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La Steg croule sous les dettes : 7 milliards de dinars d’encours et 6 milliards d’impayés 

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Par Nadya Jennene

    Les entreprises publiques tunisiennes continuent de sombrer. Entre endettement croissant, difficultés de trésorerie, et investissements reportés, plusieurs établissements stratégiques peinent à assurer leurs missions dans des conditions normales.  La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg), pilier de la sécurité énergétique du pays, illustre parfaitement cette situation avec des équilibres financiers fortement fragilisés. 

    Lors d’une audition devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple, consacrée à l’examen de deux projets de loi relatifs à des garanties de l’État en faveur de nouveaux financements de la Banque mondiale, les responsables de la Steg ont dressé un état des lieux particulièrement préoccupant.

    Au 23 juin 2026, l’endettement total de la Steg atteignait 7,356 milliards de dinars. Dans le même temps, l’entreprise fait face à 6,061 milliards de dinars de créances impayées auprès de ses différents clients, qu’il s’agisse de particuliers, d’entreprises privées ou d’établissements publics.

    Cette double contrainte pèse lourdement sur la trésorerie de l’entreprise. Les dirigeants ont estimé que cette situation impose la mobilisation de nouvelles ressources financières afin de garantir la continuité du service public et de poursuivre les projets d’investissement déjà programmés.

    La séance parlementaire portait précisément sur deux projets de loi visant à approuver les garanties de l’État pour deux prêts accordés par la Banque mondiale.

    Le premier financement, d’un montant de 1,27 milliard de dinars, et le second, de 87 millions de dinars, octroyés par est accordé par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD).

    Ces financements s’inscrivent dans le contrat-programme conclu entre l’État tunisien et la Steg le 5 février 2025 pour la période 2024-2028. Ce document prévoit une série de réformes destinées à restaurer les équilibres financiers de l’entreprise tout en améliorant sa gouvernance et ses performances opérationnelles. 

    Concrètement, les décaissements seront effectués progressivement, à mesure que la Steg atteindra des objectifs précis en matière de développement des énergies renouvelables, d’amélioration de sa situation financière, de performance opérationnelle, de gouvernance et de transparence.

    Les responsables de la Steg ont, dans ce contexte, expliqué que les difficultés financières de l’entreprise résultaient d’un ensemble de facteurs accumulés depuis plusieurs années.

    Parmi les principales causes figurent des tarifs de vente de l’électricité et du gaz qui demeurent inférieurs aux coûts réels de production, le poids des subventions non compensées, l’accumulation de la dette, l’augmentation des pertes sur le réseau ainsi que la forte volatilité des prix internationaux des hydrocarbures et du taux de change du dinar. 

    Les chiffres présentés devant les députés illustrent ce déséquilibre. En 2025, le prix moyen de vente de l’électricité s’établissait à 290,7 millimes par kilowattheure, alors que son coût de production atteignait 456,3 millimes. Pour le gaz naturel, la situation est encore plus marquée : le prix moyen de vente était de 647,4 dinars par tonne équivalent pétrole, contre un coût de production de 1 497,7 dinars.

    La structure même de la production énergétique tunisienne demeure un facteur de vulnérabilité.

    Aujourd’hui encore, plus de 95% de l’électricité produite en Tunisie repose sur le gaz naturel. Les combustibles représentent ainsi près de 72% du coût de production de l’électricité et 89% de celui du gaz naturel, rendant la Steg particulièrement exposée aux fluctuations des marchés internationaux.

    À cela s’ajoutent les pertes techniques et commerciales sur le réseau. Le taux de pertes énergétiques atteint 19,7%, une part importante étant attribuée aux raccordements illicites et au vol d’électricité.

    Face à ces déséquilibres, le contrat-programme mise largement sur l’accélération de la transition énergétique.

