes, plutôt que de se fier aux campagnes publicitaires ou aux contenus diffusés sur les réseaux sociaux.
Le responsable a toutefois nuancé son propos en soulignant que de nombreuses institutions, publiques comme privées, ont engagé des réformes pour aligner leurs cursus sur les standards internationaux. Cette évolution contribue, selon lui, à renforcer la réputation de l’ingénieur tunisien, dont les compétences continuent d’être reconnues dans de nombreux pays.
Mohsen Gharsi a réitéré que la Tunisie disposait avant tout d’un capital humain qu’il convient de préserver, notant que garantir un enseignement de qualité est une responsabilité partagée entre les établissements, les autorités publiques et les organisations professionnelles.
N.J