    L’objectif est de porter la part des énergies renouvelables à 27% de la production nationale d’électricité d’ici 2028, puis à 35% en 2030. Le programme ambitionne également de réduire de 23% le coût d’approvisionnement énergétique, d’alléger les dépenses publiques de subvention de plus de 2 milliards de dinars et d’améliorer le résultat net de la Steg d’environ 3 milliards de dinars.

    Le plan prévoit aussi de mobiliser près de 2,8 milliards de dollars d’investissements privés, de créer de nouveaux emplois et de réduire les émissions de carbone.

    Lors des débats, plusieurs députés ont exprimé leurs inquiétudes concernant l’impact de ces nouveaux emprunts sur l’endettement de l’État et de l’entreprise, les difficultés persistantes de recouvrement des créances, la lutte contre le vol d’électricité ainsi que la capacité du réseau national à absorber l’augmentation attendue de la production issue des énergies renouvelables.

    Ils ont néanmoins décidé de poursuivre l’examen des textes après consultation du contrat-programme conclu entre l’État et l’entreprise, estimant que la réussite de cette réforme dépendra désormais de sa mise en œuvre effective et de la capacité de la Steg à retrouver durablement son équilibre financier.

    N.J

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    2 commentaires

    1. Citoyen_H

      Répondre
      28 juin 2026 | 0h40

      VOUS AURIEZ PU JOINDRE À VOTRE ARTICLE,

      un graphe récapitulatif, de la dette de la STEG, allant de l’année 2000 à l’année 2025.
      La dette explosa avec l’arrivée au pouvoir, des gardiens de boucs et de chèvres, d’étables et d’écuries.
      Mè i chimmou mine’ha, que dalle !
      La cerise sur le gâteau fut la nomination à la tête de toutes les administrations et de toutes les entreprises publiques, des va-nu-pieds, spécial import exode rural, docteurs es-médiocrité et es-nullité.

      • A4

        Répondre
        28 juin 2026 | 14h18

        Comme quoi nous avançons à la vitesse des plus cons !!!

        LES CANARDS
        Ecrit par A4 – Tunis, le 30 Septembre 2013

        Quand soudain tourne le vent
        Les canards sauvages s’envolent
        Volent en vé le chef devant
        En priant le dieu Eole
        D’être avec les survivants
        Après cette course folle
        Contre marée, contre vent
        Contre mer et ses atolls
        Ils ne peuvent même en bavant
        L’œil rivé sur la boussole
        Que traîner le fainéant
        Dont les ailes sont un peu molles
        Qui plane péniblement
        En pitoyable guignol

        Quand soudain c’est la tempête
        Nuages bas, sans lumière
        Sans vol plané des mouettes
        Où tous les chants doivent se taire
        Quand se cachent même les roussettes
        En remontant l’estuaire
        Tous les vers et anguillettes
        Filent à l’intérieur des terres
        Quand cette foule inquiète
        Fuit le déluge, sa galère
        Elle se bloque à la goulette
        Face aux gros maquereaux qui errent
        Ne pensant qu’à faire la fête
        Dans le lit de la rivière

        Quand sonne l’heure du voyage
        Et qu’il faut tout emporter
        Faire très vite tous ses bagages
        Prendre ses antiquités
        Préparer un attelage
        De quatre bêtes bien montées
        Avec rênes et cordages
        Pour grande vélocité
        N’oubliez pas cet adage
        Qui dit en toute clarté:
        « On a beau crier de rage
        Frapper fort et fouetter
        C’est la bête sans courage
        Qui impose ses ratés ! »

        Quand soudain sans crier gare
        Nous vint la « révolution »
        On s’est dit en vieux ringard
        Elle est là la solution
        Oubliant que c’est un art
        Qui demande formation
        Et que jamais les ignares
        Ne pratiquent l’évolution
        Regardons dans le miroir
        Perdons vite nos illusions
        Ce n’est pas avec ces tares
        Qu’on franchit le Rubicon
        En pataugeant dans le noir
        A la vitesse des plus cons !!!

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